Dominique Rouquayrol de Boisse (la Banque Postale), bientôt mis en examen pour emploi fictif?

Publié le 27 mai 2022 par Magazine En-Contact
Dominique Rouquayrol de Boisse (la Banque Postale), bientôt mis en examen pour emploi fictif?

“Les Représentans (sic) du peuple (..) doivent envisager qu'une grande responsabilité  est la suite inséparable d'un grand pouvoir” . Décret datant de 1793 de la Convention Républicaine. 

Le KYC (Know Your Customer) et les contrôles de conformité, d'identité ou de véracité des billets pour assister à un match sont devenus partout nécessaires, imposés par la législation. On a constaté hier au Stade de France qu'il faut prévoir les moyens et les outils adéquats, sauf à créer panique et gazage des foules. On a vu, en Allemagne, en Italie, ce qu'il en a couté par exemple à la néo-banque N26, très légère sur ses procédures de contrôle et désormais attaquée en justice par des clients français lésés.  

Bien qu'ils procèdent d'un désir légitime d'être en conformité, ces contrôles sont dysfonctionnels à la Banque Postale, dont les procédures et les outils devraient largement être re-visités. Diplômé de l'ENM, l'Ecole Nationale de la Magistrature, Dominique Rouquayrol de Boisse, directeur de la conformité au sein de l'établissement bancaire, fait-il son travail ou bien est-il victime de process et d'outils léthargiques? Pourrait-il s'occuper de bout en bout d'un sujet dont il connait les enjeux ? 

“Client professionnel de la Banque Postale, l'éditeur et chef d'entreprise que je suis, a reçu trois e-mails de relance de la part de son équipe en charge de la connaissance client (Pôle connaissance entreprise à Saint-Avold)… plus d'un mois après qu'on a fourni tous les formulaires, bilans de l'entreprise. Le dernier de ces courriels s'achève par la menace, clairement explicitée, de fermeture des comptes. Je ne suis pas le seul, malheureusement, a évoquer sur les réseaux sociaux ces sujets.” précise l'éditeur du magazine En-Contact.

On a tenté de joindre* Dominique, pour créer cette intimité partout décrite comme socle de la fidélité client, lui remonter la voix du client. On rirait moins si on n'avait pas été, dans sa vie de chef d'entreprise, signalé plusieurs fois à Tracfin, parce que des dysfonctionnements ou écarts existent entre les données fournies à la banque et celles actualisées dans les dossiers. Et l'on a constaté par contre que de nombreux cadres en charge de la conformité, de l'anti-fraude, ont le temps d'enrichir leur profils Linkedin avec d'anciennes photos de leur adolescence, en clin d'oeil à la campagne de pub: “Quand on a 16 ans”. De se rendre aux Napoléons, ce genre de rencontres en jolie station de ski ou à Arles au cours desquelles s'enchainent des conférences du type: Oui-Oui et l'écologie. Oui-Oui et la voiture jaune, dégoulinantes d'auto-congratulation. Sans contrôler leur emploi du temps, si ces derniers en ont suffisamment pour contribuer à la communication corporate de la banque qui les emploie, pourraient-ils l'allouer à une optimisation des opérations au sein de ces mêmes entreprises ? Leurs manquements nous causant des ennuis et dégâts, il est équitable de les interpeller.  

Pourquoi évoquer une mise en examen ? 

Parce qu'un cadre dirigeant, un ancien président de musée, tel celui du Louvre ces derniers jours, Jean-Luc Martinez, sont responsables des documents qu'ils valident, des procédures d'achats et du respect de la réglementation. D'un filtre dans une cuve à beurre laitier (affaire Kinder). En 2016 déjà, la Banque Postale avait été condamnée pour information déficiente donnée à des clients sur certains produits financiers. Dominique Rouquayrol de Boisse était à l'époque directeur juridique. Le 21 décembre 2019, l'ACPR a infligé un blâme, assorti d'une sanction de 50 millions d'euros à la Banque Postale pour manquement dans son dispositif de lutte contre le financement du terrorisme. On comprend donc que la banque, tout comme le Crédit Mutuel ou BNP Paribas, qui ont été également condamnés pour de telles lacunes, aient mis en place depuis des dispositifs de connaissance clients améliorés (le fameux KYC). “Mais, c'est la façon dont elles procèdent qui est dommageable: les outils de GED (gestion électronique de documents), de vérification de l'authentification des pièces fournies existent et permettent d'opérer ces contrôles anti-fraudes ou actualisation du bénéficiaire effectif très rapidement et de façon performante. Pourquoi ne s'en emparent-t-elles pas ? Alors que nous avons adressé toutes les pièces nécessaires pour que notre dossier soit complet, des centres d'appels de la Banque Postale mènent des campagnes d'émission pour me rappeler la nécessité de fournir des pièces; que j'ai déjà fournies. Efficace quand nous parvenons à la joindre, notre conseillère pro ne peut que remonter les dysfonctionnements. C'est finalement la seule, avec la télé-conseillère de centre de contacts qui est susceptible d'entendre notre mauvaise humeur, quand les grands responsables sont ”protégés" par leurs services, comptes Linkedin …premium. Il faut, comme on l'a découvert avec BNP-Paribas cette année, payer plus cher désormais pour converser avec son conseiller. Ce serait le signe du progrès. 



L'ANTAI, par exemple, qui veille au recouvrement des amendes pour le compte de l'Etat est à la pointe de l'utilisation de ces outils pour encaisser rapidement. Ce que l'Etat parvient à faire, une banque devrait pouvoir l'exécuter. En attendant et comme on sait bien que Rome ne s'est pas faite en un jour, on conseillera à ce dernier et à ses équipes de prendre contact, par exemple avec Wirk, une entreprise française qui a aidé le Crédit Agricole à résoudre en partie ce sujet : l'amélioration de la performance, de l'efficacité et de la conformité du KYC. *Le récit complet de cette aventure de tentative de prise de contact dans le prochain magazine En-Contact

Ceci complète ce que nous racontions de nos expériences à la Poste, en septembre 2020, durant le Covid. Qui démontre qu'on peut également y être parfois enchanté par une rencontre, un rendez-vous avec un collaborateur qui y fait bien son travail. Monsieur l'ancien juge à Albertville, ceci est donc le message de clients qui tentent de vous alerter: les procédures de contrôle interne fonctionnent mal à la Banque Postale. Il parait que vous rencontrez également des difficultés à recruter. Mais tout ceci n'est pas une fatalité. Dans Margin Call, avant de rejoindre l'ascenseur avec son carton chargé ( il vient d'être licencié) Eric Dale confie à deux jeunes collègues une clé USB en leur indiquant de s'en emparer et de poursuivre les investigations.. 

 

La rédaction d'En-Contact et Manuel Jacquinet. 

Photo de une: Eric Dale (directeur de la conformité) interprété par Stanley Tucci dans le film “Margin Call”.

 

A lire aussi

Profitez d'un accès illimité au magazine En-contact pour moins de 3 € par semaine.
Abonnez-vous maintenant
×