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Un coiffeur est un entrepreneur. Le MCB a fait salle comble. Aucun ministre ne s'y est rendu 💇

Publié le 15 octobre 2026 à 05:30 par Magazine En-Contact
Un coiffeur est un entrepreneur. Le MCB a fait salle comble. Aucun ministre ne s'y est rendu 💇

À Paris récemment, des milliers d'entrepreneurs et d'artistes, dont beaucoup de femmes, ont visité et se sont déchaînés sur un salon professionnel. Le métier qu'ils pratiquent ou auquel ils se destinent, n'est pas concurrencé par l'IA, bien qu'il soit en pleine transformation. La tech y joue un rôle, aucun ministre, ni Président de la République ne visite le MCB. Dommage ? Pourquoi ? Avez-vous idée de la puissance des coiffeurs influenceurs qui font la pluie et le beau temps dans le secteur tels qu’Océane Avakian, Chris Appleton, de l’utilité du french blending (L’Oréal), du succès de Generik, JIA, Kelly Massol, ces gammes de produit de plus en plus plébiscitées ? 

Dimanche 11 octobre, Porte de Versailles, des milliers d’entrepreneurs et d’artistes, de tout âge, se pressaient pour écouter, se former, apprendre comment traiter et soigner les cheveux texturés, commander chez Generik Paris ou sur le stand L’Oréal.

Sur de nombreux stands, une foule concentrée tente de comprendre en peu de temps, les techniques et astuces des maitres de la coiffure ou du balayage. Ces derniers virevoltent et font danser peignes et ciseaux. On y a vu et pu tester également des Babyliss, ce qu’il faut pour prendre rendez-vous et encaisser (Planity, SumUp). S’allonger dans des fauteuils Takara Belmont. Car le coiffeur moderne ne doit pas seulement savoir coiffer, couper, lisser, colorer ou maitriser Instagram, il doit développer son entreprise. L’Oréal y veille, dans son école dénommée REAL Campus by L'Oréal, dirigée par Anne-Léone Campanella.

180 000 artisans ou salariés composent, réunis, la deuxième entreprise de France

BIG 2026 - Assurance Export

Emmanuel Macron a visité le BIG, la semaine passée, l’évènement qui s’est tenu à l’Accor Arena. Mais aucun ministre n’a visité le MCB, parcouru par des milliers d’artisans, de patrons de TPE, PME.

Marvin Ndiaye a raison, qui a écrit qu’en France, un coiffeur, un restaurateur ne sera jamais un entrepreneur. Dans une tribune récente, le chef d’entreprise belge évoquait ce curieux désintérêt. 

« Un coiffeur ne sera jamais un entrepreneur aux yeux de la France, un mépris de classe frappe les patrons de TPE et de PME. » Ils représentent 46 % de l'emploi salarié français mais restent souvent absents des radars médiatiques et politiques. Pourquoi la France écoute-t-elle religieusement ceux qui lèvent des fonds et ignore-t-elle ceux qui risquent leur propre argent, s'interroge Marvin Ndiaye, chef d'entreprise et fondateur du cabinet Ultra.

« Sur 5,2 millions d'entreprises, 333 grandes, près de cinq millions de micro, entre les deux 174.614 PME et 7.442 entreprises de taille intermédiaire. Les TPE et PME représentent 46 % de l'emploi salarié français, presque un salarié sur deux accompagné par presque personne, la traduction chiffrée d'un mépris de classe installé. 
(…) Un coiffeur n'a rien à prouver face à un patron du CAC 40. Un seul test compte, cette personne prend-elle un risque avec son propre argent, emploie-t-elle d'autres personnes et répond-elle de ses décisions devant elles ? Si la réponse est oui, c'est un entrepreneur. (…) Ce refus n'est pas qu'un détail de vocabulaire, il explique pourquoi la moitié de l'emploi salarié français reste sous-financée, mal représentée et seulement écoutée à la veille des élections, quand plus personne n'y pense vraiment une fois le scrutin terminé. » Marvin Ndiaye pour Les Échos, septembre 2026. 

David Lucas © Edouard Jacquinet

Devenez entrepreneur de la coiffure. Bootcamp Accélération Coiffure, 4 semaines, 1700 euros h.t

Qui sont les successeurs de Bruno Pittini, David Lucas, des soeurs Carita ? Où se former ? Pour la prise de rendez-vous peut-on se passer de Planity ? Qui est Eric Pfalzgraf, qui possède ou anime plus de quarante salons dans le monde et a commencé à coiffer, pieds nus, à Saint Tropez ? En pleine transformation, l'industrie du soin capillaire et de la couleur mérite bien un numéro spécial des Cahiers de l'Expérience Client. Focus sur quelques-uns de ceux que vous y trouverez :

- A la tête de Generik et BB Hair depuis février 2022, après le rachat de ces deux marques à leur fondateur Bruno Mocher, Elise Besse dirige et est actionnaire de la holding Mélanine qu’elle a créée, aux côtés de Momentum Invest. Patrice Mulato a rejoint l'aventure, avec ses produits capillaires naturels, ses repigmentants. Vingt-ans après avoir créé une entreprise innovante, pourquoi s'associe-t-on à un groupe ? 

- L'un des concurrents de Generik, de taille plus modeste, est Coiffissimo, également présent sur le salon.

- Anne-Léone Campanella dirige REAL Campus by l'Oréal, l'école des entrepreneurs de la coiffure. Interviewée rapidement sur le MCB, cette dernière a bien précisé que l'école ne « formait pas des coiffeuses et coiffeurs, mais des entrepreneurs de la coiffure ». Le prochain Antoine de Paris, la prochaine Camille Albane sont-ils actuellement sur les bancs de la rue Didot à Paris ou apprennent-ils les bases de la coloration, de la coupe, avec des tutos ? 

Et la sortie, très bientôt de J'ai coiffé le monde entier. 

Manuel Jacquinet. 

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