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La DGSI débranche Palantir au profit de ChapsVision

Publié le 16 juin 2026 à 14:30 par Magazine En-Contact
La DGSI débranche Palantir au profit de ChapsVision

La DGSI tourne le dos à Palantir et choisit ChapsVision. Derrière cette décision historique pour la souveraineté numérique française, un entrepreneur discret, diplômé de Polytechnique, qui a patiemment construit depuis 2019 l'alternative européenne aux géants américains de la data, et qui vient de s'imposer sur la scène mondiale.

ChapsVision et ArgonOS

ChapsVision est un groupe tech fondé en 2019 par Olivier Dellenbach, polytechnicien et serial entrepreneur. L'ambition affichée est d'en faire un éditeur majeur dans le monde de l'IA et de la data, par croissance organique et acquisitions ciblées.

ArgonOS est leur produit phare : un « système d'exploitation de la donnée » qui réalise une analyse approfondie des données grâce à une approche holistique, où chaque donnée interagit avec les autres. Ces données sont issues de sources ouvertes (OSINT), internes (fournies par le client), via les acquisitions de ChapsVision (Elektron : spécialiste des interceptions ; Deveryware : analyse des traces numériques (géolocalisation, empreintes digitales) ; SYSTRAN : traduction automatique dans plus de 60 langues). S'appuyer sur ArgonOS, c'est selon l'entreprise garantir une maîtrise totale de son capital informationnel, hébergé à l'abri des législations.

La DGSI choisit ChapsVision et abandonne Palantir

Ce mardi 16 juin 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé que la DGSI allait cesser de collaborer avec Palantir. C'est ChapsVision, qui venait de rejoindre l'indice Next40 la veille, qui travaillera désormais avec le renseignement français.

Cette décision marque la fin de près d'une décennie de collaboration entre les services de renseignement français et Palantir, dans un contexte où les enjeux de souveraineté numérique occupent désormais une place centrale dans les politiques publiques européennes. L'annonce surprend d'autant plus que la DGSI avait renouvelé en décembre dernier son contrat avec Palantir pour une durée de trois ans. Aucun délais de mise en place de ChapsVision n'a été communiqué par Matignon.

Peter Thiel, 2014 © Dan Taylor

Olivier Dellenbach, un Peter Thiel moins fortuné mais respectable ?

Polytechnicien, fondateur de NAT Systèmes en 1987 puis d'eFront en 1999 (revendu plus d'1,5 milliard de dollars en 2019), Olivier Dellenbach n'est pas exactement un inconnu dans le monde de la tech française, même si son nom reste peu connu du grand public.

Un Peter Thiel français en somme, mais sans le bagage idéologique et sans les provocations. Dès la cession d'eFront, il crée ChapsVision avec une ambition clairement affichée : bâtir un concurrent européen crédible face aux géants américains et chinois de la data. La méthode est celle d'un serial acquéreur méthodique, une quinzaine de rachats en quelques années, de Coheris à SYSTRAN en passant par Elektron et Deveryware, pour atteindre 250 millions d'euros de chiffre d'affaires et viser le milliard en 2028. À cela s'ajoute une dimension plus personnelle : sa fille Clara est muette, ce qui l'a conduit à créer en parallèle la fondation HappyCap, dédiée aux enfants en situation de handicap cognitif. Un bâtisseur discret, animé autant par la souveraineté numérique que par des convictions humaines bien ancrées.

Photo de Une © Edouard Jacquinet

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