Brevo augmente ses tarifs de 33%, par mail. Armand Thibergé, fan de Gabriel Zucman ?
Le leader européen du marketing automation a recruté récemment plusieurs cadres expérimentés au service marketing dont un CRO américain. Ceux-ci n’ont pas chômé..
Certains clients de Brevo ont en effet reçu ce jour un mail, personnalisé, qui leur indique que le tarif de leur contrat va passer de 35.10 à 47.75 euros, soit une augmentation de 33%.
Voir ici le screen-shot du courrier :

Le PDG de la licorne française a-t-il reçu des consignes de ses nouveaux et anciens actionnaires (Oakley Capital, General Atlantic, Bridgepoint) sur la nécessité de devenir encore plus rentable, plus vite ?
Les salaires des 4 recrues* récemment accueillies au marketing sont-ils disproportionnés à un point qu'il faudrait vite les rentabiliser ?
On a tenté de joindre le service commercial de Brevo, un CSM, notre CSM (Customer Success Manager), sans succès. Le service commercial y ressemble désormais à celui des éditeurs anglo-saxons, injoignables par téléphone, fonctionnant sur la base de tickets gérés sur Zendesk.
Les revenus escomptés via cette augmentation
Qui est concerné par cette augmentation ? L'entreprise n'a pas communiqué officiellement sur ce point. Elle indique avoir plus de 600 000 clients.
Dans un récent document de communication, l'entreprise indiquait servir plus de 2500 clients Entreprises dans le monde, celles-ci générant un ARR, revenu net annualisé, de 179 millions d'euros. Si 70% de ces clients venaient à être concernés par une augmentation similaire et l'acceptaient, l'impact serait significatif : 30 millions d'euros, peut-être. Les entreprises telles que LVMH, Carrefour, Ouest-France, Decathlon, sont désormais la cible prioritaire de l'éditeur.
On peut supposer que cette hausse soudaine est focalisée sur le segment SMB (small and medium business) qui doit peser environ 30 à 40 millions d'euros d'ARR. De 5 à 7 millions sont probablement le CA marginal qui sera encaissé.
30% pas 300%
Il n'est pas interdit d'augmenter ses tarifs. C'est la méthode avec laquelle on le fait qui pique un peu et reflète une culture d'entreprise nouvelle chez Brevo. Dans le SaaS récemment, on a assisté à des pratiques de gestionnaire du détroit d'Ormuz : Silae, VMware, Alan ont brutalement haussé leurs tarifs, mais l’ex-Sendinblue reste un petit joueur. 33% ce n’est pas 300%.
La taxe Zucman du CPaaS ?
Au printemps, le co-fondateur de Brevo s’est fait remarquer, avec d’autres patrons français de la tech, en indiquant qu’il comprenait la logique de la taxe Zucman, qu'il s'en acquitterait, si elle devait un jour être votée. On pourrait dire qu'il anticipe : en prévision d'une taxe de 2%, encaissons 33%.
Le plus inquiétant pour les clients fidèles de Brevo, nombreux, et qui sont heureux d'envoyer leurs campagnes d'e-mailing, de fidéliser grâce au wallet (une autre offre de Brevo) n'est pas là, mais dans la dégradation d'une certaine qualité de service et transparence qui ont longtemps été la signature de l'ex-Sendinblue: « Sur une facture de Brevo, que vous payez avec un an d'avance, vous ne disposez même pas de données précises sur le tarif mensuel de votre service. Pas plus que ne sont explicites les CGV, libellées en anglais » indique un vieux client de l'éditeur.
Dans le domaine des billets de concerts, des billets de train, des appareils de climatisation etc.. les consommateurs sont habitués désormais à ces augmentations de tarifs. Le pricing dynamique est désormais au coeur de la rentabilité des entreprises de tout type, encore plus après qu'elles se sont re-financées. Il importe de lire les CGV, les conditions générales de vente, quand on s'abonne ou commande à distance.
Dans les clubs sportifs, très à la mode, certains font très fort : au Ken Club, Arthur Benzaquen facture des abonnements et n'ouvre pas ses installations.
La rédaction d'En-Contact.
Jointe par nos soins, la direction de Brevo n'était pas accessible ce jour.

*Inken Kuhlmann-Rhinow aux postes de Chief Marketing Officer et General Manager Self-Service ; Charli Idrac au poste de Chief AI & Data Officer ; Channing Ferrer aux postes de Chief Revenue Officer et CEO Amériques ; Hélène Draoulec au poste de VP Marketing.
Photo de une, Armand Thiberge © Edouard Jacquinet