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Le Ken Club toujours fermé. Au Club Molitor, la grogne monte. John Niel en embuscade

Publié le 16 juillet 2026 à 07:30 par Magazine En-Contact
Le Ken Club toujours fermé. Au Club Molitor, la grogne monte. John Niel en embuscade

Les clubs sont à la mode. Mais l'expérience membre pas toujours conforme à la promesse

Dans l'exclusif Club Molitor, à Paris, le mécontentement gagne du terrain. Au Ken Club, les adhérents attendent la réouverture sans avoir apparemment de nouvelles. John Niel se lance dans les rencontres, lui aussi avec un club.

Article dédié au Ken Club, Les Échos, 30 avril 2026 © DR

« Le Ken Club se refait une vraie beauté » écrivait Tristane Banon dans les Echos, fin avril 2026.

Trois mois après ce joli teasing agrémenté des photos alléchantes, on ne sait pas quand le Ken Club ouvrira. La direction ne répond pas aux e-mails, mais, comme l'écrit un certain Aurane Reihanian dans un avis client explicite, sur Google, le management semble avoir été plus rapide à encaisser les nouvelles adhésions que de donner des nouvelles de l'ouverture: 

Malheureusement aucune nouvelle de l’ouverture du club pour les nouveaux inscrits malgré de nombreux appels et mails. Très réactif pour encaisser mais beaucoup moins pour finir des travaux et informer les adhérents depuis des années …
Un manque de sérieux qui en dit long sur « l’évolution » de ce club historique … très grande déception. 

Sur les réseaux sociaux, la direction du Ken Club annonçait l'ouverture pour le 2ème trimestre 2026 et a même pris la peine de donner envie d'adhérer, via un tarif early stage et des recommandations, telle celle de Frédéric Begbeider. 

Créé en 1986 par Mireille et Pierre Benzaquen, le Ken Club a fait partie des clubs réputés dans les années 80-90, logé dans un bâtiment près de la Seine. Masada est le petit groupe créé par leurs enfants, qui regroupe trois adresses à Paris. Il est dirigé désormais par Arthur Benzaquen, son frère ainé Frank-Elie ayant quitté le groupe avec une partie de la direction, durant la Covid 19.

Le Club Molitor tente de contenir la fronde des abonnés

Hébergé dans l'hôtel Molitor&Spa Paris MGallery, Molitor Le Club est annoncé comme le meilleur club de sport à Paris, sur son site web, depuis sa création. Malgré une offre haut de gamme (piscines chauffées, salle de sport dernier cri, cours tendance, restaurant) une partie des abonnés exprime désormais son agacement. En cause : une série de décisions prises depuis le début de l’année, perçues comme une dégradation de l’expérience. Parmi elles, la limitation du télétravail dans les espaces de restauration aux heures de service, mais aussi des mesures liées à la politique environnementale du club. Les serviettes et peignoirs, autrefois en libre accès, doivent désormais être récupérés à l’entrée, tandis que les gobelets ont disparu au profit de gourdes personnelles. Des changements jugés contraignants par certains membres, qui estiment que ces choix se traduisent par une baisse du niveau de service.

Le 1929, restaurant réservé aux membres du Club Molitor, limite le télétravail

Le sujet du télétravail intensifie les tensions. Jusqu’ici, le 1929 servait également d’espace de travail informel pour de nombreux membres, venus s’y installer avec leur ordinateur. Mais depuis janvier, la direction a décidé d’en limiter l’usage pendant les heures de restauration, entre 11h et 15h puis 18h et 20h. La mesure a été  perçue comme une volonté implicite de réduire la présence des télétravailleurs, et modifie en profondeur les habitudes d’une clientèle pour laquelle Molitor était aussi devenu un lieu de travail hybride, à mi-chemin entre bureau et espace de loisirs.

Baisse du service mais prix en hausse ?

Mais le principal point de crispation reste la hausse des tarifs. Annoncée pour le printemps, elle atteint environ 20 % sur certains abonnements. Il faut désormais compter près de 4 800 euros pour une adhésion individuelle, auxquels s’ajoutent des droits d’entrée de 2 500 euros pour un premier abonnement. Une inflation difficile à accepter pour une partie de la clientèle, qui a lancé plusieurs pétitions restées sans effet à ce stade. L'informé a raconté cette fronde. 

En arrière-plan, c'est probablement la situation financière de l’établissement, propriété de Colony Capital, qui pourrait expliquer ces choix : l’hôtel a accumulé en effet plusieurs millions d’euros de pertes ces dernières années.

Rue de Trévise à Paris, au sein du gymnase qui abrite le plus vieux terrain de Basket au monde. YMCA. © Edouard Jacquinet. 

Le 14 rue de Trévise, sur invitation uniquement

Le club qu'En-Contact vous conseille n'est pas connu mais il est fameux : il abrite notamment le plus vieux de terrain de basket au monde, toujours fonctionnel ainsi qu'une piscine, en cours de rénovation et les installations d'une YMCA. Dès son ouverture, ses concepteurs ont à l'esprit de soigner le corps et l'esprit : ce complexe réunissait gymnase, piscine couverte, bowling, restaurant, bibliothèque, salles de conférence, théâtre et chambres. Situé au cœur du 9e arrondissement de Paris, l’immeuble a été construit en 1893 par l’association YMCA Paris, grâce à la générosité du public et de mécènes français, anglais et américains. Dans le numéro prochain du magazine, découvrez l'histoire du gymnase et du lieu, qui est fermé au public. 

Le sport comme prétexte, le réseau comme objectif

À Paris, plusieurs clubs sportifs haut de gamme sont devenus de véritables lieux de vie et de networking pour une clientèle de cadres et d'entrepreneurs. 
Le Club Blanche, installé dans un ancien hôtel particulier sur plus de 3 000 m², propose piscine à débordement, restaurant gastronomique et même salle de cinéma, autant d'espaces propices aux rencontres informelles. Le 12 avril 2026, il a fait la une de l'actualité pour une triste raison : c'est dans sa piscine que l'actrice Nadia Farès est décédée. Le Club Blanche appartient également à Masada, la société propriété d'Arthur Benzaquen. 
Le Club de sport du Brach, dans le 16e, designé par Philippe Starck, accueille jusqu'à 1 000 membres parisiens. Lors de son ouverture, la qualité de ses installations et sa politique tarifaire avaient provoqué une sérieuse défection d'adhérents du Ken Club. 
À ces adresses, le vestiaire et le bar à jus sont devenus des extensions naturelles du bureau, et permettent des moments qui s'avèrent parfois plus efficaces qu'un déjeuner d'affaires. 

A Saint Denis, un club de padel fait également parler de lui, R Padel, créé et animé par Alexandre Granjon, fils de Jacques-Antoine, PDG de Veepee.  

De nombreux clubs sont en cours d'ouverture à Paris avec ou sans installations sportives

Xavier Niel investit le secteur, tandis que son ancienne directrice de la relation abonnés, Angélique Gérard, prendra bientôt la direction d'un club dans le 6ème arrondissement, boulevard Saint-Germain, le Cercle 288, un club d'affaires et centre de co-working créé par INSITU. 

Avec son fils John, le fondateur d'Iliad a récemment créé le 51Iéna, « un club volontairement discret, qui rassemble en réalité de nombreux métiers de l'hospitalité » ( propos tenus dans Paris Match). Le tarif d'adhésion y serait modeste, 1000 euros annuellement, malgré les deux piscines. Fidèle à ses techniques de marketing, le clan Niel a choisi de se caler sur la fourchette basse des tarifs pratiquées dans ce type de club. Mais il faut y être parrainé par deux personnes. Populaire mais adhésion sur cooptation. 

Le « club »  sans piscines -et sans frais d'adhésion annuels- dont le succès ne se dément pas, c'est le salon de café, à Paris. Noir Coffee Shop essaime partout, avec un trafic incroyable dans ses vingt lieux. Martin Gunther et son équipe tiennent la promesse, on l'a sollicité pour qu'il nous explique son son succès. 

Un client, chez Noir Coffee Shop. © Edouard Jacquinet. 

Ce qui fait la réputation d'un club ou d'une piscine

La piscine Deligny a été le QG « flottant » où il fallait voir et être vu l’été entre 1785 et 1993, date à laquelle elle a coulé, en seulement quarante minutes. Gabriel Matzneff y consacre de nombreuses pages de ses romans et écrits. Il est passé de mode, devenu sulfureux, mais pas l'envie d'une certaine forme d'entre soi, de rencontres professionnelles ou affectives.

« Tous les secteurs liés à l'expérience sont en plein essor », Xavier Niel

Zoom a été l'une des stars de la période Covid, les clubs, de toute nature, seront probablement celles des années qui viennent : 

 (…) Depuis le Covid, tous les secteurs liés à l'expérience sont en plein essor, le voyage, l'hospitalité, l'évènementiel. L'envie d'être ensemble à explosé. Les restaurants sont devenus magiques. Et ils restent, pour l'instant, relativement préservés de l'intelligence artificielle (…) Xavier Niel, dans Paris Match du 9 juillet, à propos de la reprise de Lili Wang, avec deux associés célèbres, Pierre-Antoine Capton et Laurent de Gourcuff. 

Les clubs ont donc la cote mais certains d'entre eux, sous prétexte qu'ils accueillent une clientèle aisée, choisissent de la maltraiter ou de changer les règles du jeu. C'est dangereux, qu'on soit un club de padel, le Ken Club ou le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates !

Manuel Jacquinet. 

Photo de Une, piscine Molitor © Edouard Jacquinet

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