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Les SAMU et les pompiers du SDIS embarquent enfin l’IA et le speech analytics pour éviter de nouvelles Naomi Musenga

Publié le 19 mai 2026 à 14:00 par Magazine En-Contact
 Les SAMU et les pompiers du SDIS embarquent enfin l’IA et le speech analytics pour éviter de nouvelles Naomi Musenga

Le SDIS de l’Ain et de quatre autres départements ont déclaré qu’ils testaient de nouveaux outils basés sur l’IA afin de mieux comprendre le sens des appels d’urgence et éviter des drames tel celui qui a abouti au décès de Naomi Musenga. Dans les call-centers des meilleurs courtiers, assureurs, concessionnaires automobiles, on utilise déjà ces outils depuis trois ans, avec une performance parfois remarquable.

Chez les pompiers et dans les SAMU, on travaille entre soi, avec Nexsis, Inetum et sans grande curiosité pour ce qui se fait ailleurs. Est-ce dommage, alors que des vies sont en jeu ? 

Les deux co-fondateurs de Callity, leader français du speech-analytics.

En Australie, on investit.

Le service de gestion des urgences médicales en Australie va financer, à hauteur de 1,7 millions de dollars, 2 projets permettant de faire du traitement prédictif des éléments clés d’une conversation d’urgence. Il va s’appuyer sur les travaux d’universités locales. En France, aucun Samu ne semble disposer des moyens ou des outils pour éviter la reproduction d’un drame tel que celui qui a provoqué le décès de Naomi Musenga, à Strasbourg.

Les spécialistes des appels reçus aux urgences connaissent souvent Corti, la start-up danoise qui promet, grâce à l’IA, de détecter plus rapidement les signes d’un arrêt cardiaque lors de la réception d’un appel d’urgence. Corti fonctionne en pratiquant une analyse en temps réel de la conversation en détectant les signaux verbaux et non verbaux tels que l’intonation de la voix, le rythme de respiration, les mots clés prononcés par la personne, et ce afin de déterminer le plus rapidement possible l’état du patient et d’émettre une alerte en cas de suspicion d’un arrêt cardiaque. 

En Australie, l’état de Victoria a décidé de consacrer 1,71 millions de dollars à deux projets de recherche visant les mêmes objectifs : avec l’appui de l’Université de Monarch, Ambulance Victoria va développer un logiciel aux fonctionnalités similaires à celles proposées par Corti. La détection ainsi permise d’un arrêt cardiaque probable déclenchera une notification au call taker travaillant pour ESTA (qui gère le 000) lui permettant d’envoyer une ambulance en priorité. Les autorités estiment que 185 vies peuvent être sauvées par an grâce à un tel système. Le second projet, financé à hauteur de 350 000 dollars et dénommé Tele-Help permettra pour la gestion en urgence émanant d’appelants souffrant de troubles mentaux, de déclencher un vidéo call au cours duquel le téléconseiller et son médecin régulateur pourront être assistés d’un spécialiste des troubles mentaux. Là encore, l’identification plus rapide et fiable du motif de l’appel devrait permettre l’envoi d’un véhicule d’urgence plus rapide. « Chaque seconde compte », a indiqué le Ministre de la Santé australien, Jenny Mikakos. Karen Smith, la professeure dirigeant Ambulance Victoria s’est déclarée heureuse de travailler à développer ces nouveaux outils. Plus d’un an après le décès de Naomi Musenga, et selon nos informations, aucun Samu en France ne s’est encore emparé de projets ou d’innovation de ce type, principalement par manque de moyens ou en raison de désaccords sur les moyens à engager.  Les derniers résultats de l’enquête sur le drame ont indiqué que la gestion de l’appel d’urgence a souffert de lacunes et graves manquements de la part du Samu local et des pompiers.

Photo de Une, centre d'appel du Samu © DR

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