La meilleure maison de retraite en France est à Nice, selon le dernier palmarès du secteur

Publié le 20 octobre 2021 par Magazine En-Contact
La meilleure maison de retraite en France est à Nice, selon le dernier palmarès du secteur

Croix Rouge Russe : 2 / Korian : 0. 
Les Échos ont publié ce jour un classement des meilleures maisons de retraite en France, fondé sur une enquête qui a été faite et réalisée par l’institut Statista. 
La Croix Rouge Russe y devance DomusVi, Emera, Korian, Orpea etc, grâce à un établissement qu’elle gère à Nice : La Croix Rouge Russe. Que valent ces Guide Parker des Ehpad et autres concurrents de Domitys ? Qu’est ce qui fait la qualité de l’accompagnement de ceux qui sont au bout du voyage, égarés, parfois épuisés ?  

Que penser des classements et palmarès, sur un marché qui pèse des milliards, quand le choix des familles -qui doivent y placer un de leurs parents et donc retenir un établissement- se résume à des choix cornéliens: disponibilité d’une place d’accueil, évaluation du forfait mensuel selon le GIR, capacité à assumer celui-ci ? On a sollicité Statista ainsi que d’autres éditeurs des classement publiés pour tenter de répondre à quelques légitimes questions. 

Pourquoi un classement des seuls établissements privés ?

On pourrait être surpris que les maisons de retraite du public ne soient pas classées dans ce palmarès : mais en 2011, déjà, dans un 1er classement de ce type édité par le Figaro, les maisons de retraites du secteur public n’avaient pas été classées par manque de réponses. Celles-ci avaient été incitées à ne pas répondre aux enquêtes du Figaro.

Comment noter et évaluer de tels établissements ?

Statista a sondé les familles et proches des résidents pour évaluer le NPS ( indice de recommandation), cet item valant pour 1/3 de la note, les deux autres items étant les avis des professionnels de santé qui travaillent dans le secteur et enfin, un questionnaire auprès des maisons de retraite elles-mêmes. « Les professionnels ne pouvaient pas donner d’avis sur une structure au sein de laquelle ils travaillent, uniquement sur d’autres qu’ils connaissent pour y avoir travaillé », indique Camille Lebon, l’une des deux analystes qui a été chargée de la collecte des données.
Un des autres éditeurs de palmarès de ce type, MDRS, Maison De Retraite Sélection, édite depuis 17 ans un palmarès du secteur, avec une approche distincte : plus de 800 visites sont effectuées, en  mode mystery-shopping, des maisons et établissements et évaluent celles-ci sur 15 paramètres, essentiellement liés à l’accueil et à la structure hôtelière. « Nous complétons par 3 prix, dans des catégories qui étudient les innovations mises en place ou imaginées par les Ehpad et autres résidences médicalisées » complète David Jacquet, l’éditeur de ce classement, co-édité et relayé ensuite par Capital, après l’avoir été par France Info qui en fût longtemps le partenaire.  
Pour ces différents terrains et l'étude de son 2ème item, Statista est parti par exemple d’un fichier des professionnels de santé intervenant dans ces structures, tandis que MDRS dispose dans ses propres bases plus de 11000 établissements, sollicités selon les besoins. « Il est difficile de comparer tous les acteurs : Ehpad, Maisons médicalisées, unités de soins de longue durée ou Marpa ne proposent pas les mêmes services et le standing proposé par les acteurs privés de ce marché est forcément plus élevé, ajoute David Jacquet. C’est ce qui explique que nous ayons créé un item sur le rapport qualité prix, qui me semble pertinent ». Le prochain palmarès devrait être publié début 2022. 
Que choisir édite lui son propre classement, depuis cette année, sur la base de visites mystères effectuées dans ces mêmes Ehpad etc. 1210 Ehpad auraient par exemple été visités de façon anonyme par 92 enquêteurs bénévoles des associations locales de l'UFC Que Choisir: chambres, locaux, vie quotidienne et accueil sont évalués.

La Croix Rouge Russe à Nice : 18,28/20

Dirigée par Fanny Bihoreau, la maison de retraite de la Croix Rouge Russe obtient une note de 9,14 pour l’établissement qu’elle exploite sur la Côte d’Azur et est auréolé parallèlement du label Humanitude. Jointe par nos soins afin de recueillir son point de vue sur les méthodes qui permettent une telle bonne note, il ne nous a pas été possible de recueillir son point de vue. La taille de la maison où seuls 87 résidents sont accueillis contribue t’-elle à cette bonne expérience collaborateurs et patients ? On n’en saura pas plus, ce qui est bien dommage: le ratio de soignants par patient semble, dans beaucoup de cas, un item fortement contributif à cette qualité des soins et de la prise en charge. Surprenant qu’un établissement qui finit 1er de la “classe” dans son domaine ne soit pas plus enclin à expliquer ce qui fait son succès mais il en va peut-être des bonnes évaluations comme de la confection de la socca : les secrets ne se partagent pas à Nice.  

Ce qui fait la qualité du soin et de la prise en charge ? 

Dans une toute autre veine, c’est le film de François Ruffin et Gilles Perret qu’il convient d’aller voir et apprécier pour se rendre compte de la vie quotidienne, du salaire de ceux qui prennent en charge les autres : personnes âgées à domicile ou enfants handicapés : Debout les femmes. Fidèle à la méthode qu’il a rôdée depuis Merci Patron, le député de La France insoumise nous emmène, avec son acolyte, et parfois en Kangoo parfumée au reblochon mélangé au Gasoil, dans un road-movie attachant, dur et émouvant à la fois. En parler ne sert à rien. Le voir est une expérience salutaire. 

Nos deux cinéastes y ont réuni un casting de rêve, le film déménage tout autant qu’un 007, bien que l’intrigue et son argument soient connus dès le début : les deux députés Bruno Bonnell et François Ruffin vont-ils parvenir à faire passer un projet de loi qui améliorerait les conditions de travail et les salaires et les horaires de ceux qui font du lien ? La BO, en partie créée ou jouée par la compagnie Jolie Môme, participe de la bonne humeur et de l’enthousiasme qui survit chez tous les protagonistes du film. 
Le dernier James Bond est sorti dans 812 salles en France. Daniel Craig a été rémunéré 29 millions de dollars pour sa performance. Une accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH), une auxiliaire de vie sociale, perçoivent souvent, moins de 800 euros net par mois, pour une performance difficile et renouvelée, comme on le voit et apprend dans le film. Comme disait Céline, au cinéma, ce qui est dur parfois, c’est de sortir de la salle et de retrouver la vraie vie (je ne suis pas certain du libellé exact). Dans Debout les femmes, c’est ce que nous voyons à l’écran, fidèle reflet de qui se joue à Dieppe, à Amiens, ailleurs et dans l’hémicycle… qui donne envie de sortir de la salle. 
Professionnel du combat, des combats, Ruffin sait qu’il faut ménager l’espoir pour ne pas désespérer les troupes. L’emballement final, en partie musical, sonne comme un We shall overcome (Joan Baez)

A sa manière, avec son groupe, son « empire » multimédia, composé de Fakir (Journal fâché avec presque tout le monde. Ou presque) et son œuvre cinématographique en cours de constitution, l’homme d’Amiens dessine* un trajet particulier qui contribue à enrichir le débat dans notre pays. Merci François ! 

Par la rédaction d’En-Contact

*et ses partenaires tel Jour2fête, distributeur du film.

Photo de Une : Grand-mère Yeta  - © DR

A lire aussi

Profitez d'un accès illimité au magazine En-contact pour moins de 3 € par semaine.
Abonnez-vous maintenant
×