Chez Harrods, les employés des restaurants augmentés de 25%

Publié le 26 juillet 2022 par Magazine En-Contact
Chez Harrods, les employés des restaurants augmentés de 25%

Plus de 1 million de postes vacants au Royaume-Uni : les employeurs face à la pénurie de main d'oeuvre.

La revalorisation salariale obtenue par les employés des restaurants de chez Harrods a donné le la d’un marché de l’emploi où les travailleurs sont désormais, peut-être, en position de force. En contrepartie de l’interruption du mouvement de grève, les salaires ont été augmentés de 25%, 5 000 livres de rémunération annuelle supplémentaire.

La grande démission (the Great Resignation) est un phénomène bien réel qui déferle comme une lame de fond sur un marché de l’emploi traditionnellement tendu. Alors que la pérennité économique des entreprises a été en grande partie préservée grâce à des mesures sans précédent de la part des États lors de la crise sanitaire, la demande est repartie quasiment à l’identique. Dans l’intervalle, les nombreux travailleurs contraints au chômage ont eu le temps de réfléchir à leurs priorités. Plus d’1 million de postes vacants, c’est en tout cas un record depuis 2002 et que l’ONS, l’Office national des statistiques britannique, en fait le décompte. Les employeurs ont dû mettre la main à la poche lors de la période des fêtes pour attirer les travailleurs qui lui faisaient cruellement défaut – bonus de 500 livres pour le site de course en ligne Ocado, 2 000 livres chez Amazon pour les travailleurs saisonniers. Et quand ce ne fut pas possible, c’est le personnel de bureau comme chez Marks & Spencer qui a mis la main à la pâte, pour préparer les commandes en ligne. Rien d’étonnant donc à croiser des rayons de supermarché vides à Londres, des files d’attente aux stations-services qui s’allongent. Et les autres secteurs de l’économie ne sont pas en reste. La Confederation of British Industry (CBI) relevait, dans une récente enquête, la crainte chez de nombreuses entreprises que les chaînes de production ne soient mises à mal par le manque de main d’oeuvre qualifiée. Tomas Maunier, propriétaire de cinq restaurants à Londres, a vu le nombre d’employés européens dans ses établissements chuter considérablement, de 77% à 30%. L’effet couplé du Brexit et de la pandémie a de toute évidence exacerbé la pénurie de travailleurs : les visas de travail délivrés depuis le Brexit concernent une main d’oeuvre qualifiée dont le salaire annuel doit dépasser 26 000 livres. Le transport routier dans le même temps s’est vu délester de 12 000 chauffeurs européens alors que les examens du permis de conduire avaient été suspendus pendant les deux confinements. En un mot comme en cent, le taux d’emploi n’a pas retrouvé le niveau qui était le sien avant la pandémie. Pour lutter contre la Grande Démission, les employeurs n’ont souvent d’autres choix que de relever le niveau des salaires. La capacité de proposer le travail à distance est un autre atout dans leur manche auquel il leur faut dorénavant recourir. Ce qui ne suffit pas à dissiper les craintes d’une croissance freinée et d’une inflation incontrôlée, synonymes d’une perte de pouvoir d’achat, où l’assouplissement des délivrances de visas pourraient constituer une partie de la solution – qui n’est pas encore à l’ordre du jour.


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