«A La Guerche, ceux qui sont extérieurs au canton sont considérés comme des étrangers ou des parisiens»

Publié le 21 décembre 2021 par Magazine En-Contact
«A La Guerche, ceux qui sont extérieurs au canton sont considérés comme des étrangers ou des parisiens»

Jean-Yves Cagnard a enseigné pendant 37 ans, à compter de 1975. Été Maire en 1995 puis en 2001. Il a écrit un livre, publié dans la collection Mémoire en images, consacré à la Guerche-sur-l’Aubois, et disponible aux nouvelles éditions Sutton. 

Vous collectionnez les cartes postales… Constituent-elles une bonne façon de raconter l’histoire, un bout de celle-ci ou des lieux d’ailleurs où survient l’affaire ?
Jean-Yves Cagnard : Tous les documents papier sont des témoignages de la vie locale à un instant T. L’intérêt d’une collection est précisément de pouvoir (re)tracer les évolutions d’un cadre de vie en recoupant les informations. Ainsi, on constate nettement à La Guerche la stabilité du bâti mais aussi l’évolution du maillage des commerçants. Il y a 6 bouchers-charcutiers jusqu’en 1980 et un seul désormais, d’ailleurs fermé depuis quelques semaines !

Vous vivez à La Guerche et y avez enseigné, avez été maire, qu’est-ce que La Guerche en 1965 ?
Ni mai 68, ni le choc pétrolier ne sont encore intervenus. A La Guerche, les emplois sont nombreux, fournis notamment par les usines. La société locale est patriarcale : peu de femmes conduisent ou n’exercent de responsabilités dans des entreprises et la tradition catholique est prégnante : dans chaque commune de plus de 500 habitants, on trouve un curé. Il y a peu de brassage de population, pas de tourisme… Ceux qui sont extérieurs au canton sont considérés comme des « étrangers » ou des « parisiens ». Méfiance et surveillance des premiers faits et gestes sont la règle. Alors Monique Case, au volant de sa DS et habillée et coiffée comme à la ville.

Avez-vous à l’époque entendu parler de l’affaire du Bois Bleu et en parle-t-on encore ?
J’ai à l’époque dix ans, je rentre en 6ème au lycée à Bourges (en septembre 1966) et après l’école normale, ma 1ère nomination m’amène à la Chapelle-Hugon en septembre 1975. En dix ans, la France a radicalement changé d’ailleurs. Je n’aurai connaissance de l’affaire Case que fortuitement, par l’intermédiaire d’une femme âgée, habitant à la Chapelle-Hugon où elle aura passé toute sa vie (1919/2012) et travaillé dans une cartonnerie. Je me suis occupé d’elle pendant trente ans et il se trouve qu’elle m’a prêté des exemplaires de la revue Détective qui avait relaté l’affaire.

L’Affaire du Bois Bleu, les innocents de La Guerche sortira en janvier 2022 : l’ouvrage comprend des photos exclusives et jamais publiées jusque-là, de Georges Géry, photographe célèbre de Paris Match qui fût envoyé sur place et le récit des survivants. C’est une plongée dans ces années 60, dans ce Berry magique, dans une petite ville où à l’époque, un commerçant qui possède une DS était regardé avec méfiance. On imagine ce qui se disait au détour de la rue, si en plus, la femme du photographe avait des amants, dont un gendarme : Jules Barrault… 
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Pour commander le livre 

Celui-ci est tiré d’un livre épuisé, qui a été enrichi de nouveaux documents, écrit par un historien et ancien directeur d’école qui a bien connu la Guerche : Gérard Boursier. Manuel Jacquinet, l'éditeur, a retrouvé en sus quelques protagonistes de l'affaire. Dont Babette Case, brocanteuse. 
En commande ici !

Par Manuel Jacquinet

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