Olivier Duha, l’interview qui décoiffe dans le Point de ce jour

Le 4 juillet 2013 par Magazine En-Contact

logo_le_point-1024x218OlivierDuha, patron de Webhelp, spécialiste de la «relation client», notamment des centres d’appels, quitte, le 4 juillet, la présidence de CroissancePlus, un réseau d’entrepreneurs innovants qui se définit comme un groupe d’«objecteurs de déclin». Pendant ses deux années de mandat, il a ‘côtoyé les politiques, d’abord sous la présidence Sarkozy, puis sous celle de Hollande. Voici ce qu’il a découvert. Témoignage d’un entrepreneur énervé. Et sans langue de bois!

Le président Hollande annonce l’inversion de la courbe du chômage pour la fin de cette année. Est-ce un rêve?
Toute la question est de savoir si çn a touché le fond de la crise. y aura-t-il une reprise en 2014 ? Ce n’est pas gagné. On sait que tant que la croissance ne sera pas revenue aux alentours de 1,5 %, le chômage ne baissera pas. Le président Hollande espère créer un trou d’air avec d’une part des contrats aidés et d’autre part 30 000 chômeurs qui, basculés en formation, sortiront ainsi mécaniquement des statistiques. C’est un peu du bidouillage de chiffres. L’bjectif du gouvernement ne doit pas être de s’acheter à bon compte un semblant de regain, mais bien de refaire de la France une grande puissance économique en Europe qui pourra durablement éradiquer ses taux de chômage vertigineux.

 

François Hollande semble considérer la croissance comme un phénomène météorologique

 

Quels conseils pourriez-vous lui donner?
De se comporter en entrepreneur. Visionnaire, il doit anticiper le monde de. demain et ne pas gouverner en fonction des sondages. On dirait que son action est hantée par la rentabilité électoraliste. Il faut qu’il intègre que notre terrain de jeu est planétaire. Quand je pense qu’il n’était jamais allé en Chine jusqu’à son voyage officiel d’avril et qu’il y est resté … trente six heures ! Il a une représentation théorique de ce que vivent nos entreprises. C’est comme l’ascension de l’Everest. On peut imaginer intellectuellement ce qu’est
le froid, le vent, la neige à 8 000 mètres d’altitude. Mais tant qu’on n’a pas vécu cette expérience dans sa chair, on ne peut pas vraiment la comprendre …

Qui sont vos interlocuteurs dans la majorité actuelle?
Nous avons rencontré les principaux ministres. Arnaud Montebourg, Jérôme Cahuzac, Fleur Pellerin, Jean·Marc Ayrault. Evidemment, mon entrevue avec Cahuzac, personnage arrogant et peu sympathique, m’a marqué. Je l’ai vu le 15 septembre dernier, deux semaines avant le projet de loi de finances. Il avait une méthode déconcertante : il m’a fait comprendre qu’il me recevait par obligation et qu’il n’infléchirait aucunement sa politique. Bercy est d’une grande complexité. On ne sait pas vraiment qui fait quoi et qui est le patron. Montebourg est totalement imprévisible. Je le soutiens quand il parle de patriotisme économique, mais je ne l’approuve pas quand il donne des leçons de gestion aux grands patrons français.

L’action du Mede! est-elle efficace?
Les organisations patronales doivent aussi faire leur autocritique. Si la France de l’entreprise va si mal, c’est aussi à cause de nous. Laurence Parisot a fait de son mieux, mais les résultats ne sont pas bons. Les syndicats terrorisent les gouvernements successifs, mais nous, on ne fait peur à personne. A l’exception du mouvement des pigeons, qui les a fait reculer. Le Medefsouffred’une collusion avec les grands patrons. Et ceux·ci sont hypnotisés par le pouvoir, et pas toujours courageux. A quelques exceptions, leurs criti· ques ne sortent pas’ de l’intimité des dîners en ville …

Retrouver l’article complet dans LE POINT du 4 Juillet 2013

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