Les Monsieurs Meuble au chevet de Maisons du Monde : François-Melchior de Polignac, l'agence Lonsdale et Igor Kuzniar
[Article rédigé et publié en avril 2024 dans les Cahiers de l'Expérience Client]
Depuis janvier 2023, François-Melchior de Polignac, ex-Carrefour et BCG, prodigue des soins à Maisons du Monde qui a été le petit challenger d'Ikea. Trente ans après sa création, l'entreprise traverse une phase financière compliquée.

Depuis 2024, Maisons du Monde, acteur français bien installé de la décoration d'intérieur, traverse une zone de turbulences. L'enseigne, présente dans neuf pays européens, a vu ses ventes plonger de 9,3% en 2023, à 1,13 milliard d'euros. La dégringolade s'est avérée plus sévère à l'international (-12,9%) qu'en France métropolitaine (-6,2%).
Ses rayons de décoration, qui génèrent près de 60% du chiffre d'affaires, ont payé un plus lourd tribut (-9,9%) que le segment du mobilier (-8,4%). Conséquence : le bénéfice net 2023 a fondu comme neige au soleil, divisé par trois à 8,8 millions d'euros seulement.
Un amer constat pour le nouveau directeur général François-Melchior de Polignac, qui remplace Julie Walbaum depuis mars 2023. « Je ne vais pas me cacher derrière des facteurs externes, même si le contexte macroéconomique n'a pas aidé », reconnaît-il avec lucidité, évoquant un optimisme peut-être excessif dans la foulée du rebond post-Covid. Le secteur de la vente de mobilier est néanmoins rudement malmené ces derniers temps à cause de l’inflation et du ralentissement du marché immobilier. L’enseigne Habitat, un des principaux concurrents, a été placée en liquidation judiciaire le 20 décembre 2023.
Face à l'urgence, Maisons du Monde se résout à une cure d'austérité. Un nouveau plan stratégique baptisé « Inspire Everyday » a été dévoilé :
Première mesure : réduire de 25% l'assortiment proposé en magasins et en ligne pour remédier au foisonnement jugé contre-productif. A titre d'exemple, les 610 références de coussins seront amputées de 40% d'ici 2026. Deuxième levier : des baisses de prix ciblées sur 2000 produits, pour regagner en compétitivité face aux redoutables discounters comme Action, qui mordent sur les parts de marché. Troisième axe d'économies : une profonde réorganisation du réseau de distribution. De 40 à 50 magasins seront fermés ou transférés d'ici 2026, tandis que 30% des points de vente adopteront un modèle d'affiliation ou franchise, plus léger financièrement.
Une fois réformé, le groupe ambitionne alors d'atteindre 400 magasins en 2026, contre 340 actuellement. L'assainissement se fera au fil des renégociations de baux, déménagements et transferts opportuns. Ces vastes réorganisations doivent permettre 85 millions d'euros d'économies sur trois ans.
Maisons du Monde vaut 31 millions d'euros et réalise presque 1 milliard de chiffre d'affaires
Maisons du monde, qui compte plus de 330 magasins emploie près de 7 000 personnes à travers le monde (dont 4 000 en France). Jeudi 9 avril, elle a indiqué rechercher une « solution d’adossement auprès de tiers investisseurs et industriels, permettant d’assurer la continuité de son activité », faute d’avoir réussi à trouver un accord avec ses créanciers. Ces discussions, qui ont pris la forme d’une procédure de conciliation depuis janvier, visent à restructurer la dette du distributeur et à trouver des liquidités afin de faire tourner la boutique.
Maisons du monde doit faire face à l’échéance de remboursement d’un crédit syndiqué de 25 millions d’euros, le 22 avril. Jeudi, son cours de Bourse a chuté de près de 29 %, valorisant l’enseigne à 31 millions d’euros. Créé en 1996 à Brest (Finistère) par l’entrepreneur Xavier Marie, le roi des tapis et des canapés avait été acquis par des fonds d’investissement avant de faire son entrée sur le parquet boursier, en 2016, sur la base d’une capitalisation de 769 millions d’euros. Il a pesé jusqu’à 1,7 milliard d’euros en 2018.
Source : Le Monde, Isabelle Chaperon, 10 avril 2026.
Photo de une issue du spot publicitaire Maisons du Monde - Soyez fous, soyez vous.
On peut y apercevoir le fauteuil Pomaré, du nom de la famille royale de Tahiti. À l'origine réservé aux chefs de tribus polynésiens, il se reconnaît à son large dossier évasé en éventail et son tressage de rotin caractéristique. Il apparaît déjà dans des films dès 1931, mais c'est l'affiche d'Emmanuelle (1974) qui lui donne une notoriété mondiale, et un nouveau nom « Fauteuil Emmanuelle ». Aujourd'hui, il revient en force dans les intérieurs, du bohème chic au style scandinave.