Le SIDA au bout du fil

Le 4 juillet 2011 par Magazine En-Contact

Parfois, le développement économique sur la base de l’outsourcing a des conséquences fâcheuses. Alors que l’archipel vient de devenir la première destination mondiale de l’offshore, une récente enquête des Nations Unies révèle que les cas de séropositivité se multiplieraient dans les call centers philippins – prévoyant une augmentation de 500% pour 2015. Et ceci alors même que le nombre de cas global dans l’ensemble de la société philippine a diminué de plus de 25% sur les dix dernières années.
Il faut donc en déduire qu’un Philippin a plus de chances de contracter la maladie s’il travaille sur un plateau de centres d’appels. Pour quelles raisons ?  Selon l’institut démographique de l’université de Manille, les conditions stressantes du métier sur place et la « dynamique de groupe » favoriseraient les pratiques à risque. La position de l’Église catholique contre l’usage du préservatif, dans un pays très religieux, n’arrange rien. L’étude menée auprès de 675 agents travaillant dans 22 centres d’appels des agglomérations de Manille ou de Cebu met en avant le développement d’un phénomène de « FUBU », ou F*** BUddies sur les plateaux : des relations sexuelles régulières entre téléconseillers jouissant pourtant d’un bon niveau d’éducation, dans les cages d’escalier, plus particulièrement pour les équipes de nuit, et donc celles traitant les clients américains avec le décalage horaire.
Au point que l’Université ne voit pas d’autre solution que de mettre en place des plateaux séparés selon le sexe.

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