Injures, menaces et finalement mise à pied chez Webhelp à Caen suite à des propos injurieux

Le 21 décembre 2010 par Magazine En-Contact

C’est finalement d’une mise à pied de 5 jours qu’aura écopé Eric Blanchemain, salarié du site de Caen de Webhelp, suite à une prise de parole sur Facebook considérée comme injurieuse par la direction.

Rappel des faits.
« Journée de merde, boulot de merde, boîte de merde, chefs de merde », voilà quelques un des propos tenus sur une page Facebook de la section syndicale de la CGT de ce site qui auront agité le landerneau caennais jusqu’à faire la matinale de France Info. Le salarié concerné, secrétaire du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) réfute avoir été l’auteur de ces propos, qui auraient été motivés par l’émotion déclenchée par le suicide d’une de leur collègues, salariée de longue date de l’outsourceur.
Début novembre, la direction générale de Webhelp est prévenue qu’une téléconseillère du site de Caen, qui avait choisi comme quelques un de ses collègues d’opérer en télétravail s’est donné la mort.

« Nous nous sommes déplacés très rapidement sur le site de Caen pour être présents, essayer de comprendre et mettre en œuvre ce qui nous paraissait judicieux et adéquat avec les équipes du site » a déclaré à En Contact Frédéric Jousset, coprésident de Webhelp. « La salariée concernée était une des plus anciennes du site de Caen et avait de très bons résultats ; elle avait demandé à travailler depuis son domicile, en « homeshoring « , ce qui est désormais possible, et lors de sa dernière visite à la médecine du travail elle avait été déclarée apte ».

Le CHSCT a néanmoins demandé l’ouverture d’une enquête, puisque direction et syndicats ne s’entendent pas : selon le syndicat la salariée se serait suicidée « dans la continuité d’une journée de travail », selon la direction, son suicide est intervenu le 1er Novembre « durant ses congés ».
En tout état de cause, un fait est avéré : la page Facebook du syndicat CGT s’est enrichie des propos précités que Vincent Bernard, directeur général délégué de Webhelp France considère comme injurieux.

D’où la convocation à un entretien préalable le 13 décembre, pour une sanction qui aurait pu être le licenciement mais qui s’est donc limitée à une mise à pied. « Je pense que c’est de mon devoir de montrer qu’on ne peut pas tout raconter , tout dire sur son entreprise, son employeur ou son supérieur hiérarchique » déclare Vincent Bernard « et peu importe que ce soit sur les sites sociaux ou dans une salle de pause ».

La question de la légalité d’un licenciement pour propos injurieux ou dénigrants tenus sur un réseau social avait déjà été tranchée le 19 novembre par le conseil des prud’hommes de Boulogne sur une autre affaire (concernant la SSII Alten). En l’état, Eric Blanchemain conteste avoir été l’auteur de ces propos et a déclaré à En Contact : « Une page était ouverte mais chacun amenait son grain de sel dans les commentaires, c’est vrai que beaucoup de gens étaient taclés sur notre site mais maintenant je ne tiens plus à communiquer sur cette affaire ».

Pour Frédéric Jousset, il n’y a aucun doute : « Un constat d’huissier a confirmé que ces propos étaient tenus sur un réseau social, sur une page qui a depuis été supprimée et l’enquête qui a suivi a montré que le salarié concerné est bien l’éditeur régulier de la page : son e-mail personnel sert à actualiser la page, on y trouve les prénoms de ses enfants». La mise à pied est une sanction à minima, selon la direction de Webhelp,  qui indique qu’elle n’a pas souhaité aller jusqu’au licenciement, qui aurait pu être justifié au vu de la jurisprudence évoquée plus haut. Parallèlement, Eric Blanchemain est donc convoqué en mars devant le tribunal correctionnel de Paris pour injures publiques.

A Caen, l’enquête du CHSCT et des organismes compétents se poursuit pour déterminer les causes du suicide de la téléconseillère.

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Commentaires

7 réponses à “Injures, menaces et finalement mise à pied chez Webhelp à Caen suite à des propos injurieux”

  1. Les dénégations des patrons ne me convainquent pas
    A aucun moment on ne cherche à comprendre les cause réelles du suicide de cet homme

  2. Egalement très sceptique vis à vis de cet article un peu bancal qui ne correspond pas vraiment au style assez libéré que j’apprécie sur ce site

  3. Triste, triste sort…
    C’est si difficile d’admettre que des salariés SONT poussés au suicide dans les call centers ?
    C’es VRAI

  4. c’est évident et en tant qu’ ancien salarié , j’ai supporté beaucoup de la hierarchie et aussi des collègues
    Là dans cet article on ne parle que de la fierté d’une direction et des propos déplacés qui heurtent la direction.
    Le débat a été déplacé comme à chaque fois, ils gagnent toujours….

  5. Cette affaire pose surtout la question du suicide de cette employée : pourquoi en-est elle venue à cette extrêmité ?
    Comme chez Orange, comme chez Aramtis (déjà à Caen!) a-t-elle été poussée à bout par la direction ?
    Voilà la question qu’il faut poser

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