Christophe Forat, le super héros de la réparation vélo

Le 1 juillet 2019 par Magazine En-Contact

Christophe Forat – © Emil Hernon

Ancien mécanicien auto du côté d’Annecy, Christophe Forat est devenu réparateur ambulant de vélos, à Paris. Son credo : contenter le client, sans l’assommer financièrement. Son moteur : la liberté.

Un problème sur votre vélo ? Vous êtes en rade, pneu crevé, à mi-chemin sur la route du boulot ? En trois clics, via l’application Cyclofix, Christophe Forat se déplace jusqu’à vous pour le réparer, juché sur son vélo électrique, presque tout le temps. « Quand il faut traverser tout Paris, aller-retour, à mon âge (54 ans), c’est trop fatigant. Je n’ai plus mes jambes de vingt ans », confie celui qui fut un coureur cycliste, « pas mauvais mais pas assez bon », de son propre aveu.

De la culasse aux chambres à air, après un peu d’affutage

Aujourd’hui, Christophe est un crack dans son domaine : la mécanique à l’ancienne. Ses mains de manuel en attestent, qu’il ne craint pas d’abîmer ou de salir. « Je me les lave au marc de café, mélangé avec du savon. C’est radical ! » Il est l’un des rares mécanos de la jeune équipe de la start-up Cyclofix à savoir ce qu’est un boyau et… une rustine. « Un de mes amis était vélociste, du côté d’Annecy. J’étais tout le temps fourré dans son atelier, quand j’étais gamin. » Lui se dit « motoriste ». Il refuse donc de réparer les trottinettes et les scooters électriques parce que ça ne l’intéresse pas. Son frère, qui travaille chez Dassault, aurait pu lui trouver une place mais Christophe était trop diplômé pour y entrer en tant que simple ouvrier. « J’ai trois BTS : comptabilité, logistique et automobile… J’étais spécialisé dans les culasses et les moteurs, mais il n’y a plus eu de travail sur Annecy, à cause de la mauvaise gestion des responsables de la boîte où je bossais, et qui a donc fait faillite. » Christophe a plus tard créé des sociétés d’affutage, œuvré dans les transports, créé une société de fermeture de volets roulants… mais également de porte-fenêtre. Bref, c’est un touche à tout qui a de la bouteille et dont il vaut mieux écouter les conseils. « Ne jamais attacher son vélo, côté rue, mais côté trottoir… Car les voitures qui se garent peuvent abîmer les roues de votre vélo ». Dernier truc (de grand-père, comme on dit « de grand-mère ») : « Graisser sa chaîne avec du WD40 ou de la vaseline : ça huile sans retenir les impuretés. On peut aussi s’en servir pour laver les phares avec du simple Sopalin. »

La liberté et l’envie de rendre service : l’huile et le carburant

Monté à Paris pour chercher du boulot, il en trouve vite dans une grande société dont il préfère taire le nom. Le bricolo de génie a d’abord habité à Garches-Sarcelles, mais c’était trop loin du centre de Paris où se trouve son « vrai » boulot. « Je loue un 20 m2, à 550 euros, pas grand c’est vrai mais qui est situé dans un quartier sympa, près des Grands Boulevards, rue du Faubourg Saint-Denis, près des théâtres et du quartier des coiffeurs africains. » C’est là d’ailleurs qu’il a rencontré sa compagne, une jeune camerounaise avec laquelle il envisage d’ouvrir un garage à Yaoundé, quand il approchera de la retraite. Pour tout dire, Christophe ne répare les vélos que depuis un an et demi, pour arrondir les fins de mois et s’occuper pendant son temps-libre. Son « vrai » boulot le mobilisant avec des horaires décalés (en 3/8) et plutôt que de rester à ne rien faire, il s’occupe en rendant service. « Je me sens utile parce que la plupart des gens achètent des vélos pas chers, qui seront morts dans trois ou quatre ans. Il faudra tout changer : dérailleur, plateau, chaîne, pignons, etc. Dans les magasins où ils les achètent, les employés sont des vendeurs, pas des mécaniciens. Il y a de moins en moins de vrais réparateurs et qui aiment le travail bien fait ».

© Emil Hernon

 

Christophe n’a pas eu besoin d’être formé. « Je savais tout, à 90 % », mais l’application Cyclofix lui sert d’antisèche lorsqu’il est confronté à un cas spécifique, techniquement compliqué. Notamment s’il faut commander une pièce : vérifier la géométrie d’un cadre, de direction, etc. Les plus jeunes, moins confirmés, apprennent sur le tas. « La plupart de nos interventions concernent les crevaisons et les freins. Nous sommes prévenus via l’appli, un peu comme chez Uber. Je peux venir, par exemple à Barbès, si la crevaison a eu lieu entre la Place de Clichy et la Gare de l’Est. Je répare pendant que vous avez pris le métro, pour aller au boulot, et vous rentrez chez vous avec votre vélo réparé dans la journée ; voire dans l’heure… ». Christophe transporte tout ce qui lui est nécessaire sur lui, pour les menues réparations, dans un sac : patins, chambre à air, etc… « S’il s’agit d’un plus gros problème, on commande et le lendemain c’est réglé. Alors qu’en magasin, on vous demandera une semaine. Nous sommes rapides et réactifs. Il m’arrive souvent de réparer les bêtises de soi-disant réparateurs qui montent les pièces à l’envers ».

Christophe prend et accepte une course toutes les demi-heures quand il est disponible. Mais ça peut être une toutes les deux heures… « Nous avons beaucoup de travail. Du coup, j’ai la possibilité de choisir mes interventions. J’apprécie de bouger, d’être en plein air. Si le client est sympa, je suis sympa, s’il ne l’est pas, je ne le suis pas non plus… » Il peut ainsi gagner de 500 à 2000 euros, s’il fait beau et s’il en a envie, chaque mois, en salaire d’appoint. Il vous en coûtera 16 euros pour une crevaison, chambre à air et réglage inclus. Une somme que l’on peut régler par carte, via l’appli, ou en cash.

Par Guillaume Chérel

Voir notre article sur l’association de Fnac Darty et de Clyclofix.

 

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