Une visite guidée et exclusive du Centre Pompidou est commercialisée 65 euros… sur une plateforme qui s’appelle Airbnb

Le 28 décembre 2018 par Magazine En-Contact

Combien le musée perçoit-il sur les produits de cette vente, c’est la bonne question.
C’est même une sacrée bonne question. Qu’on a désiré poser à la direction du musée et à son directeur par intérim : Marc-Antoine Chaumien. Il est en vacances, apparemment.

Airbnb et le Centre Pompidou communiquent depuis le 4 décembre sur une « expérience exclusive » proposée de concert. Un grand musée français, financé par les impôts des citoyens français, devrait-il être à la devanture du grand magasin « hors la loi » qu’est Airbnb, alors qu’il ne sait même pas quelle somme cette expérimentation lui rapportera ?
Comme l’indique fièrement un communiqué de presse truffé de story-telling, émanant du Centre Pompidou et de la plateforme américaine, la modernité consiste-t-elle à ouvrir un accès privilégié et exclusif à l’un des grands musées dont s’enorgueillit la capitale de la France ?  Financé en partie par les citoyens français, les musées sont-ils à ce point en mal de clients, de recettes ou de plateformes pour vendre leurs billets ?

Dans quelques semaines, parait-il, et sous la pression de citoyens qui ont revêtu des gilets jaunes, le Ministre des Finances a annoncé que les Gafa devront s’acquitter des impôts en France.  Stupéfait que de telles prérogatives soient accordées à des marchands d’expériences qui ne s’acquittent d’aucun impôt en France ou presque, qu’on leur laisse faire profit des données recueillies sur leurs clients, on aurait aimé avoir le point de vue du responsable du Musée (Centre Pompidou) qui a imaginé ceci ou peut-être été séduit par un argumentaire certainement bien huilé.  Au terme de 4 appels et autant d’e-mails, restés sans réponse, nous apprenons que la motivation serait financière (faire rentrer des sous dans les caisses) mais que dans le même temps, le Musée ne sait pas ce que cette innovation va lui rapporter : « Nous sommes en phase de test », indique l’attachée de presse.

Et si nous décidions d’une bonne résolution pour la rentrée, convenions d’une urgence :
La captation de nos trésors, de nos musées, montagnes, rivières doit cesser.
Un jour sinon, pour dévaler la verte des Houches ou la piste de Bellevarde, à Val d’Isère, voire pour emprunter le pont de Bir Hakeim, il faudra réserver sur Airbnb.
En sus du forfait 😉 qui ne nous donnera droit qu’à un bout de piste entre 13H20 et 14H15, les jours de brouillard.  Ma deuxième requête et bonne résolution : ne pas m’énerver lorsque je découvre que la piscine municipale est fermée un jour sur deux, pour cause de grève, d’absence de personnel sans que ceci soit même indiqué sur le site des piscines à Paris. La piscine à Paris, ça devrait être aussi bien organisé que la mise en fourrière.

Contacté par nos soins, voici la réponse obtenue ce jour :
« Airbnb se rémunère sous forme de frais de service à hauteur 20% comme cela est indiqué sur leur site de manière publique. Le Centre Pompidou n’a pas de convention spécifique signée avec Airbnb mais utilise la plateforme selon les CGU valables pour tout visiteur et toute expérience. »

Un billet d’humeur de Manuel Jacquinet

Voir l’article : Un père de famille s’est offert une campagne de publicité dans Paris pour pointer du doigt Airbnb

Voir tous les billets d’humeur, ici.


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