Le magazine indépendant et international du BPO, du CRM et de l'expérience client.

Rakuten France pas convaincu par les offres de reprise reçues. Les PDG de Pixmania et Mirakl crient au scandale national

Publié le 17 juillet 2026 à 10:00 par Magazine En-Contact
Rakuten France pas convaincu par les offres de reprise reçues. Les PDG de Pixmania et Mirakl crient au scandale national

Depuis très longtemps, dans le capitalisme français, des empires se sont construits à partir du rachat d’entreprises, souvent à la barre du tribunal de commerce, tels ceux de François Pinault, Bernard Tapie, Pierre-André Martel, Walter Butler... Mais la place de marché Rakuten n’a pas retenu les deux offres reçues de la part des prétendants en lice qui s’étaient manifestés. Depuis, l’un d’entre eux, Jean Emile Rosenblum, mobilise tous ses affidés sur les réseaux sociaux, dont le PDG de Mirakl, Philippe Corrot Appelant à un sursaut national.. 

Jean-Emile Rosenblum © Pixmania

Qui a vu et consulté les offres de reprise ? Par le passé Jean-Emile Rosenblum a-t-il démontré un talent de redresseur d’entreprises ? 

Depuis avril dernier, Rakuten France a annoncé qu’il cherchait à céder son activité de place de marché. Depuis, la direction a tenté de trouver un repreneur. Parallèlement elle a préparé un projet de plan social (PSE) en vue d’une éventuelle fermeture. Et ce, conformément à la loi Florange, qui oblige les entreprises à rechercher un repreneur avant de fermer un site. «Chaque offre reçue a été rigoureusement évaluée à l’aune de trois critères prioritaires : la préservation du plus grand nombre de postes possible, les conditions financières de l’offre et la capacité du plan de reprise à assurer la pérennité de l’activité à long terme, explique la direction de Rakuten France. Aucune des offres reçues ne remplissait ces trois critères.»

Pierre Kosciusko-Morizet © Philip Conrad

Les offres reçues n’ont pas convaincu, peut-être parce qu’elles n’étaient pas engageantes ou suffisamment financées

L’entreprise, au-delà des deux offres fermes de Pixmania et d’un fonds d’investissement étranger, aurait intéressé un bon nombre d’acquéreurs. Au rang desquels figurait Pierre Kosciusko-Morizet, fondateur de PriceMinister en 2000. L’entrepreneur et frère de l’ancienne ministre de l’Écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, proposait d’acquérir le site en partenariat avec le fonds Verdoso ainsi que Fabien Versavau, ancien dirigeant de Rakuten France, selon une information révélée début juillet par le site L’Informé et confirmée au Figaro. L’offre de reprise du fondateur comprenait un projet de relance de la place de marché qui aurait été financé en partie par le groupe japonais.

Si certains observateurs se montrent dubitatifs sur l’issue du dossier, il n’y a aucun doute pour la direction: «malgré la priorité clairement donnée par le groupe à une cession de l’activité, les discussions approfondies menées avec les repreneurs potentiels n’ont pas permis d’aboutir à une solution viable permettant d’assurer la poursuite de l’activité de manière pérenne»Les dirigeants auraient-ils toutefois pu accorder une dernière chance de relance au site au lieu d’acter la fermeture ? «La vente aurait été plus simple. Mais que seraient devenus les salariés, les marchands et les partenaires ?», s’interroge une source proche du dossier, rappelant que les salariés, qui ont donc rejeté les deux offres, bénéficient de mesures d’accompagnement avec les PSE.

Il faudrait sauver les sites français, Philippe Corrot (Mirakl)

Depuis une dizaine d’années, Rakuten France fait face à d’importantes difficultés avec une activité en déclin: le nombre de clients a baissé de 33% et le trafic a reculé de 42%. Certains observateurs pointent des investissements insuffisants de la part du groupe japonais qui a récemment décidé de s’orienter vers d’autres activités comme la téléphonie et la fintech. «Depuis des années, le soutien du groupe a été constant pour essayer de nouveaux concepts, se diversifier, mais cela n’a pas suffi à inverser la tendance», rétorque un proche du dossier.

La place de marché de Rakuten France n’a pas résisté à de redoutables concurrents asiatiques, dont AliExpress, Temu, Shein et plus récemment Joybuy. «Temu et Shein ont déjà tué les enseignes textiles low-cost, si on laisse nos sites disparaître, on accélère la décommercialisation de la France», dénonce Philippe Corrot, codirecteur général et cofondateur de Mirakl, l’éditeur français de places de marchés.

Rakuten France a également beaucoup misé sur le créneau de la vente de seconde main, encourageant les particuliers à revendre leurs affaires sur sa plateforme. Mais, le site a été largement concurrencé par les spécialistes, dont Vinted, en pleine forme.

 

Photo de une extraite de la communication du film Merci Patron de François Ruffin, 2016.

A lire aussi

Profitez d'un accès illimité au magazine En-contact pour moins de 3 € par semaine.
Abonnez-vous maintenant
×