God : Eric Clapton, life in 12 Bars

Le 20 février 2019 par Magazine En-Contact

La rédemption, la discrétion + Patti B. + Steve W. (dans le désordre)

Peut-on éditer un magazine périodique sur l’enchantement, la fluidité (des concepts au cœur de l’expérience client) sans évoquer un jour, la guitare et les tribulations d’un homme que certains ont qualifié de Dieu ? Non, bien évidemment. Dieu sait pourtant que le natif de Ripley n’a pas toujours servi ses clients correctement : on découvre dans le film documentaire qui lui est consacré qu’une grande partie des concerts qu’il donna dans sa période tourmentée (qui a duré des années) furent bâclés et de courte durée. En matière de service au client, on fait mieux. Ce n’est pas l’essentiel de ce docu ahurissant, construit et monté à partir d’archives visuelles et sonores souvent jamais vues ou entendues auparavant. Il faisait trop chaud au Lincoln, la salle où nous avons vu ce film… On a pourtant survécu à la chaleur.
Incontournable, comme l’écoute quotidienne de Layla.

 

Eric Clapton performing at MSG, NYC. July 13, 1974 – © Bob Gruen

 

Découvrez les témoignages de la réalisatrice, Lili Fini Zanuck, et une partie des propos de Eric Clapton, lors de la sortie du film. Les extraits du dossier de presse repris ci-après donnent un bon aperçu des énergies et talents qui ont été réunis pour la fabrication de : Eric Clapton, life in 12 Bars.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de proposer ce projet à Lili ?
Eric Clapton : Je savais qu’il y avait suffisamment de matière pour faire un film. J’avais des amis qui avaient conservé beaucoup d’archives. Ça faisait un moment que l’idée flottait dans l’air. Mais on ne l’avait pas concrétisée. Ce qui est sûr, c’est que je ne voulais pas qu’un film sorte après ma mort. Je n’avais pas particulièrement envie de le voir, mais je voulais avoir la certitude qu’il serait bon. Et je me suis dit qu’il y avait une personne que je connaissais, une personne avec qui j’avais travaillé et en qui j’avais confiance pour réaliser ce projet, c’était Lili.
Lili Fini Zanuck : Comme nous étions amis depuis si longtemps, j’ai eu un peu peur que l’on pense que je puisse être complaisante ou que je n’aborde pas certaines choses à la demande d’Eric. Mais ça ne s’est pas du tout passé comme ça grâce à la confiance que nous avons l’un envers l’autre, et grâce au fait qu’il m’ait donné cette responsabilité et qu’il ne soit jamais revenu dessus (…).

Dans les années 70, nous ne pensions pas à ce que nous laisserions à nos enfants. Je suis curieux de ce moment dans votre vie où vous êtes désireux de la revisiter et de transmettre un héritage…
EC : Je n’ai pas bu depuis très longtemps et pendant les dix premières années de cette période, ma façon de penser n’a pas beaucoup changé, c’était un processus lent. Après avoir eu mes enfants, ma fille et mon fils, j’ai commencé à réaliser – et c’est très clair dans le film – avec une sorte de désespoir que je devais affronter mes responsabilités (de père, de rock star) et qu’il était nécessaire que je fasse quelque chose. Ma volonté de transmettre se caractérise avant tout par un engagement pour la musique. J’ai toujours eu à cœur de rendre hommage aux gens qui en sont à l’origine, de me positionner en tant que passeur. Ça a été un principe fondateur. Puis, voir mes enfants grandir a commencé à avoir un impact sur moi et j’ai essayé d’être un peu plus exemplaire pour eux. Je suis, par nature, un solitaire.
Et aujourd’hui encore, tenir compte des conséquences de mon comportement sur les autres représentent une difficulté pour moi. Mais, vous voyez, je progresse.

Qu’espérez-vous avec ce film ?
EC : Toucher le plus de monde possible, qu’il soit vu à l’international. On revient à la question précédente, notre but avec ce film est véritablement de porter un message. Pour moi, l’important était de montrer qu’à travers tout ce chaos, j’ai quand même réussi à devenir quelqu’un qui se comporte plutôt bien, avec un sens des responsabilités. Que tout ce qui s’est passé m’a finalement permis d’en arriver là.

 

© Pattie Boyd

 

Vous avez flirté à plusieurs reprises avec l’idée de prendre votre retraite, d’arrêter de vous produire en public. Y pensez-vous toujours, ou est-ce que vous vous voyez comme ces vieux Bluesmen qui jouent tant qu’ils tiennent encore debout ?
EC : Du coup, je loupe beaucoup de choses. Je suis en permanence en train d’essayer de rattraper ce que j’ai raté et je m’interroge « Est-ce que je suis encore dans le coup ? Est-ce que je suis dépassé ? Est-ce que ça a de l’importance ? Est-ce que ça a vraiment de l’importance que je continue à jouer ou pas ? »

Vous avez été suivi par des caméras et des journalistes pendant un demi-siècle. Est-ce que vous avez vu quelque chose dans le documentaire, peut-être quelque chose que vous auriez oublié, qui vous a fait penser : « Mais comment est-ce que j’ai pu dire un truc pareil » ?
EC : Tout ! Vous rigolez, tout ! Jusqu’à ce que j’arrête de boire, tout ce que je disais était du grand n’importe quoi. J’en ai parlé avec Lili, et je sais qu’elle ne sera pas d’accord, mais je trouve que j’ai l’air prétentieux, que je suis « pompeux ».
Quand je suis interviewé, j’ai cette expression de défiance dans le regard, l’air de dire « Ne me posez pas ces questions, je sais tout ». C’est très difficile à regarder pour moi, bien sûr. Je ne sais pas si c’est l’arrogance de la jeunesse, qui croit tout savoir, mais c’est seulement maintenant que je vieillis que je me rends compte que je ne sais rien. Alors, me voir traverser tout ça, oui, c’était compliqué.

A propos du film

Eric Clapton est pour des millions de gens une légende vivante du Blues et du Rock. Véritable icône, il a traversé les décennies, connaissant gloire et successions d’épreuves. Malgré sa pudeur, il nous livre pour la première fois l’ensemble de sa vie y compris ses drames les plus intimes. Mêlant archives personnelles, performances rares et témoignages inédits (B.B. King, George Harrison, Pattie Boyd, Bob Dylan, Steve Winwood…), ce documentaire retrace la destinée emblématique de celui que l’on appelle « GOD »…

Lili Fini Zanuck, réalisatrice :

« Je déjeunais avec Eric, il y a environ 2 ans, lorsqu’il m’a dit qu’il accepterait qu’on lui consacre un documentaire – une demande à laquelle il était régulièrement confronté – uniquement si c’était moi qui le réalisais. Je le connaissais depuis 25 ans.
Le scénario s’est écrit au fil du processus, ce qui fait qu’il y avait des moments où on ne savait pas où le documentaire allait nous mener. J’ai été habituée à exercer une plus grande part de contrôle quand je réalise, alors je dois avouer que cet aspect-là était nouveau pour moi.
Les longues heures d’entretiens que j’ai enregistrées avec Eric se sont révélées extraordinaires. Même si nous étions amis depuis 25 ans, j’ai choisi de ne pas partir du principe que je le « connaissais ». Comme nous sommes à l’aise l’un avec l’autre et que nous nous faisons confiance, nous nous sommes retrouvés à évoquer des choses dont nous n’avions jamais parlé. Sans détours, poignant, choquant, il réserve des surprises. Le public fera véritablement connaissance avec cet interprète virtuose qui est l’un des plus grands guitaristes de tous les temps. Mais c’est aussi un homme fascinant qui a vécu une vie extraordinaire. »

John Battsek, producteur :

« Pour tout avouer, je ne connaissais pas très bien Eric Clapton quand j’ai entamé la production de ce film. Évidemment, je connaissais certains morceaux… J’avais entendu parler de l’album Unplugged et notamment de ‘Tears in Heaven’ sur la perte tragique de son fils (…)
J’avais conscience que le parcours d’Eric était exceptionnel. Mais je mesure à présent à quel point sa vie fait écho aux difficultés que chacun peut rencontrer au cours de son existence. Lorsqu’on entend parler des problèmes auxquels se heurtent les célébrités, on a souvent tendance à les juger, à les considérer comme des enfants gâtés vivant en dehors du monde réel. Je considère qu’Eric a vécu chaque instant de sa vie en prise avec le monde réel. Que ce soit lié à son enfance traumatique, à son long combat avec la drogue et l’alcool, à ses tourments amoureux, à l’inqualifiable perte de son fils Connor ou encore à son talent prodigieux, il est en mesure de toucher un grand nombre de sensibilités et de spectateurs. Il fait entrer le public dans son intimité, celle de quelqu’un qui tente d’assumer son héritage, ses errements passés, pour mieux trouver une forme de sérénité. Et la musique… Mon Dieu la musique. J’ai beau avoir fait des films sur et avec les Rolling Stones, les frères Gallagher (Oasis), Blur et beaucoup d’autres, jamais je n’ai rencontré un musicien qui, par la grâce d’un seul instrument, ait réussi à transmettre ses émotions les plus intimes comme Eric a réussi à le faire avec sa guitare. Son talent est tout simplement époustouflant : la douleur, l’angoisse, la joie et l’amour qui émanent de chacune de ses chansons sont bouleversants. Pour moi, c’est un film rédempteur. C’est la somme d’une existence, un trajet, avec ses sorties de route, une histoire de survie inspirante qui, je crois, touchera profondément les spectateurs. »

Par la rédaction d’En-Contact

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