Frais professionnels : Sheryl Sandberg pourrait rejoindre Swile

Publié le 13 juin 2022 par Magazine En-Contact
Frais professionnels : Sheryl Sandberg pourrait rejoindre Swile

Sous le coup d’une enquête, l’ex-médiatique COO de Facebook, Sheryl Sandberg, va devoir s’expliquer sur l’utilisation à titre personnel des moyens de l’entreprise : elle aurait mobilisé des équipes de l’entreprise américaine pour assurer partiellement la rédaction et la promotion de son deuxième livre “En avant toutes” (option B).

Sheryl Sandberg, directrice des opérations de Meta (ex-Facebook) a indiqué, début juin, qu’elle quittait son poste afin de se consacrer à sa fondation et à des œuvres caritatives. Ce départ ne serait pas lié, selon Caroline Nolan, porte-parole de Facebook, aux enquêtes menées actuellement en interne par les avocats de l’entreprise sur l’utilisation de ressources de l’entreprise à des fins propres de la part de l’auteur de Lean In. Celles-ci auraient été initiées en octobre 2021 et ont pour objet d’éventuels travaux que des employés de Facebook auraient réalisés pour sa fondation, Lean In, en faveur des femmes dans le milieu professionnel, et dans l’écriture et la promotion de son second livre Option B: Facing Adversity, Building Resilience, and Finding Joy.

Sheryl Sandberg - couverture du Time du 18 mars 2013

L’enquête s’inscrirait dans un effort plus large de la part de Facebook d’établir en son sein une meilleure conformité réglementaire. Depuis le règlement de 5 milliards de dollars auprès de la Federal Trade Commission, Facebook a ainsi engagé pour la première fois un responsable de la conformité, Henry Moniz, pour s’atteler à la tâche. Comme l’indique le Wall Street Journal, cette pratique est de notoriété courante et documentée dans les circulaires de sollicitation de procuration (proxy statement) de Facebook : pour des raisons de sécurité Mark Zuckerberg et Sheryl Sandberg utilisent tous les deux des avions privés pour leurs déplacements personnels (en 2021, Facebook a payé 2,3 millions de dollars de frais relatifs aux trajets de Sheryl Sandberg en avion privé) et disposent d’une équipe de sécurité payée par l’entreprise. Ces avantages sont courants pour des dirigeants d’entreprise d’une telle envergure.

 Ce qu’on sait :

 Sheryl Sandberg a remercié nommément pour leur aide des employés de Facebook dans les longs remerciements de Option B. Ce qui est plus rare, selon David Larcker, professeur à Stanford cité par le Wall Street Journal, serait le recours à des employés plutôt qu’à des assistants personnels pour des affaires sans rapport avec celles de l’entreprise. L’épineuse question des frais professionnels a valu en France quelques déboires à Mathieu Gallet, qui revenait dessus dans un livre récent, et à Agnès Saal, qui lui avait succédé à l’INA. Cette haute fonctionnaire a été condamnée pour ses notes de taxi qu’elle utilisait à des fins personnelles. Le journal Capital mettait en lumière, il y a trois ans, les assistantes personnelles de grands patrons français et leurs missions à la frontière entre la vie professionnelle et la vie privée, et donc à la limite de légalité : « Le DRH d’une entreprise du CAC 40 nous avait dissuadés : « Aucune secrétaire ne vous parlera car tous leurs patrons font de l’abus de biens sociaux. » Diantre ! L'ABS dont il est question, ce sont toutes ces petites ou grandes missions que les assistantes réalisent, à la frontière entre la vie professionnelle et la vie privée de leur protégé. Parfois, le « perso » occupe 50% de leur temps. L'entreprise ferme en général les yeux, considérant que le numéro 1 ne doit pas gaspiller son copieux salaire à résoudre un problème de dégât des eaux à la maison. » 

 Ce qui se dit :

 Une tribune du Guardian évoquant le départ de l’une des femmes les plus importantes de la tech, datant du 10 juin, ne faisait pas mention de ces enquêtes et adoptait un angle plus « motivationnel », comme on dit en anglais, en faisant de Sandberg le symbole de ces femmes de la cinquantaine qui ne trouvent plus leur compte dans leur travail. Et avançait comme hypothèse des divergences désormais insurmontables avec Mark Zuckerberg sur des sujets comme la liberté d’expression ou le respect de la vie privée. Sandberg aurait évoqué elle-même auprès de collègues et amis un burn-out, une lassitude quant au fait de servir de punching ball auprès des détracteurs de la marque et un enthousiasme modéré pour le métavers dont Mark Zuckerberg a choisi de faire une priorité. Ce dernier a commenté son départ comme marquant « la fin d’une ère » et en disant tout le bien de celle qui aura passé quatorze ans dans l’entreprise. Les dernières années de Sheryl Sandberg dans l’entreprise, qu’elle a contribué à faire considérablement grandir, ont été marqués par quelques heurts et éclaboussures : interférences russes dans les élections de 2016, le scandale Cambridge Analytica dont elle fut jugée responsable par Mark Zuckerberg, l’affaire des Facebook Files, leak de documents internes par une ex-employée de Facebook, Frances Haugen.

Certains mauvais esprits font remarquer en commentaire qu’une fortune estimée à 1,6 milliards de dollars laisse peut-être plus de liberté de se réorienter.

 

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Photo de une: crédit © Edouard Jacquinet

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