Et si Naxicap partners avait dit oui, cet été…(les dessous de la reprise de BVA par Alcentra)

Le 14 septembre 2020 par Magazine En-Contact

Too greedy, Naxicap Partners et la paire Lopez-Gaudin ?

Les salariés du groupe BVA à Balma et sa direction générale, qui n’ont pas réussi à convaincre le tribunal de commerce de la pertinence de leur offre de reprise, auront tout intérêt, lorsque la tension sera redescendue, à s’interroger sur le rôle effectif qu’ont joué Naxicap Partners et les deux dirigeants du groupe, cet été. Avant sa mise en redressement judiciaire, le fonds Alcentra European Loan Fund (le repreneur choisi ce jour ) aurait proposé de renégocier la structure de sa dette et d’apporter du cash, pour aider le groupe à passer la mauvaise passe et lui permettre ainsi de conclure un prêt PGE. C’est ce qu’on apprend ce jour dans le récit détaillé publié  sous forme de communiqué de presse, par Alcentra et qui éclaire sur les dessous de ce rachat. « Mais l’actionnaire majoritaire et Gérard Lopez et Pascal Gaudin ont refusé ». Angèle Faugier (membre du directoire de Naxicap Partners)  Caroline Lachaud, aux commandes de Naxicap Partners et en charge de cette participation, qui fût rachetée à Montefiore Investment en 2016, sollicitées par nos soins cet été, étaient restées silencieuses. Elle seules, quelques avocats d’affaire ainsi que les prétendants qui ont eu accès aux datarooms du dossier savent le détail de ceci. La renégociation d’une dette, quand les affaires vont mal, c’est à quitte ou double.

Ifop et BVA, ça pourrait faire un sacré beau champion français des études et des sondages

(publié le samedi 12 septembre)

4 prétendants ont déclaré leur intérêt pour la reprise de BVA, le groupe bien connu spécialiste des études et des sondages, en difficulté depuis le 5 juin: Alcentra, l’IFOP (soutenu par son actionnaire Dentressangle), XPage (l’offre émanant du management actuel et des salariés ) et un entrepreneur de la région toulousaine. Dans la ville rose et à Balma, où le groupe compte un grand nombre de salariés, on va trouver le temps long jusqu’au mardi 15 septembre, date à laquelle le Tribunal de commerce statuera ou… diffèrera sa réponse.

Le nombre de salariés que chacun de ces prétendants se propose de reprendre sera certainement l’un des paramètres que les juges prendront en compte. Peut-être faut il rappeler à ceux-ci et aux clients de BVA que le brassage de données, le recueil de datas qui sont au coeur de ce métier et de cette industrie n’est pas un sujet anodin. On l’a vite oublié mais le scandale Cambridge Analytica a bien débuté grâce au recueil et à la cession de données collectées par Qualtrics et un de ses prestataires. Facebook n’étant pas loin dans les parages.

On va donc miser sur le sulky Pierre Pigeon, actionnaire à 35% et président de l’Ifop et sur son partenaire-trotteur, Dentressangle (Hi Inov)

Un projet industriel, européen, mené par des français, dans un secteur où les anglo-saxons nous dament le pion* depuis longtemps, aurait bien du sens et des chances de succès: Norbert Dentressangle- et désormais ses enfants- ont prouvé leur capacité à créer ce type de champions, dans une autre industrie. Si un tel  groupe d’instituts d’études, ainsi constitué, avait ensuite la bonne idée de s’appuyer sur ses  cousins français des centres d’appels, champions du monde dans le secteur, déjà installés sur tous les continents, pour émettre les appels ou administrer les questionnaires (ce qu’on appelle le terrain, dans ce métier) il disposerait d’une force de frappe et d’un outil industriel remarquables. (*Kantar, qui a longtemps été une filiale de WPP, a été cédée en 2019 à Bain Capital Private Equity). BVA et son management actuel (Gérard Lopez, Pascal Gaudin) ont invité  un loup dans la bergerie, un loup dont ils indiquent qu’il aurait eu des pratiques peu fair play pour se servir dans la gamelle (Alcentra). A qui pensaient-ils avoir affaire ? What did you expect a t’on envie de dire, en paraphrasant la publicité. L’alternative qu’il faudra prendre en compte demain ne se réduit donc pas à : Xpage/ les gentils vs Alcentra le méchant, mais à cette autre, intéressante d’un point de vue industriel: Ifop vs Xpage. Lyon : Toulouse, une affiche qui ne sonne pas comme un derby Lyon/ASSE mais qui n’en est pas loin.



Dans la mesure de l’expérience client, usager, un autre secteur où BVA est présent et qui se développe fortement (le mystery shopping en fait partie) une consolidation est également en cours et plaide pour la constitution d’acteurs industriels. Quelques français s’y débrouillent très bien mais leur pays d’origine s’avère un marché trop petit pour espérer grandir aussi vite que les concurrents tels Medallia, Qualtrics. Dans la quatrième à Toulouse mardi, on joue donc l’Ifop en tête et Xpage placé. Mais sur un terrain glissant, certains redoutent que BNY Mellon puisse rafler la mise. Toulouse, ohh Touloooouuuse !

nb: les partis politiques et les candidats aux élections ou primaires  sont des clients réguliers des instituts d’études tels BVA, Opinion Way, l’Ifop. Ils sont également autorisés, par dérogation, à mener des campagnes d’appels pour recueillir des avis, des prévisions de vote et ne sont donc pas concernés par la récente loi sur le démarchage téléphonique

Illustration de une : les Smiley Boxes sont régulièrement placées désormais dans les aéroports, les gares, à la sortie de centres commerciaux, afin de disposer d’une mesure et évaluation rapide, par le client, visiteur, passager de l’expérience qu’il a vécue. Toute évaluation négative, si elle vient à se répéter, permet de réagir, à chaud, en prévenant le manager ou gestionnaire du site concerné.

Par Manuel Jacquinet

Voir notre article Tandis que BVA recherche un chevalier blanc, SAP va mettre sur le marché Qualtrics, acquise un prix certain.

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Commentaires

Une réponse à “Et si Naxicap partners avait dit oui, cet été…(les dessous de la reprise de BVA par Alcentra)”

  1. J’adorerais qu’un champion national émerge mais dans ce secteur malheureusement les données des citoyens ou consommateurs sont stockés sur des serveurs américains car les solutions utilisées pour les travailler sont souvent prises chez des éditeurs américains. Comme le prouve l’affaire Cambridge Analytica, on ne peut pas parler de solution nationale si on laisse les solutions américaines au commande du stockage et du process de ces donnés maintenant qu’elles peuvent être transférés à des tiers sans notre consentement.

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