Des billets de train à 1 euro ? « Impossible », indique Rachel Picard, « la cherté des péages de SNCF Réseau rend l’équation impossible »
L’ex « Mme Oui du TGV » prépare l’arrivée de Velvet, présente son premier train Alstom à La Rochelle et livre quelques données instructives sur le prix des péages à régler à SNCF Réseau.

Rachel Picard, qui a été longtemps été surnommée « Mme Oui du TGV » à la SNCF, où cette dirigeante a longtemps travaillé, prépare l’arrivée de Velvet, futur acteur concurrent des TGV de la SNCF, de Trenitalia, de Renfe. Dès 2028, sur les destinations Rennes, Nantes, Bordeaux, Paris, on devrait pouvoir embarquer dans des trains Velvet, commandés à Alstom.
Dans une récente interview accordée à un grand quotidien*, Rachel ouvre le capot de cette activité sur deux sujets intéressants : le prix des péages qu’un acteur du transport ferroviaire doit payer au gestionnaire des réseaux et l’incapacité des concurrents de la SNCF à voir leurs offres proposées sur la plateforme SNCF Connect, en situation monopolistique.
Le prix du péage pour un Paris-Bordeaux, un vendredi après-midi, pour un train rempli avec 500 passagers s’élève à 50 euros par billet.
« 50 euros par billet, auquel il faut ajouter le coût de l’énergie, celui du matériel, des salaires. Le niveau des péages en France est en lui-même une barrière à l’entrée pour les opérateurs alternatifs » (...) « Les péages ferroviaires en France sont deux à trois fois plus chers qu’ailleurs en Europe. Pour financer le réseau classique, le choix a été fait avec le régulateur, de faire payer 125% du coût réel de l’utilisation des voies à grande vitesse. Par ce mécanisme, les opérateurs alternatifs participent déjà à l’aménagement du territoire. » confie Rachel Picard lors de son entretien accordé au *Monde, le 18 avril, mené par Jonathan Parienté.
« Il se passe toujours quelque chose d'inattendu dans une gare »
En avril 2025, la rédaction d'En-Contact était partie à la rencontre de Florent Bardon, directeur de la plus grande gare d'Europe, la Gare du Nord à Paris. Lire ici son entretien pour en apprendre plus sur les coulisses de l'expérience voyageur.

Archive - Le départ en vacances à la SNCF

Pour gérer des situations exceptionnelles qui se répètent, prévoir plus de ressources, de renforcer les effectifs et des bouteilles d’eau... Voici ce que fait la SNCF, prévoit de faire ?
Rachel Picard, la directrice générale de Voyages SNCF a présenté en juillet un nouvel arsenal « contre l’attente aux guichets et pour fluidifier les parcours clients ». Un état des lieux qui se veut rassurant : « Globalement, les départs en vacances se passent bien ». Tous les indicateurs sont en effet au vert : 25 millions de voyageurs sont attendus dans les gares cet été, soit 5 % de plus que l’été dernier. 1,5 million de voyageurs fréquentent les gares pour ce seul week-end du 14 juillet. La robustesse continue à s’améliorer. La régularité à l’arrivée atteignait 92 % avant l’épisode caniculaire de ce début d’été. Celui-ci ayant fortement sollicité le système, l’infrastructure et le matériel, la régularité est descendue à 76 % début juillet, mais est remontée à 90 % la semaine dernière. La satisfaction des clients est en progression constante, avec une mesure Net Promoter Score à 29. Les clients apprécient notamment la posture de service et d’hospitalité des chefs de bord, rendue possible par la généralisation progressive de l’accueil embarquement à quai. « Cela ne veut pas dire qu’il n’y a aucun problème, tempère Rachel Picard. Les semaines passées, certains de nos clients ont vécu des expériences très difficiles dans certaines gares et à certains guichets, avec des temps d’attente inacceptables. »
L’affluence des grands départs, conjuguée aux perturbations causées par les événements climatiques (ex. : coulée de boue dans les Alpes) et au fait que la canicule a conduit certains clients à reporter leur voyage sur ce week-end déjà très chargé, ont en effet engendré de réelles difficultés, avec des temps d’attente très différents selon les gares. Par exemple, Paris-Montparnasse, Toulouse et Nantes ont connu des situations difficiles, mais sur l’ensemble de l’axe Atlantique, les temps d’attente aux guichets ont été en moyenne de 20 minutes entre le 1er et le 10 juillet, soit 3 minutes de plus que les temps d’attente moyens observés l’été dernier. « Je veux exprimer mes sincères regrets à ceux de nos clients et de nos agents qui ont vécu des situations parfois très difficiles. Les 170 000 salariés de la SNCF sont en- gagés à fond durant cette période estivale et nous travaillons dur pour que cela ne se reproduise plus », assure Rachel Picard.
Pour réduire l’attente, prévoir principalement plus de ressources à mettre en face des clients
Au-delà des 500 Volontaires de l'Information (VI) présents en gare chaque week-end cet été, la SNCF met en place dès ce week-end un dispositif comprenant :
• 150 collaborateurs en renfort dans les cinq grandes gares parisiennes, pour aider, entre 8h et 20h, à l’achat, l’après-vente, l’accueil, l’information et l’orientation des clients. Ces effectifs supplémentaires seront reconduits tous les week-ends de grands départs de l’été. Pour former les VI et appuyer les équipes de vente, une équipe baptisée « 30 minutes max » sillonne aussi les gares parisiennes, pour s’assurer que le nombre de ceux qui patientent plus d’une demi-heure reste sous la barre des 20 %.
• 30 collaborateurs en renfort au 36 35 SNCF (non surtaxé depuis le 1er juillet), pour que les clients fassent leurs achats et échanges par téléphone plus rapidement. L’installation de 20 monnayeurs afin d’accélérer les transactions avec les clients réglant leurs billets en espèces (10 % des billets).
• La publication des données de l’attente des gares parisiennes sur www.opendata.sncf.fr, notamment pour permettre aux clients de mieux planifier leur déplacement en espace de vente. Le dispositif devrait être renforcé à moyen terme, avec : l’installation d’espaces spécifiques pour gérer les fortes affluences ; 50 vendeurs supplémentaires sur Paris. 100 monnayeurs de plus d’ici décembre prochain et le gel des fermetures de boutiques prévues en région parisienne.
En Contact n°111, août/septembre 2019 – pages 82 et 83.