Christine, skieuse de l’extrême, n’a pas raccroché

Le 28 février 2019 par Magazine En-Contact

Directrice des opérations client chez MCC Maroc, Christine Boisseau est passée du monde politique aux plateformes téléphoniques. Par hasard ? Ce n’est pas certain. Cette ancienne skieuse de l’extrême vise toujours l’excellence et prend souvent la ligne de plus grande pente.

Christine Boisseau – © Edouard Jacquinet

Née dans la Nièvre, au bord de la Loire, pas loin de Sancerre, Christine Boisseau a fait des études de com’ et de langues étrangères, à Paris, avant de se diriger vers la politique, auprès de François Léotard, durant une bonne dizaine d’années, en tant qu’attachée de relations publiques au Parti Républicain. Une période de sa vie qu’elle ne renie pas, au contraire, parce qu’elle a côtoyé, au quotidien, un « homme de conviction et très humain », dixit. Puis les aléas de la vie (un divorce, notamment) ont fait qu’elle a dû s’occuper d’un enfant en bas âge, seule, ce qui l’a poussé à donner une nouvelle orientation à sa carrière. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée, un peu par hasard, dans un centre d’appels où elle a appris le métier à la base. « J’avais envoyé des CV à droite, à gauche, et j’ai été embauchée comme conseillère de premier niveau, pour Tam-Tam, ancêtre des textos d’aujourd’hui, puisque les gens nous appelaient pour qu’on envoie un message pour eux ».

Après Tam-Tam, Orange (période Webhelp)

Plutôt du genre fonceur, l’ancienne skieuse de haut niveau a vite progressé. « Tout s’est enchaîné rapidement, raconte-t-elle naturellement, sans se vanter. Je suis devenue chef de plateau, puis chef de projet, directrice de production, etc… Et j’ai décidé de faire ma carrière dans les centres d’appels, parce qu’on sentait bien que ça allait devenir incontournable en ce qui concerne le service client. J’ai évolué dans ce métier, y occupant à peu près tous les postes : j’ai fait de la formation, de la supervision, de la direction de production, des statistiques, de la planification… ». Du coup, aujourd’hui, il est délicat de lui dire qu’on ne peut pas faire ceci ou cela, parce qu’elle est passée par là et maitrise souvent justement… comment s’y prendre. « Il m’arrive encore de dire à un agent « pousse-toi », et de prendre un appel, alors que je suis directrice. Ça peut surprendre mais c’est vraiment pour les accompagner, leur montrer que ça peut marcher. Dans ce métier, il faut être multifonctions, connaître tous les postes ».

Comme j’aime (période la douceur rabati)

Les locaux MCC de Rabat – © Edouard Jacquinet

Installée depuis trois ans à Rabat, et depuis quinze au Maroc (à Casablanca), Christine n’est pas pressée de revenir en France. Chez MCC Maroc (Marketing Call Center), en tant que directrice des opérations client, elle a eu l’opportunité de capitaliser sur cette grande expérience, qui a débuté par une mission de consulting pour le compte du dirigeant de l’entreprise (Mohamed Belahsen). « J’ai accompagné des managers en speed-training, observé comment ils géraient et accompagnaient leurs clients. Le dirigeant m’a proposé ensuite de rester au Maroc, en créant un service interne de la relation client, au sein de l’entreprise et pour nos clients donneurs d’ordre. Aujourd’hui, je suis un peu la garante de la bonne exécution des contrats entre MCC et ses clients ».
Pour Christine, l’évolution la plus significative dans ce métier a été l’orientation vers la satisfaction du client, qui prime de plus en plus sur la productivité. « C’est la plus grande transformation, à mes yeux, outre le digital, la messagerie instantanée, qui permet d’être plus réactif. A mes débuts, on parlait essentiellement de productivité et DMT. Tout ça se faisait au détriment de la qualité de l’écoute-client. Certes, on se soucie encore de productivité mais ce qui prime, avant tout, c’est la relation client. C’est pour ça qu’on qualifie dorénavant les centres d’appels des centres de relation client. J’ai d’ailleurs écrit un article sur le sujet, sur Linkedin, où je mettais en exergue le fait que la satisfaction client = satisfaction salarié, parce que si nous sommes à l’écoute de nos employés, ils seront à l’écoute de nos clients. » CQFD.
Dans un autre domaine, celui de la vie privée, elle croit à l’équilibre harmonieux. « Tout est une question d’organisation et de bon accompagnement. Si on est entouré des bonnes personnes à nos côtés, dans la vie privée comme au travail, tout va bien. Il faut savoir déléguer et être bien accompagnée. Il faut être à l’écoute de ses clients -pour être force de proposition- et de son conjoint. Mon nouveau mari, joaillier de formation, est créateur de bijoux et installé en Normandie. Alors nous faisons des allers-retours… ». Bouger beaucoup, conserver une véritable jeunesse et ouverture d’esprit, voilà peut-être ce qui la retient dans un métier qui empêche la monotonie. « Chez MCC, nous accompagnons vraiment nos clients de bout en bout. On se sent tellement utiles lorsqu’on lance des pilotes, des projets, qui les amènent à piloter autrement leur entreprise. »
Christine s’est attachée petit à petit au Maroc dont elle apprécie encore plus avec l’âge la qualité de vie. « C’est un autre rythme. Des détails tout bêtes : ne pas avoir à chercher une place pour garer sa voiture, la solidarité, et une grande chaleur humaine, en général. Pas seulement celle du soleil ! »
L’ancienne skieuse de l’extrême – elle se faisait déposer en hélico sur les glaciers – qui a également pratiqué le rallye automobile… sur glace, continue de bouger : pour se saisir du téléphone, pour rejoindre la Normandie. A 60 ans, elle ne raccroche pas souvent. Un jour, c’est fort probable, vous pourriez bien la croiser sur une piste de… station de ski marocaine !

Propos recueillis par Guillaume Chérel

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