Spotlight n°5 – Chictypes en redressement judiciaire, tout comme Save.co, So jeans… les mauvaises affaires de 360 Capital Partners.

Publié le 29 juillet 2016 par Magazine En-Contact
Spotlight n°5 – Chictypes en redressement judiciaire, tout comme Save.co, So jeans…  les mauvaises affaires de 360 Capital Partners.

Depuis la sortie et publication de notre billet d’humeur sur certaines start-up qui n’ont pas le succès escompté, et les fonds qui les financent, des esprits ouverts au débat ont sollicité Google pour que notre article disparaisse des actualités. (autrement dit, ils ont sollicité Google pour que disparaisse cet article ) On assume notre point de vue qui nous a valu des retours de flamme mais aussi des messages d’encouragement sur l’intérêt de poser ce débat et pour tous les courageux qui commentent l’article en mettant des adresses mail erronées, un seul mot d’ordre : chacun fait fait fait… ce qui lui plaît, plaît, plaît.

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(Quand l’argent facile ne fait pas le bonheur, ni la compétence, ni ne développe la capacité d’écoute…)

Pas encore annoncé officiellement mais effectif*, le redressement judiciaire de la start-up Chictypes vient clore une longue série d’autres mises en redressement judiciaires pour 3 start-up largement médiatisées, richement dotées en capital notamment par 360 Capital Partners. Mais le sont-elles en compétences, rigueur et résistance au mal, résilience dirait Boris Cyrulnik ?
Que disent ces redressements judiciaires des organes de contrôle que devraient mettre en place leurs investisseurs, ou du « transfert de pragmatisme » que ceux -ci devraient opérer pour favoriser la croissance de leurs bébés ?

On peut se poser la question tant la capacité de ces entreprises à brûler du cash a été réelle, voire stratosphérique parfois et ferait sourire le moindre patron de TPE ou PME dont l’obsession quotidienne est le niveau de sa trésorerie, obligé qu’il est de prendre des mesures de sauvegarde dès lors que son compte professionnel est proche de zéro ou déjà en négatif.

Save.co avait levé 15millions d’euros. Le métier de l’entreprise est de réparer des smartphones, une activité assez simple à suivre a priori où vous pouvez savoir chaque soir si votre boutique a facturé et réparé suffisamment de smartphones pour amortir des charges fixes. Si vous multipliez trop vite les boutiques, sans que les premières soient parvenues à l’équilibre, le mur de manque de trésorerie  est vite là. Où était le directeur financier ?

So jeans avait levé 7 millions d’euros, ouvert 8 pays et devait révolutionner la vente de jeans en ligne. Patatras, mise en redressement judiciaire et de nombreux fournisseurs non réglés qui ont dû se souvenir avec douleur de l’arrogance qu’affichaient les 2 jeunes créateurs de l’entreprise, lorsqu’ils consultaient d’éventuels fournisseurs.

-Dernier en date, Chictypes a levé 4 millions d’euros il y a à peine un an, après une précédente levée de fonds. Pour avoir rencontré ses deux fondateurs il y a neuf mois, après un article où nous avions testé en aveugle leur service, j’étais arrivé à une conclusion simple dont je leur fis part: « vous faites un beau métier de service, qui correspond à un vrai besoin; soignez votre expérience client, attachez-vous les services de professionnels en vente par téléphone et passez moins de temps à communiquer et acheter du mot clé, peut-être plus à faire de l’acquisition de vrais clients, récurrents. »

Je n’ai pas dû à l’époque employer les bons mots (et au nom de quoi un éditeur de magazines professionnels serait-il qualifié, se sont peut-être dit les deux fondateurs), ou peut-être aussi que les grandes écoles et les passages par les cabinets de conseil (au sein desquels Etienne Morin et Antoine Régis ont été salariés) ne développent pas suffisamment la capacité d’écoute ou de remise en cause.

Facile à dire, moins facile à faire, on ne jettera pas la pierre à ces deux derniers  aventuriers, lesquels sont en train de « tanner » leur cuir d’entrepreneurs : on apprend… En se plantant. Et une mise en redressement judiciaire ne signifie pas la mort mais c’est un sérieux avertissement.

Dans ces 3 mésaventures pourtant, une chose me tracasse, comme dirait Columbo: que font, qu’ont fait les fonds d’investissement, en l’occurrence 360 Capital Partners, présent au capital de ces trois sociétés, pour alerter ces jeunes pousses  ou déclencher les mesures d’alerte, au moment adéquat ?

C’est la question qu’on a désiré poser, cette après-midi, à leur bureau parisien, après avoir « passé » les innombrables barrages qui sont, eux, bien rôdés, apparemment plus que les procédures d’alerte. « L’associé en charge de la participation, dont je ne peux pas vous dire le nom, va prendre un avion , il vous rappellera »

On a également voulu poser la question à Pascal Cagni, ex salarié d’Apple, également investisseur dans l’entreprise. Mais sur le site web de son fonds, on ne trouve pas de téléphone pour les cas d’urgence. On doit adresser un mail et je suppose qu’on considère ensuite, en haut lieu, l’intérêt d’y répondre.

Je fais confiance à tous ces « grands » investisseurs, sur la route ou dans l’avion qui doit les mener à Ibiza ou Saint Tropez ou le Cap Ferret. Ils vont bien nous trouver une réponse sous forme de communiqué de presse du genre:

« La mortalité forte des entreprises est consubstantielle des entreprises en forte croissance…Bla bla bla».

En général, me déclarait un de mes anciens patrons, quand on ne fait pas les résultats, on a un autre talent : savoir ouvrir le tiroir dans lequel se trouve la boite à excuses.

Un billet d’humeur de Manuel Jacquinet, publié le 29 juillet 2016.

Un billet d’humeur de Manuel Jacquinet
© Photo Édouard Jacquinet

*La direction de l’entreprise, contactée, n’a pas retourné nos appels 

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Le 01/08/16

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Le rédacteur de l’article

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