BNP Paribas Personal Finance projetterait de céder Symag, sa filiale dédiée à l’encaissement et à la fidélisation en points de vente

Le 23 février 2021 par Magazine En-Contact

Le projet et l’identité du cessionnaire inquiètent certains salariés, peu convaincus par les motivations évoquées par la direction et les informations qui remontent sur le cessionnaire envisagé, une entreprise du Next 40 au passé déjà chahuté.

Filiale à 100% de BNP PNF, l’ex-Laser-Symag est un éditeur de logiciels et prestataire de services qui permet à des clients tels que Relais H, Lidl, Promod ou les Galeries Lafayette de gérer des opérations d’encaissement, de gestion de la relation client, de fidélisation et de bénéficier du support technique (hotline et service client) sur ces opérations. Créée en 1993, l’entreprise réalise environ 25 Millions d’euros et dispose de bureaux et antennes à Rungis, Brest, Sophia Antipolis. La direction de l’entreprise, par la voix de Jean-Marie Bellafiore (directeur général délégué de BNPP PF) et de son président, Christian Dupland, justifie dans des courriers adressés aux salariés la faible croissance de l’entreprise et les effets trop modérés des synergies qu’elle a tenté de créer avec d’autres entités du groupe pour expliquer son projet de cession d’actions. « Symag a eu peu ou pas de recrutements de nouveaux clients significatifs ces dernières années, ce qui ne permet pas d’inverser la tendance observée dans le résultat sur le résultat et le CA. Enfin, le métier de Symag est identifié comme éloigné des activités core-business de BNPP PF. » (mail interne de janvier 2021)

Un cessionnaire qui ne rassure pas

Membre du Next 40 (l’indice qui regroupe les start-up considérées par l’État comme les plus prometteuses de la Tech en France), la société engagée dans les discussions avec la BNP, propose des solutions d’encaissement omnicanal, salarierait 300 personnes, bénéficierait d’une forte croissance et d’innovations techniques, selon la direction de Symag. Mais de fortes discordances entre ce qui est annoncé et les éléments factuels que les représentants des salariés ont pu vérifier ont décidé le CSE à contester ce projet de cession, prévu pour aboutir dans les premiers jours de mars. Ce dernier envisage d’aller en justice afin de disposer de documents officiels sur leur futur probable propriétaire et qu’ils n’auraient pas récupérés. La direction de Symag a tenté de rassurer sur un point essentiel : une clause, déjà acceptée par le repreneur, par laquelle ce dernier s’interdit de procéder à tout licenciement pour motif économique tant individuel que collectif pendant une durée de 18 mois.

C’est à savoir

Le droit français prévoit que les salariés soient prévenus par leur direction et l’entreprise d’un projet de cession, deux mois avant la conclusion de la vente mais leur avis est consultatif. C’est le défaut d’information qui peut être sanctionné. Les salariés peuvent par contre déposer un projet d’acquisition de leur entreprise.

Jusqu’à Janvier 2021, Symag disposait d’un centre d’appels et de service client de Help Desk à Cracovie, comme de nombreuses entreprises qui ont choisi l’Europe de l’Est pour y installer des centres de contacts pan-européens. Récemment, Canal Plus Pologne vient de céder son centre internalisé de service client à Armatis. Voir notre article à ce sujet.

L’encaissement en point de vente ainsi que les opérations de connaissance client ou d’engagement client qu’il permet souvent d’associer, sont considérés comme des moments clés du parcours client. Les entreprises qui innovent réellement sur ces questions se caractérisent par de fortes croissance et valorisations, comme on a pu le constater avec des cessions récentes- Tiller à SumUp, les croissances de iZettle mais la qualité du service client et la nécessité d’investir massivement en technologie constituent l’une des complexités de ce marché. Samuel Manassé, co-fondateur de Smile&Pay et désormais à la tête de Yavin ou Franck Méchineau et son associé Sami Zaiter, à la tête de Voxpay, deux entreprises innovantes dans ces domaines du paiement, nous partageaient récemment leur joie d’être indépendants et sa contrepartie exigeante : combiner tous les sujets simultanément : développer sa solution, assurer la croissance en auto-financement et convaincre de nouveaux clients. L’encaissement nécessite de savoir encaisser 😉

Par la rédaction d’En-Contact

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Commentaires

5 réponses à “BNP Paribas Personal Finance projetterait de céder Symag, sa filiale dédiée à l’encaissement et à la fidélisation en points de vente”

  1. Bonjour, la véritable news n’est pas la cession de Symag mais l’identitié du cessionnaire c’est à dire Wynd. Comment ça aidera Symag de se laisser acquérir par une société déjà en grande difficulté qui se manifeste par une énorme perte du chiffre d’affaire, la réduction conséquente des effectifs, la perte de la plupart des clients et la perte de la confiance des récents investisseurs ?

  2. Bonjour,
    Envisager de céder l’entreprise à un cessionnaire avec la réputation qu’il a n’est pas à l’avantage de l’image de la direction de Symag, les pauvres employés !

  3. Bonjour Jusqu’à Janvier 2021, Symag disposait d’un centre d’appels et de service client de Help Desk à Cracovie, comme de nombreuses entreprises qui ont choisi l’Europe de l’Est pour y installer des centres de contacts pan-européens. Récemment, Canal Plus Pologne vient de céder son centre internalisé de service client à Armatis.
    C’est quoi le lien entre symag et canal + pas terrible la fin de votre article

  4. 300 salariés ! Vous parlez bien de Wynd ? Ils n’ont jamais atteint cet effectif, ils n’ont jamais atteint 250 salariés, mais ils ont pris l’habitude de gonfler ce nombre en comptant les prestataires externes. En plus en 2020 ils ont viré plus de la moitié de leur effectifs en le maquillant en ruptures conventionnelles, aujourd’hui ils sont certainement moins de 100.

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