Si tu vas à Potsdam…

Le 3 janvier 2016 par Magazine En-Contact

Potsdam, si vous êtes allé jusqu’au bac sans faire trop d’impasses majeures sur le programme d’histoire, vous savez a minima qu’une conférence s’y est tenue, qui scella le sort des pays vaincus après la deuxième guerre mondiale. C’était il y a presque 70 ans, c’est-à-dire quasiment une éternité à une époque où un iPhone est guetté par l’obsolescence en deux ans, à peine.
Pour ma part, j’avais fait l’impasse, en 1981, sur la petite ville de la banlieue de Berlin. Mais l’histoire vous rattrape toujours un jour : pour achever notre série sur les femmes de talent dans les centres d’appels. Et compte-tenu du fait que tout le monde part chercher la croissance en Europe centrale ou orientale, l’examinateur nous a commandé un sujet bien plus vache que celui tombé, à l’époque (et qui devait avoir trait à l’agriculture au Brésil) : « L’avenir des centres d’appels paneuropéens s’écrit-il plutôt en Lusitanie ou dans la région de Brandebourg ? – Epreuve en 3 heures, Ti 57 (la mythique calculatrice de Texas Instruments) autorisée, budget documentations : zobi la mouche ».
L’époque étant difficile, et notre inscription au MBA « succeed in the CRM industry » nous ayant déjà délestés de 16 000 euros, nous avons dû être efficaces : visite en 2h chrono d’un des sites de Sitel à Berlin, la capitale qui rivalise avec Barcelone. Après s’être fait exploser les yeux sur Liligo, Go Voyages et Option Way, on a dû un moment taper sur la touche entrée : c’est Air Berlin qui nous a emmenés.

Berlin, c’est grand !

La mère Denis aurait dégainé sa remarque fétiche : « ça c’est vrai ».
Que tu risques de mourir de faim si tu pars à pied en te disant que le call center doit être près du centre ville. Pour sûr, il est près de centre… mais du centre de Potsdam. Devant la façade des anciennes usines reconfigurées, quelques dizaines de jeunes et moins jeunes conversent tranquillement, seulement trahis par leurs badges : on est bien chez Sitel, l’un des grands centres ou le géant américain, depuis peu marié à une belle française (Acticall), gère quelques-unes de ses nombreuses opérations paneuropéennes. Qui dit badge dit process de sécurité et là comme ailleurs la rigueur des Américains ne souffre pas d’exception.

On a parlé de Derrida et de la Provence…

La Provence parce que Christine Heufelder, la directrice du centre qui nous reçoit pile à l’heure dite, y a passé ses récentes vacances d’été, près d’Orange. En famille.
De Derrida parce que Christine a étudié les finances mais aussi la philosophie, et qu’à l’instar de la chancelière Angela, elle est discrète mais efficace. Les petits signes – qui ne trompent pas – émailleront les deux heures passées ensemble : les rendez-vous qu’on démarre à l’heure, sans que les e-mails ou le téléphone ne viennent entacher l’attention, le café prêt, le meeting avec le HR Manager (même en Allemagne, les titres sont anglais sur les cartes chez Sitel).
SNT, KPN, les grandes entreprises de BPO ou des télécom où Christine est passée ont certainement dû accentuer la propension germanique à l’organisation mais on devine que la forte inclinaison à gérer les tâches dans le bon ordre… préexistait.
On a pourtant parlé aussi de Nietzsche, d’Adorno, le temps a passé, vite. A Berlin comme à Lisbonne, à La Rochelle, les femmes de talent de Sitel ont un point commun : elles en ont autant appris dans les livres que sur les plateaux, et qu’elles aient étudié le tourisme, les langues ou la finance, une devise les rassemble : « people first ».
Les gens donc : ceux qui sont là et avec lesquels il faut communiquer, échanger et ceux qu’on recherche, sans arrêt.
Les opérations de recrutement, elles sont incessantes dans cette ville où la modestie des loyers (relativement à Paris, en tout cas), la disponibilité de jeunes salariés très diplômés se combinent pour créer un cocktail très favorable aux centres d’appels. Bien sûr, on dit que désormais, Leipzig est le nouveau Berlin, mais pour l’instant, c’est à Potsdam que ça se passe.
On a eu à peine le temps de reparcourir dans le sens inverse les long couloirs de ce centre gigantesque mais silencieux avant de retrouver la sortie ; en fait Berlin, ça ressemble au décor de ces films d’espionnage des années 70, avec des rendez-vous dans des jardins publics.
L’intrigue y fait soudain un bond en avant, grâce à un renseignement confié par une taupe en pardessus gris. Le seul secret qu’on y a glané, nous les Starsky et Hutch du call center lancés dans la grande enquête qui nous mobilisa presque un an… c’est qu’il y a un paquet de femmes de talent, dans une entreprise qui s’appelle Sitel. Quiconque a géré des centres d’appels un peu sérieux sait que les logiciels, les téléphones, les salaires, c’est à peu près partout pareil : c’est à la tête des usines que ça se joue.

L’adresse :
Niederlassung Berlin&Potsdam
Wohlrabedamm 32
13629 Berlin
(ceux qui connaissent comprendront)
Mais il faut donner au taxi:
Wernerwerkdamm 5, 13629 Berlin

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