PayinTech invente le collier bar 2.0

Le 17 juillet 2019 par Magazine En-Contact

Stades, plages, festivals… ils veulent tous leur collier-bar en réalité un bracelet connecté aux vertus élargies.
Sur la plage de La Baule, cet été ou au camping de Praz-sur-Arly, de nombreux vacanciers se verront proposer un bracelet connecté, qui permet de payer, sans cash ; de passer vite les sas d’accès, d’être reconnu. Dans de nombreux cas, c’est une Fintech française, leader en France qui les fournit, personnalise et les adapte aux problématiques locales. Interview de Bertrand Sylvestre Boncheval, co-fondateur de l’entreprise.

Bertrand Sylvestre-Boncheval – © DR

La France et les acteurs du tourisme, de l’entertainment et des stades ne parle que d’expérience client, de fluidité des parcours clients, de diminution des temps d’attente, c’est une époque rêvée pour PayinTech ?
Bertrand Sylvestre-Boncheval : De nombreuses innovations ont été réalisées depuis quinze ans, sur les sujets de parcours digital et en amont du séjour. Le parcours de réservation se fait en quelques clics quand auparavant il fallait se rendre dans une agence de voyage, un kiosque billetterie, à la FNAC ou ailleurs. Les acteurs du tourisme et des loisirs investissent désormais le champ de l’expérience sur place, en village et en particulier la consommation et le paiement sur place. C’est probablement le segment de l’expérience client qui intègre le plus haut potentiel d’innovation et de satisfaction.

Dans les stades ou enceintes sportives, qu’apporte et permet le cashless et donc votre carte d’abonné ?
Dans un stade, la fan expérience est majeure : plus elle est fluide, engageante et immersive, plus les supporters préféreront venir voir le match au stade plutôt que de le regarder à la télé, dans leur canapé. Une des spécificités dans le sport est que le temps de consommation est très court : il y l’avant-match et la mi-temps. Et dans ce laps de temps, il faut parvenir à servir plusieurs dizaines de milliers de supporters en nourriture et boissons.
PayinTech a transformé la carte d’abonné qui sert pour accéder au stade en carte de paiement. Elle devient rechargeable en ligne ou sur place avant le match et permet ensuite de payer en un scan, avec une efficacité remarquable : au lieu de servir 2 à 4 supporters par barman à la minute quand on utilise les moyens de paiement traditionnels (comptage et rendu monnaie pour les espèces ; code PIN, attente du réseau et ticket pour la CB), le cashless permet de servir 6 à 10 supporters à la minute. Le système permet en sus d’embarquer des données sur les clients, fans, un des socles pour construire ensuite des relations de long terme puisque ces data restent la propriété du club, du stade.
Nous équipons aujourd’hui une vingtaine de stades en France et en Belgique et sommes la solution leader. Au niveau mondial, toutes les nouvelles enceintes qui sont construites ou reconstruites sont cashless à l’image du Mercedes-Benz Stadium, des Falcons d’Atlanta en NFL ou de celui de Tottenham-Hotspur à Londres, le vice-champion d’Europe.

Mais les campings et les plages s’emparent aussi de vos bracelets, pourquoi ?
Pour l’hôtellerie de plein air, car on est loin désormais du Camping des Flots Bleus, la fluidité et la rapidité des parcours et de la consommation sur place sont également importants mais l’enjeu majeur consiste à proposer au vacancier un moyen de paiement adapté à son mode de vie : en maillot, dans l’eau, sans contraintes, sans avoir à penser une fois dans l’année à se serrer la ceinture, etc. Le bracelet, c’est le moyen de paiement des vacances, une réédition du collier bar qui aurait embarqué la technologie et offrant cette possibilité de déconnection attendue. Le secteur de l’hôtellerie de plein air est beaucoup plus innovant et technologique que certains ne le pensent d’autant qu’il est dynamisé par des opérations de regroupement.

Le bracelet cashless de La Baule – © DR

 

La sécurité, à savoir la possibilité de ne pas avoir de cash est-elle le vrai argument ou est-ce l’incitation à la dépense, que certains critiquent, qui est la raison pour laquelle les opérateurs de plage privée, tels Veolia à la Baule, se saisissent du cashless ?
La sécurité de ne pas avoir à manipuler d’espèces apporte de nombreux avantages aux commerçants sur place et à l’opérateur qui les gère : une solution cashless permet de centraliser en un seul point les espèces, d’éviter de faire des fonds de caisse, les problèmes de perte ou de vol d’espèces, les longs comptages source d’erreurs. Pour le vacancier, le bénéfice est de pouvoir se baigner sans surveiller ses affaires. Le bracelet cashless contrairement aux billets est waterproof.
Parallèlement, le bracelet sert également à fluidifier les dépenses et donc à générer plus de revenus sur place. Mais l’idée n’est pas d’induire en erreur le vacancier avec des conditions farfelues comme le font certains festivals (2,70 € = 1 perle et 1 demi = 3 perles). Dans notre vision de ce métier, le vacancier ou fan doit pouvoir suivre ses consommations en direct, recharger de l’argent si besoin via un paiement carte bancaire sur son appli, et se faire rembourser, simplement.

Un tournoi tel que Roland Garros n’a pas encore franchi le pas apparemment de l’équipement avec ce type de bracelet ?
Nous discutons avec la FFT et ne désespérons pas de les convaincre un jour car le public, j’en suis sûr apprécierait : lorsque des matchs sont annulés pour cause de mauvais temps ou que des cours sont inversés, l’organisateur de Roland Garros pourrait en un clic offrir 10 crédits de dédommagement.

La saison des festivals s’ouvre mais c’est pourtant une industrie dont vous vous êtes un peu éloignés…
Après avoir équipé le premier festival d’Europe 100% cashless en 2012, nous avons évangélisé le marché jusqu’à équiper le Hellfest, l’un des plus gros festivals du monde en termes de volume de consommation sur place (300 à 400 000 hectolitres de bières). Ensuite la concurrence s’est accrue. Et nous avons vu arriver les contrats subventionnés, la course au devis plus bas, le manque de rigueur réglementaire. Ceci nous a incité à délaisser le marché des très gros festivals. Nous avons conçu en 2016 une offre pour les événements à taille humaine MyBeeBox et qui fonctionne très bien. Nous équipons cette année 300 événements en Europe.

Par Manuel Jacquinet

 

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