From that point, the phone didn’t stop ringing. (Raphael Ravenscroft, le saxophoniste sur Baker Street)

Le 22 août 2020 par Magazine En-Contact

Nils Lofgren sort le 1er septembre un double album live : Weathered. Mais alors… cette rentrée, elle s’annonce bien ?

On a appris une très grande nouvelle : le guitariste -incroyable- qui a accompagné Neil Young, Bruce Springsteen, a commis des titres aussi forts et mémorables que It’s not a crime* ou Night Fades away sort un album live sur lequel, accompagné entre autres de Cindy Mizelle (choeurs), d’Andy Newmark (batterie), etc., Nils revisite des morceaux de sa longue carrière et de nouveaux, pour certains co-écrits avec Lou Reed.

Une rentrée qui s’annonce bien

11 août, Neil Young s’engage : Goodbye Facebook and Google login.
Le mois d’août nous avait déjà réservé une première surprise, qui n’en est pas vraiment une pour qui connait Neil Young. Le 11 du mois, par e-mail, les personnes et fans qui sont inscrits sur le site Neil Young Archives (un site sur lequel le rocker a décidé de mettre en ligne gratuitement les archives de sa longue carrière) ont été informés que le site en question disait au revoir à Facebook et aux logins Google. Indiquant dans un courrier que la plateforme Facebook n’est pas suffisamment active à ses yeux pour favoriser une circulation de l’information respectueuse de la vérité, NYA indique qu’elle is about to begin the process of eliminating Facebook and Google logins from our website. Si les griefs vis à vis de Google ne sont pas clairement mentionnés, le libellé de ce qui est reproché à Facebook est explicite : FB allows untruth and lies in its political ads to circulate on the platform, while bots sow discord among users.

Les pires moments..ont leur face B.

Du solo de saxo qui enlumine Baker Street (Gerry Rafferty) à Layla (Eric Clapton), l’histoire du rock et de la pop est émaillée de tragédies, histoires tristes mais également de ces twists qui démontrent que rien n’est jamais perdu ou tout noir. Il est bon et utile, en cette rentrée 2020, de se le rappeler et d’en choisir quelques-unes, à se ramener à la mémoire.

La partie et le solo de saxophone de huit mesures évoqués ci-dessus firent connaitre et découvrir Raphael Ravenscroft, le jeune musicien de studio qui joua sur ce hit de l’année 1978. Il fût payé 27 livres pour la session mais son tarif d’intervention grimpa ensuite directement à… 5000 livres. Raphael a ainsi accompagné plus tard Marvin Gaye, Kim Carnes, Pink Floyd ou Daft Punk. From that point, the phone didn’t stop ringing, comme il le racontait au micro de la BBC en 2010. En 1972, Neil Young congédia Danny Whitten, le guitariste du Crazy Horse, en raison de son addiction à la drogue. Le jour de ce licenciement, Danny Whitten à qui Neil Young avait payé son billet de retour pour Los Angeles mourut d’une overdose. Mais Le Loner lui a ensuite dédié Tonight’s the Night. Eric Clapton a été longtemps amoureux de la femme de son pote Georges Harrison, Pattie Boyd, avant de l’épouser. Un truc pas recommandé entre vrais amis, un dilemme certainement complexe à gérer. Mais ceci lui inspira le morceau Layla.

On attend donc le 1er septembre, date de la sortie en France de ce double album de Nils Lofgren, confiant, impatient et lucide. Confiant : dans le long tunnel de télétravail et de home-work qui se profile pour beaucoup, une lueur vivace est apparue : l’écoute de ce nouveau disque. Impatient, comme pouvait l’être un lycéen des années 80 lorsqu’il était certain d’avoir accumulé les 29 francs lui permettant d’acquérir par exemple Some Girls (Rolling Stones) ou London Calling (The Clash).

Et qui songeait, en pleine consultation du Gaffiot (volumineux dictionnaire très utile pour les versions latines), qu’il prendrait peut-être le temps de faire quelques écoutes, avant cet achat à la Fnac Wagram, à celle des Halles ou chez Nuggets (réseau de magasins de disque disparu en 2011). On ne parlait pas encore d’expérience client mais dans quelques magasins de disques, on avait la bonne idée- et les marges nécessaires (ou les convictions ?) de permettre l’écoute de 33 tours sélectionnés qu’un vendeur plaçait sur des platines réservées. L’issue de l’écoute pouvait renverser la décision initiale ou la conforter (je vais prendre le Clash et Thierry me passera les Stones); permettre de saisir le concept de choix cornélien. Mais également accélérer la prévision d’une prochaine visite au magasin (une seule écoute de One Bad Habit de Michael Franks vous convertissait en fan absolu ; il convenait donc de ré-économiser ou gagner 29 francs). Le talent et la beauté réunis sont tout de même la clé du repeat business, bien avant la carte de fidélité, si l’on a la chance de vivre à la bonne époque.

Lucide: certes, les meilleurs batteurs de l’histoire finissent parfois en prison (voir plus bas) mais ils en sortent un jour et parallèlement d’autres les remplacent, qui sont également talentueux. Les très grands studios* d’enregistrement, songwriters, saxophonistes disparaissent un jour (*tels ceux, résidentiels, de Chipping Norton, près d’Oxford, où fut enregistré City to City, l’album de Gerry Rafferty). Mais il nous reste les disques qui y furent enregistrés, les plaques sur les immeubles, qui en rappellent l’existence passée. Et Nils qui continue, pour notre plus grand bonheur, à tourner et créer, à presque 70 ans ! De la musique avant toute chose sera le mot d’ordre de la rentrée. Comme les poètes ont raison, parfois !

Par Manuel Jacquinet

Jim Gordon dans ses années les plus fastes…

NB : Il parait qu’au chevet de l’enseigne Bio C’Bon, mal en point, se pressent de nombreux prétendants : Carrefour, La Vie Claire, la famille Zouari (Picard). Petit message au directeur des opérations de celui qui emportera la bataille : le design sonore peut contribuer à ce que nous demeurions plus longtemps dans les boutiques. Peut-on imaginer de passer plus souvent Nils Lofgren ou Like a Hurricane (Neil Young) en musique d’ambiance ?

*sorti en 1976, le titre figure sur l’album Cry Tough. Night Fades Away sur l’album du même nom, en 1981.
Gerry Rafferty est décédé en 2011. Raphael Ravenscroft en 2014. Les studios de Chipping Norton ont cessé leur activité en 1999.

Jim Gordon, le batteur mythique de Derek and the Dominos et de tant d’autres musiciens (Nils Lofgren) a été reconnu schizophrène. Il a passé 36 ans dans une prison californienne après avoir été condamné pour l’assassinat de sa maman en 1983. On peut réécouter ce qu’il produisait avec ce qui suit…

 

 

Par la rédaction d’En-Contact


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Commentaires

2 réponses à “From that point, the phone didn’t stop ringing. (Raphael Ravenscroft, le saxophoniste sur Baker Street)”

  1. Je peu vous dire que Jim Gordon n est plus en prison c est vrai..! mais ne pas etre en prison dans le cas de Jim ne veux pas dire etre remis en liberté.. Jim vieilli dans un centre de soins pour chizophrène.. car son état ne s est jamais améliorer.. les droits qu il perçoit lui permettre d etre mieux lotti que ces congénères… depuis 1983 peu de choses nouvelles …

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