« Moi, dirigeant de centres d’appels »

Le 19 juin 2012 par Magazine En-Contact

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Quand Arnaud Montebourg s’entraîne à chanter Pink – Don’t leave me 

En télévente, l’une des clés du succès, c’est de tirer plus vite que son ombre … et de contrer les objections. Cette leçon, pas de doute, nos deux « Top Guns » qui représentent les professionnels des centres d’appels au Maroc et en Tunisie, j’ai nommé Youssef Chraibi (Outsourcia) et Alain Guettaf (Pro2C) l’ont bien intégrée. Ils n’ont donc pas tardé à réagir aux propositions d’Arnaud Montebourg, et il faudra à celui-ci tout son talent d’avocat pour convaincre les dirigeants de la filière, des entrepreneurs qui savent compter, qu’il est préférable d’installer leurs centres en France, plutôt qu’au Maroc ou en Tunisie. La France, un pays où l’on ne peut pas travailler sans que l’inspection du travail vienne vous demander s’il y a des chaussons de travail pour équiper vos téléconseillers (c’est véridique) et s’il n’est pas trop stressant de demander à des commerciaux … d’atteindre des objectifs. Bien sûr, beaucoup de chefs d’entreprise ou de donneurs d’ordres aiment au Maroc et en Tunisie, ainsi qu’à l’île Maurice les coûts salariaux moins élevés qu’en France, mais pas seulement. Ce qu’on aime quand on est entrepreneur, c’est la liberté d’entreprendre.

Pour paraphraser un discours qui sera un jour célèbre : « Moi, chef d’entreprise, j’ai envie qu’on me laisse faire mon travail et qu’on m’explique les règles sans les changer tous les jours. Moi, chef d’entreprise, je sais qu’il faudra payer ses salariés, ses fournisseurs, ses actionnaires et donc, que la marge brute, c’est important.  Moi, dirigeant de centre d’appels, je réponds et je répondrai à des appels d’offres où il faut être le moins disant mais performant. Moi dirigeant de centre d’appels, je sais faire la différence entre 14 euros et 28 euros (les coûts de production au Maroc et en France pour une heure de télévente). Moi, dirigeant de centres d’appels, je me rappelle que deux ministres, déjà, nous ont convoqués dans de beaux bureaux pour de grandes conférences  … qui ne servirent en réalité qu’à figurer le lendemain à la une des journaux. Moi, dirigeant de centres d’appels, je m’installe et m’installerai où sont les talents ; mon obsession quotidienne ce sera même de les trouver, de les deviner, de les pressentir, de les former … Et je sais désormais que le monde est ouvert … !

PS. J’ai ressorti de ma boîte d’archive le billet d’humeur publié en 2004 dans les Echos, « Les délocalisations, bonne nouvelle ». A l’époque, c’est Francis Cabrel qu’on entendait en radio. Mr. Le ministre, si les centres d’appels vous manquent, chantez avec moi « Don’t leave me » de Pink. Avec un peu d’entraînement, et un bon karaoké … ça va le faire.

 

Billet d’humeur / Manuel Jacquinet, rédacteur en chef 

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Commentaires

Une réponse à “« Moi, dirigeant de centres d’appels »”

  1. la musique adoucit les moeurs et les billets d’humeur nous reveillent.dirigeants des centres d’appels de tous les pays ,unissez vous!

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