Interactions Digitales, le «magazine» qui réinvente le personnage de Picsou ! (dans la relation client)

Le 8 février 2017 par Magazine En-Contact

J’ai longtemps adoré Pif Gadget et ses pois sauteurs et autres gadgets débiles, et aussi les histoires de Rahan avec son couteau à la fin de l’épisode qui l’emmène vers de nouvelles aventures. Celle que nous relate et commente un acteur bien connu de la relation client, est moins drôle : Picsou opère désormais dans la relation client, il fait dans l’interaction digitale.
(ou comment avec deux bouts de rédacteurs qui reprennent les contenus des autres, on fait croire à un nouveau média)
La post-truth, va falloir s’en occuper : il y a deux mois, on apprenait que Aircall était la deuxième meilleure solution pour équiper un centre d’appels, identifiée par une filiale du Gartner Group. Bientôt, on va nous faire croire que les chatbots vont payer nos impôts à notre place, dans le cloud.

Aie caramba.

Holden Caufield

Ci-après, la tribune de Frédéric Durand, CEO de Diabolocom, du 8 février sur ce sujet.


Interactions Digitales ou les pratiques douteuses d’un pseudo nouveau média

Appropriation de contenu et plagiat … Le site Interactions Digitales s’est construit à bon compte une visibilité qu’il utilise aujourd’hui pour démarcher les acteurs du secteur de la Relation en qualité de « partenaire » du Guide Objectif Clients qui sera distribué lors du prochain salon Stratégie Client.

Tout le monde s’est réjoui en 2016 de voir apparaître dans le paysage de la Relation Client un nouveau média en ligne : Interactions Digitales, se présentant comme « le magazine des interactions clients de demain ». Pour se lancer, Interactions Digitales a proposé à tous les acteurs du secteur de répondre par écrit à une interview se résumant à cinq questions pour le moins bateau. Beaucoup ont joué le jeu et ont vu leur texte publié tel quel par Interactions Digitales, sans le moindre travail éditorial, avec en signature la mention « interview réalisée par Romaine Klein ». Discutable d’un point de vue journalistique, le procédé l’est d’autant plus que cette personne est présentée sur le site même comme « Journaliste nouveaux médias et relation client ».

S’étant ainsi constitué un petit fonds d’interviews de dirigeants d’entreprises – sans en avoir rencontré aucun, sans avoir écrit une ligne, ni même avoir corrigé les éventuelles fautes d’orthographe des textes transmis – Interactions Digitales est rapidement apparu comme un média crédible. Toujours soucieuses de trouver de nouveaux débouchés pour les communications de leurs clients, les agences de Relation Presse n’ont pas manqué d’inclure ce nouveau média dans leurs listes de diffusion. C’est à partir de là que les choses se gâtent…

Appropriation de contenu

Les tribunes et articles produits par les marques sont en effet très volontiers publiés par la rédaction d’Interactions Digitales, et pour cause : ces contenus produits par des tiers constituent l’essentiel des publications du site. Mais au lieu d’être publiés sous le nom de leur signataire légitime, ils sont tous par défaut signés par… Romaine Klein ! Nous en avons fait l’expérience en septembre 2016 en découvrant que Romaine Klein s’était purement et simplement attribué la rédaction d’un article publié le 24 mai 2016 sur le blog de ma société, Diabolocom. A ma demande expresse, l’article m’a été réattribué, avec une promptitude qui pouvait laisser croire à une erreur. Brendan Natral d’Easiware n’a pas eu autant de chance concernant son interview publiée en octobre 2016 par Interactions Digitales : ayant demandé que le nom de Romaine Klein soit remplacé par celui de la personne de sa propre équipe qui avait recueilli ses propos et rédigé l’interview, il s’est heurté à une fin de non recevoir :

Plagiat pur et simple !

Le hasard veut qu’au cours d’une recherche Google le 3 février 2017, nous ayons découvert sur le site d’Interactions Digitales un article intitulé Maitriser ses émotions pour être un excellent conseiller client. Dès les premiers mots, nous identifions des reprises à peine des déguisées d’un article publié sur notre blog il y a quelques mois. Cet article, signé par Romaine Klein, est indiscutablement un plagiat de notre billet : il en suit pas à pas la construction et reprend littéralement certaines phrases et expressions très reconnaissables.

 

J’ai personnellement signalé le fait à Romaine Klein. Voici sa réponse, qui laisse entendre qu’elle nous fait la faveur de publier nos contenus.

En guise de correction, Romaine Klein s’est contentée de remplacer sa signature par la mention « Tribune de Frédéric Durand CEO de Diabolocom ». Sauf que, jugeant que le plagiat était fort mal écrit et qu’il trahissait le propos d’origine, sans parler des fautes d’orthographe grossières, j’ai refusé que la paternité m’en soit attribuée.

J’ai demandé à Romaine Klein la dépublication de tous les textes fournis ou « inspirés » par Diabolocom. La dépublication est effective, vous ne trouverez donc pas en ligne ce qui figure dans les captures d’écran ci-dessous :

16h34, le 3 février 2017 : le plagiat est signé Romaine Klein

 A 10h53, le 6 février 2017, le plagiat m’est attribué !

Et pour finir, démarchage publicitaire…

Pendant que nous réglions cette affaire de plagiat, j’ai reçu, comme sans doute la plupart des entreprises en contact avec Interactions Digitales, un e-mail m’invitant « découvrir » le guide Objectif Clients qui sera distribué en avril 2017 sur les salons Stratégie Client et e-Marketing. En d’autres termes, on me propose de devenir annonceur dans ledit guide, publié par WEYOU (ex Tarsus) qui est l’organisateur des deux salons.

Interactions Digitales se présente comme « partenaire » de ce guide, mais – sauf erreur ou oubli de l’organisateur – n’apparaît pas parmi les partenaires officiels présentés sur cette page Pas plus dans la catégorie Partenaires Presse/Média que dans la catégorie Partenaire Web… Surprenant ! Je recommande à ceux qui souhaiteraient annoncer dans le Guide Objectif Clients 2017 de s’adresser plutôt à l’organisateur du salon qu’à Interactions Digitales…

Pourquoi je dénonce ces pratiques ?

Je pense que nous sommes nombreux à avoir permis à Interactions Digitales d’émerger à très bon compte dans le paysage médiatique de notre secteur d’activité. Nous avons simplement été utilisés, manipulés par de pseudo journalistes qui enrichissent leurs références professionnelles d’articles qu’ils n’ont pas écrits ou que nous avons « inspirés » sans qu’ils jugent nécessaire de citer leurs sources. Faut-il leur rappeler que le plagiat, le détournement de propos et l’appropriation de contenu sont contraires à l’éthique journalistique ? Ce sont aussi des délits.
J’invite tous ceux qui ont fourni des textes à cette publication à vérifier 1/ que ces derniers ont bien été publiés sous leur nom, 2/ qu’aucune des publications du site n’est un plagiat de leur(s) propre(s) texte(s) signé(s) par un « journaliste » de la rédaction, 3/ que ce « média » ne figure plus dans les listes de diffusion de leur service ou agence de Relation Presse.
Nous avons besoin de vrais médias professionnels et de vrais journalistes travaillant sérieusement sur les sujets liés à la Relation Client. Interactions Digitales prouve par la répétition de ses pratiques douteuses qu’il n’en fait pas partie.

Par Frédéric Durand, CEO de Diabolocom


Edit du 10 février 2017

Picsou est furieux qu’on le prenne la main dans le pot de confiture ?

Depuis notre article, le « magazine  » de référence Interactions Digitales a :
• transformé sa journaliste en rédactrice web (quelle est la différence ? Dans la cour de récré, quand on pique le sac de billes du voisin, on assume)
• essayé de transformer un chef d’entreprise rigoureux (Frédéric Durand de Diabolocom) en grincheux… au moyen d’une tribune uniquement accessible par accès réservé.

On a connu Nicolas Goldstein plus inspiré et vécu des interactions littéraires et journalistiques plus sérieuses.

La rédaction d’En-Contact

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