Inès Bonnafont, Talent Scouting chez Diabolocom

Le 12 octobre 2020 par Magazine En-Contact

Ils continuent de recruter, durant la Covid-19. Qui, pourquoi, comment ? Évaluer, recruter, fidéliser, monter en compétences, rassurer, le grand chantier du Talent Scouting.

En boutiques, dans les maisons de haute couture, au développement dans les start-up, au service  Customer Success, partout si vous écoutez les chefs d’entreprise, on cherche des talents. Dénicher ceux-ci, les conserver, en bonne santé désormais, est devenu une obsession. Un vrai métier, une quête mondiale dans certaines fonctions comme celles du développement informatique, back et front-end voire de la comptabilité. Et dans certaines entreprises, cette quête ne s’est pas interrompue depuis la crise de la Covid-19, bien au contraire. En-Contact est parti à la rencontre de 3 femmes qui consacrent, pour des raisons diverses, leur quotidien à cette mission incroyablement impliquante et complexe : « doter » l’entreprise des bonnes personnes. Elles en ont redéfini un peu la pratique, distanciation oblige et nous expliquent pourquoi. Episode 1, avec Inès.

Inès Bonnafont – © Edouard Jacquinet

En-Contact : Inès, vous n’êtes ni dans la mode ni dans les souliers ?
Inès Bonnafont : Non, en effet.

Mais le libellé de votre poste, par contre semble un peu compliqué : tous ces mots anglais… (sourires)
Ce n’est pas pour impressionner mais parce que l’entreprise qui m’emploie se développe dans différents pays et qu’il est donc plus simple de fixer tout de suite les référentiels : l’anglais est donc la langue commune pour les salariés des différents pays où Diabolocom est installé : nous disposons de bureaux à Londres, Madrid, Berlin et Milan, en sus de Paris.

Que cache et signifie ce long intitulé de poste : Talent Acquisition & Employer Branding Manager ?
En clair et en français, je suis en charge de trouver les futurs collaborateurs, dans une entreprise qui en recrute beaucoup en ce moment, parce qu’elle se développe. Et qui a poursuivi ses recrutements, y compris durant le confinement. De les sélectionner correctement, de participer à leur bonne et juste intégration, avec leurs managers directs et de proposer tout ce qui peut aider à l’objectif principal : doter l’entreprise des bonnes personnes, et donner à celles-ci l’envie de rester, sans verser dans la surenchère.

Quelle surenchère ?
Celle, souvent médiatisée, qui combine gadgets motivationnels, séminaires de team building et autres concepts qui mixent repas bio à la cantine et tee-shirts comme uniforme pour faire croire qu’on est cools. (Sourires)

Rassurez-moi, il y a quand même des Cacolac en libre-service dans la salle de pause ?
Ce n’est pas ou plus désormais avec ce type d’approche ou d’arguments que l’on recrute des candidats. Nous étions déjà très attachés aux valeurs humaines, à ce qu’existe une adéquation entre ce que l’entreprise incarne et ce que recherchent les candidats. Mais je perçois depuis le confinement et cette crise de la Covid-19, chez quantité de profils qui nous rejoignent ou répondent aux annonces, une quête accrue de sens. Le confinement a forcé quantité d’entre nous à revisiter notre quotidien, notre mode de vie, dans lequel le travail représente une large part. La scale -up installée à l’international qu’est Diabolocom, se voit d’un coup parée de nouveaux atouts aux yeux de ces personnes désireuses d’évoluer professionnellement : parce qu’on y perçoit le sens final de son travail, qu’on va avoir l’opportunité d’agir sur les choses et que les interactions avec les collègues y sont simples et fréquentes.

Vous êtes diplômée en communication, à la Sorbonne et avez exercé au préalable comme attachée de presse. Comment avez-vous appris et évolué vers le métier que vous pratiquez aujourd’hui ?
J’ai découvert la fonction sur le tas et tenté de réaliser des choses logiques pour y connaître le succès, ou plutôt le minimum d’échecs (sourires ). Le fait même que le fondateur de l’entreprise ait retenu et sélectionné un profil comme le mien, a priori sans expérience réelle à ce poste, est un vrai signe de ce qu’est l’entreprise. Frédéric Durand est attaché à ce que l’équipe intègre des collaborateurs motivés, en capacité d’apprendre en permanence et susceptibles de réinventer leur fonction. Lorsque je suis arrivée en 2018, je ne connaissais pas grand-chose au secteur et aux métiers qui sont nécessaires dans une entreprise de télécom et qui conçoit des logiciels de relation et d’engagement client. Alors j’ai fait des Vis ma vie dans différents services, afin de comprendre ce qui s’y passe et le quotidien des postes. C’est très instructif et je continue de le faire. Le faire dans tous les services permet en sus d’avoir une vision à 360 degrés des choses et du fonctionnement global de l’entreprise. J’ai d’ailleurs suivi quelques cours de programmation avec les ingénieurs, sur du front-end et du back -end.

Un membre de l’équipe technique – © Edouard Jacquinet

Comment votre journée est-elle organisée ?
Je ne vais pas vous révéler tous mes secrets mais disons qu’elle est complètement calée sur les impératifs liés au recrutement, certainement la partie la plus complexe et chronophage. Dès 8h30, je suis au téléphone afin de pouvoir mener des entretiens par téléphone avec des candidats, au moment où ils sont disponibles. Une grande partie de mon premier sentiment, de mes intuitions sur un candidat, est fondée sur ce type d’entretien qui peut durer jusqu’à 45 minutes et est structuré de telle façon à ce que la personne se dévoile. Qui est-elle, quelles sont ses vraies motivations, par quoi est-elle intéressée ? Je poursuis ce type d’entretien à l’heure du repas, parce que c’est encore dans ce créneau que les personnes à toucher sont disponibles. L’étape suivante sera constituée par les tests informatique, métiers, qu’ils effectueront avec nos responsables afin d’évaluer leur niveau réel technique. Nous sommes très vigilants sur ce point. Le reste de ma journée est en général consacré à vérifier que les annonces sur les job-boards et sur Linkedin et sur d’autres médias sont bien en ligne, à jour ; à les actualiser, à répondre aux premiers mails. L’intervalle entre l’envoi d’un CV ou d’une candidature doit idéalement être le plus court possible.

Procède-t-on de la même façon pour les profils commerciaux, une autre population délicate et en tension, comme on dit ?
Il existe quelques petits secrets, comme celui de la période de « chasse ». A certains moments de l’année, les commerciaux ont ou n’ont pas perçu leur bonus : leur taux d’atteinte de leurs objectifs est mesuré à une échéance précise. C’est à ce moment-là qu’ils se mettent à lever la tête, à être ouverts à des propositions car ils se disent tout d’un coup qu’ailleurs, peut-être.. leur talent sera mieux reconnu. La période de chasse adéquate varie selon les postes. Et j’ai mon petit algorithme maison.

Mais vous êtes redoutable et ce job me semble passionnant ! Il faut donc également avoir étudié la biologie et l’éthologie ?
Il faut s’intéresser à tout, aller prendre le pouls dans les équipes, apprendre des langues étrangères, d’Europe de l’Est, par exemple.

Vous recrutez là-bas également ?
Non seulement nous recrutons des développeurs là-bas mais nous nous occupons des soucis et questions de visas, afin que les ingénieurs puissent venir s’installer ici et travailler en toute légalité.

L’expérience collaborateurs est la suite logique de ceci ?
En effet : la population des commerciaux et des codeurs, des spécialistes qui maîtrisent idéalement les télécoms et l’informatique, sont des populations complexes à identifier et on ne peut faire aucune concession sur leur niveau et leur entraînement ensuite. Alors je m’occupe en effet beaucoup de ce sujet et de sa suite logique : l’expérience collaborateurs.
Il faut imaginer, organiser les séminaires de team building, les évènements internes, tout ce qui est utile et efficace pour que les collaborateurs, plutôt jeunes, se sentent bien, aient envie de rester et de travailler.

Quel est le plus gros inconvénient attaché à votre fonction ?
Il n’y en a pas ! Ah si… Je descends déjeuner tard à la cafétéria (sourires). Pour les raisons que j’évoquais plus haut. Du coup, je ne peux pas profiter de ce moment pour échanger avec les équipes. Alors je dois trouver d’autres pistes. Imaginer de nouvelles solutions pour remplir sa mission et les objectifs qui y sont associés est une tâche qui ne s’arrête jamais.

Comment le top 14 s’adapte en période de covid ?

Flex office, Cloud, Recrutement, comment le Top 14 du service et de l’expérience client s’adapte-t-il à la période ?

Diabolocom est l’un des 14 prestataires champions de l’expérience client (Voir la liste complète sur en-contact.com, publiée jeudi 15 octobre ) A chacun d’eux, nous avons demandé ce qu’ils avaient appris des mois et ce qu’ils comptaient mettre en place cette année, pour les « quarante glorieuses » qui s’annoncent. Également ce qui les avait surpris durant le confinement. 1er d’entre eux, le triathlonien du secteur, qui n’est pas le seul : Frédéric Durand, fondateur de Diabolocom.

Frédéric Durand – © Edouard Jacquinet

En-Contact : Au sein de votre entreprise, sur quoi porte votre vigilance pour assurer un bon niveau de service à vos clients ?
Frédéric Durand : Au-delà du caractère exigeant des plateformes de service temps réel que nous opérons pour nos clients – et pour lequel notre double culture télécom et logiciel est une réelle force -, nous démontrons une proximité client de tous les instants avec agilité et approche conseil pour les accompagner avec succès dans leur transformation digitale.

Lorsque vous recrutez un collaborateur, son orientation service, sa capacité à entretenir ou nouer des relations font-ils partie de vos pré-requis pour les candidats, (tout type de poste confondus). Si oui, comment les évaluez-vous ?
Customer first, telle pourrait effectivement être notre devise tant nous sommes conscients que nous existons pour et grâce à nos clients ! Le sens du service est effectivement un trait de caractère qui nous importe beaucoup même si nous portons également une attention forte aux qualités d’esprit d’équipe, d’apprentissage permanent, de dépassement de soi et d’intelligence relationnelle. Nous n’utilisons pas de tests spécifiques de personnalité, mais nous évaluons par contre les compétences techniques.

Qu’avez-vous, qu’allez-vous mettre en place de nouveau, en raison de la Covid-19, au sein de votre entreprise : signature électronique des contrats, flex-office, révision des budgets d’investissements ?
Dès notre création en 2005, Diabolocom était déjà 100% cloud avec une infrastructure complètement scalable. La possibilité de travailler de n’importe où et manière sécurisée est de fait dans notre ADN, ce qui nous a permis de maintenir une activité normale tout en accompagnant nos clients dans une reconfiguration de leur organisation en mode télétravail et en supportant sans difficultés les pics de charge de certains clients, dont l’activité a été décuplée lors du confinement. Cette crise que nous avons vécue va toutefois nous inciter à étendre le télétravail de manière raisonnable au sein de nos équipes, avec des règles permettant de préserver les rencontres entre équipes qui sont clefs pour la créativité et la culture d’entreprise.

Surgelés Picard, Fnac, Orange ou Bouygues Télécom, Mobalpa, Maif, votre banquier personnel ou votre boulanger. Qui, quel commerçant opérant en face à face vous a impressionné en matière de service client récemment ?
J’ai commandé dernièrement une nouvelle machine à laver chez Darty et j’ai été très satisfait de leur information préalable du créneau horaire de livraison, avec notamment un message la veille pour affiner la plage horaire – et surtout de son respect. Ça vous sauve votre samedi matin et je reste du coup un client promoteur !

Parmi les prestataires B to B ou B to C opérant à distance exclusivement, qui vous a positivement surpris ?
Quelques jours avant l’annonce du confinement, je me suis retrouvé avec un problème sur le câble fibre optique de ma connexion Internet. J’ai laissé ce sujet de côté quelques jours… de trop. Avec l’instauration du confinement, je me voyais déjà contrait de jongler entre différents téléphones mobiles pour disposer d’un accès Internet pendant toute la durée du confinement. Un jour, je me décide néanmoins à appeler mon FAI, Free, sans grand espoir étant donné les restrictions de circulation. Et là, heureuse nouvelle, une intervention technique – respectant toutes les règles de sécurité – m’est proposée le lendemain même et le service est rétabli. Un bel exemple de service client irréprochable !

Par Manuel Jacquinet

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