Epuisée. L’autobiographie de Loana aussi recherchée qu’un litre de gas-oil.
Quelle est la valeur d’une vie, d’un livre épuisé, d’une crème revitalisante chez L’Oréal, d’un billet de concert pour aller voir Céline Dion ? La crème revitalisante de chez Lancôme, vendue 125 euros, ne comprendrait que 78 centimes de produits actifs. Loana, devenue célèbre, s’était vu offrir un bon d’achat de 5000 francs chez Marionnaud. La valeur de son autobiographie a bondi récemment.
Après leur décès, la vie de certains semble s’apprécier ou mériter qu’on s’y arrête. « Elle m’appelait Miette », le livre de confessions que Loana Petrucciani publia en 2001, chez Pauvert, et pour lequel Jean-François Kervean a tenu la plume, est très recherché depuis quelques jours, chez les libraires d’occasion. Sur Vinted, un possesseur en demande 7000 euros.


Le livre épuisé, d’un inconnu, ne vaut rien, sauf à ce que son auteur fasse la une de l’actualité, un jour. Les exigences d’un auteur, comme celle qu’on ne publie pas leur journal ou un livre inachevé, n’engagent pas leurs ayant droit ou éditeur, souvent comme on l’a vu avec les derniers livres publiés de Françoise Sagan ou de Julien Green.
La vie d’un passager africain d’une compagnie aérienne vaut moins que celle d’un passager de nationalité américaine, lorsqu’un crash survient. Le sujet intéresse les actuaires et les spécialistes de l’indemnisation, lors des catastrophes aériennes. Selon que vous êtes de nationalité américaine, norvégienne ou malien, les compagnies n’indemnisent pas de la même façon les familles endeuillées.
La Peste a bénéficié d’un regain d’intérêt durant la Covid, tout comme le Comte de Monte Cristo, après le film où Pierre Niney tient le rôle-titre.
Le grand public a besoin parfois d’un coup de projecteur pour s’intéresser à une œuvre.
Hier, grâce à Cash Investigation, on a découvert le prix de revient estimé d’une crème revitalisante chez Lancôme, l’Oréal avec son best-seller et la difficulté à faire tester l’efficacité réelle des crèmes du géant mondial. L’émission était très instructive, notamment également sur la capacité du PDG de la multinationale, Nicolas Hiéronimus, à répondre aux questions des journalistes.
Elle m’appelait…Miette, extraits
L'argent ne fait pas le bonheur - pages 222-223
Maintenant, j’ai des fiscalistes. Moi qui faisais les papiers administratifs pour ma mère, j’ai engagé des professionnels de la comptabilité. D’emblée, ils m’ont prévenue : « Loana, sur le million et demi que vous avez gagné, il vous restera 800 000 francs après impôts. » et toc. Je comprends les riches, qui se plaignent des taxes sur le revenu. On croit qu’on gagne tant et, en fait, on touche la moitié. Et 800 000 francs, pour un bien immobilier à Paris, il paraît que ce n’est pas grand-chose. Mais je ne me plains pas. Je suis fière de payer, pour la première fois, des impôts. Avant, soit je ne gagnais rien, soit c’était de l’argent de la main à la main, dans les boîtes de nuit. Voilà encore un changement : je suis devenue un citoyen (lourdement) imposable. Financièrement parlant, Loana n’est plus une jeune femme, c’est une entreprise.
On dit que l’argent ne fait pas le bonheur, et c’est vrai. À Saint-Tropez, j’ai vu des riches qui n’appréciaient plus rien. Ils tournent sur eux-mêmes. Mais j’ai tant manqué d’argent que je connais l’effet dévastateur du stress, de la tristesse, des soucis : le manque d’argent, c’est le malheur.
Jeune couple, on a beau s’aimer d’un amour très fort, sans limite, sans borne, si on reste sans argent, si on ne peut pas s’en sortir, si on ne peut même pas s’offrir une bricole pour un anniversaire, eh bien, on n’y arrive pas. On finit par se le reprocher, se disputer. Je le sais, je l’ai vécu avec Julien, mon plus grand amour.
J'ai gagné un bon d'achat de 5000 francs chez Marionnaud - page 225
En sortant du jeu, j’ai gagné un bon d’achat de 5000 francs chez Marionnaud, les grandes parfumeries. J’étais ravie, je connaissais un peu tous ces produits de luxe. Mais d’habitude, ma mère et moi achetons les crèmes, les maquillages, en grande surface. Nous sommes entrées chez le parfumeur avec chacune un petit panier. Je regardais, le choix était si vaste que je n’ai pu rien prendre. C’était trop. Devant une crème neuve, je me disais : « J’ai encore un vieux pot. » À chaque rayon, le frein revenait : « Ça j’en ai encore, ça aussi, il m’en reste un peu, ça, je peux m’en passer. » Je ne mettais quasiment rien dans mon panier. Par contre, à ma mère, je disais : « Prends, prends. » À la fin, je la vois revenir avec un panier débordant de produits. Elle avait même trouvé un shampooing raffiné pour chien. « Mais t’es folle ! » Elle a ri en agitant la main. Nous sommes passées à la caisse, sans un mot. Je n’avais pas déboursé d’argent, le bon a réglé nos achats. Il y en avait pour plus de 4000 francs.
Dans la voiture j’en étais malade. « Maman, tut e rends compte qu’on a acheté pour 4000 francs de produits de beauté ?
-Et alors, ma miette, puisqu’on te les offrait, t’es bête ou quoi ? »
Je me sentais mal à l’aise, je n’avais pas l’habitude. Est-ce qu’un jour j’aurai l’habitude ?
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