« Je viens du pays bamiléké »

Le 10 septembre 2018 par Magazine En-Contact

À Yaoundé, le quotidien de Wilson Sangoun ressemble à tout sauf à une promenade de santé : entre les pluies, parfois torrentielles, qui peuvent sans sommation assommer la ville, les bouchons tout aussi imprévisibles et les margoulins qui peuvent sévir à l’aéroport, tracas et obstacles se dressent nombreux sur sa route. Mais, chaque jour, le chargé d’accueil et des visiteurs internationaux s’efforce de trouver sa place dans le trafic, par respect et par la loyauté. Il y a quelques années, son destin a en effet pris un chemin qu’il n’aurait pas imaginé. Il ne l’a pas oublié…

Wilson Sangoun – © Edouard Jacquinet

Il faut qu’ils aient envie de revenir au Cameroun

Ah si seulement son patron avait moins de succès, moins de visiteurs en provenance de France, désireux de venir découvrir les centres d’appels de Vipp Interstis… Wilson aurait une vie agréable : il se contenterait d’aller, une ou deux fois par quinzaine, à l’aéroport de Yaoundé, serait prévenu avec un délai raisonnable et pourrait donc vaquer à d’autres occupations. Tout faux ! Chaque semaine, des VIP de la relation client débarquent des aéronefs qui les ont transportés, au terme de 8 heures de vol de Roissy ou d’ailleurs pour venir voir et entendre les conversations commerciales ou se dérouler les sessions chat que les équipes dédiées mènent pour le compte de grands e-marchands français ou sites collaboratifs. Nombreux à entendre le bouche à oreille favorable et séduits par les prix (eheh) qui sont pratiqués, ces acheteurs viennent, comme Saint-Thomas, se rendre compte. Et c’est là que le commence la mission de Wilson.
« Je dois faire que tout se passe bien, que le parcours visiteur de ces personnes soit fluide et sans encombre afin qu’ils repartent heureux de leur séjour au Cameroun. Ce qu’ils verront et entendront sur les plateaux ne dépend pas de moi ; je me focalise sur les embûches liées au pays, au climat, aux possibles entourloupes qui peuvent survenir à l’aéroport ». Au regard de la croissance que connait l’entreprise, on comprend que ces visites sont nombreuses et qu’au regard de la rupture que représente l’externalisation de son service client ou de sa télévente au Cameroun, elles ne sont pas sans enjeu. « Récemment, j’ai accueilli des petits groupes de 3 ou 4 personnes de grands groupes pétroliers ou de l’énergie mais aussi des télécom et pour lesquels je suis parfois prévenu la veille ». « Oui patron, pas de problème patron », côtoyer Wilson pendant un séjour au Cameroun est l’occasion d’entendre la formule répétée dix fois par jour, sans sourire ni empressement forcés : le chargé d’accueil se souvient d’où il vient et du jour où son chemin a croisé celui de Charles-Emmanuel Berc.

Charles-Emm, c’est dieu sur terre

A 39 ans, Wilson n’a pas toujours conduit une berline ou été un guide un peu spécial. « Je dirigeais un petit cybercafé mais avec le développement des réseaux de téléphone mobile, l’activité déclinait. J’ai alors commencé à travailler avec Isham qui fût le premier directeur du centre d’appels au tout début du projet. Il y avait 20 salariés à l’époque et un autre chauffeur qui travaillait avec Charles. Un jour, ce dernier n’a pas honoré le RDV convenu et c’est moi qui me suis mis à gérer les déplacements du patron. Et tout s’est bien passé. On s’est compris. Plus tard, après avoir simplement pris en charge ses déplacements, il m’a demandé de m’occuper des clients et des visiteurs. Tous comme les téléconseillers, j’ai eu un brief très clair : prendre en charge nos visiteurs et faire tout ce qui est dans mes cordes afin qu’ils quittent notre pays en l’aimant.
Je viens du pays Bamiléké, dans l’ouest camerounais, je n’ai pas fait d’études. Ce que je vois et constate, c’est que grâce à Vipp et au travail effectué par Charles-Emmanuel, une classe moyenne commence à émerger ici, des gens qui peuvent fonder un foyer, une famille. Et nous allons dépasser les 1200 salariés. Avant, ici, tu étais riche ou pauvre ; désormais, il y a une autre option possible pour ceux qui travaillent. Je sais que ça peut faire sourire mais pour moi, Charles-Emm, c’est Dieu sur terre ! Je le tutoie mais c’est mon patron et quelqu’un à qui je dois beaucoup. Mon premier fils s’appelle Berc Mathis ».
Après que ces fondations ont été bien posées, Wilson peut s’atteler à un autre grand projet, personnel : épouser sa compagne, avec laquelle il a déjà deux enfants.
« Se marier chez nous signifie inviter toutes les connaissances, ça fait du monde et il y a tout un protocole. Maintenant, je peux me lancer ! »

Par Manuel Jacquinet

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