En mars 1980, au Studio de Milan

Le 30 mars 2020 par Magazine En-Contact

La basse de Didier Batard pour Le Masque sur le Mur de Gérard Manset.

Jean-Paul Malek et Gérard Manset

De mai 1979 à avril 1980, deux compères enregistrent dans un studio parisien l’Atelier du Crabe, un album de Gérard Manset. La face B du disque comporte un titre dénommé Le Masque sur le Mur. Le studio de Milan, situé à quelques centaines de mètres de Saint-Lazare, rue de Milan, fût, pendant dix ans environ, l’antre de la paire Jean-Paul Malek/Gérard Manset, alors sous contrat avec Pathé Marconi. Ils l’avaient acquis et équipé ensemble pour y être tranquilles et y faire leurs collages de sons, de violons et de guitares.

Didier Batard, bassiste

Le morceau, aux paroles étranges, a été repris sur différents CD édités ensuite par G. Manset. On y entend un des bassistes les plus fabuleux de la scène française des années 70 et ensuite, qui a joué notamment avec Christophe et que ce dernier a comparé à Pino Palladino ou Gail Ann Dorsey : Didier Batard. Des violons également et tant d’autres choses envoutantes comme, on le suppose, ce fameux masque.
J’ai envie de croire que c’est en mars 1980, précisément il y quarante ans, qu’y fût enregistré un de mes morceaux préférés de G. Manset : Le Masque sur le Mur.

Le studio de Milan

Jean-Paul Malek est décédé depuis. Le studio de Milan a été vendu puis repris (voir plus bas). On a retrouvé, pour un livre qui sortira vers la fin 2020, Mike Lester, guitariste qui a accompagné plus tard Gérard Manset, notamment pour son album Matrice. Didier Batard qui nous a raconté comment il découvrit l’ancienne écurie transformée en studio. Et les habitudes des sessions d’enregistrement organisées par l’ermite de Saint Cloud.
Et l’un des grands journalistes du Best de l’époque ( Gérard Bar David)  toujours vivant, qui a également interviewé Manset. Il ne peut pas ne pas s’en souvenir. Voir la vidéo ci-dessous.

Le studio de Milan est encore vivant, animé et dirigé avec son fils par un compositeur et musicien monégasque, haut en couleurs, pianiste et guitariste ; il y enregistre des albums, des jingles musicaux, souvent composés par lui-même et par exemple pour des marques automobiles : Richard Lord (de son vrai nom, Richard Cavassuto). On y descend par un chemin en pente douce, depuis la cour intérieure de cet immeuble anonyme. (Voir photo de Une – © Emil Hernon)

Les grands studios, lorsqu’ils meurent, deviennent ..quoi ? Pourquoi sont-ils un jour rasés, remplacés par un Franprix ou un immeuble de bureaux ? Lorsque leurs consoles, leurs micros sur lesquelles tant d’ingénieurs ont passé des heures, sont vendus, partent ailleurs, ont-ils des choses à nous dire et raconter ? De temps à autre, les fous qui les ont créés y sévissent encore comme au Studio Gang en face de la Gare d’Austerlitz. Daft Punk y a pris, comme tant d’autres, la succession de Michel Berger ou de Jean-Jacques Goldman.

Tout ceci à lire et savourer bientôt. En attendant, musique !

Par Manuel Jacquinet

Les studios de légende en France, c’est le sujet d’un ouvrage à paraitre fin 2020 aux éditions Malpaso.
En savoir plus ici.

 

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