Le général Marc-Arthur G. lance les start-ups à l’assaut du … chômage !*

Le 26 mai 2015 par Magazine En-Contact


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[dropcap]L[/dropcap]es startups recrutent en nombre, mais avec difficulté, dans un pays qui compte pourtant presque 6 millions de demandeurs d’emplois. Un jeune général a lancé sa bataille de Midway pour inverser la tendance.
Dans moins de deux jours, à Paris et partout en France, plus de mille start-ups ouvriront leurs portes au public, à de jeunes diplômés, à des énarques, même, signe que les représentants les plus illustres – à défaut d’être toujours les plus clairvoyants et réactifs – de la nation française sont désormais convaincus que c’est avec les jeunes pousses que se jouent les batailles du jour et de demain : créer, embaucher, exporter … réconcilier les français et l’entreprise.
Pour sa quatrième édition, Startup Assembly réunira plus de mille start-ups, désireuses d’ouvrir leurs portes et de faire savoir, car c’est tout de même l’un des objectifs annoncés de l’opération, qu’elles recrutent.
A la manœuvre, un drôle de général, convaincu comme son illustre prédécesseur presqu’homonyme que la jeunesse n’a rien à voir avec l’âge mais avec l’envie (voir texte à la fin de l’entretien), un général sans armée, mais pas sans panache ni culture.
Qui est MAG (Marc-Arthur Gauthey) ? Pourquoi Michel Sapin et son acolyte François Rebsamen doivent-ils, selon nous, annuler quelques rendez-vous à partir du 28 mai pour prendre un bol d’air à Startup Assembly ?

Quel est votre parcours et comment vous est venue l’idée de Startup Assembly ?
J’ai créé ma première entreprise, Cup of Teach, alors que j’étais étudiant, et j’ai eu l’occasion de solliciter, à l’époque, des entrepreneurs à qui j’allais demander quelques conseils en même temps que nous partagions une bière. Leur feedback m’avait été très précieux, et je me suis souvenu que ce temps qu’ils m’accordaient était très utile lorsqu’on crée ou qu’on a le désir de créer une entreprise. J’ai voulu industrialiser ceci, et répondre à deux problématiques très répandues dans les startups : le manque de visibilité et l’incapacité à passer beaucoup de temps pour communiquer ou recruter. Startup Assembly c’est la fête nationale des startups – qui s’appelait d’ailleurs au départ la journée du patrimoine des startups. On a démarré sur le coin d’une table en 2012, avec quarante entreprises participantes, et nous serons mille cette année.

Comment cela fonctionne-t-il ?
C’est très simple : les startups désireuses de participer s’inscrivent en ligne, organisent chacune des évènements et mentionnent leur besoin de recrutement. Nous assurons la médiatisation et la logistique des opérations en termes de web etc…

Quelles sont les initiatives marquantes ou les typologies très représentées parmi vos participants ?
Ce qui est intéressant, c’est que tous les profils d’entreprise et d’entrepreneurs sont représentés. On peut avoir des restaurateurs qui font des burgers, comme des startups à forte connotation technologique, voire des cabinets de chasseurs de tête.

S’agit-il d’un mouvement très parisien ?
Pas du tout ! Même si la French Tech et des initiatives sont particulièrement médiatisées sur Paris, des agglomérations telles que Nantes, Bordeaux, Toulouse sont très dynamiques. Il n’y a peut-être qu’à Marseille que la représentativité de la manifestation est faible par rapport à la taille de la ville.

Comment l’expliquez-vous ?
Je ne sais pas…

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Vous rencontrez beaucoup d’entrepreneurs, et maintenant l’élite de l’administration (cette année un partenariat a été établi avec l’ENA), y compris des politiques. Quelles sont les difficultés majeures que vous observez qui handicapent la croissance de ces entreprises ?
Une première difficulté est liée aux profils et aux priorités que se donnent les entrepreneurs. Un point commun se dégage : ceux-ci ne sont pas toujours les plus doués en communication externe, et c’est bien là que le bât blesse, puisque la croissance de leurs entreprises, lorsqu’ils la connaissent, va buter sur un problème majeur qui est de trouver les bons profils et de recruter. Parallèlement, il y a des facteurs exogènes : on lève facilement de l’argent, en France, pour la création d’entreprises et le premier tour suivant qui vous permet de passer de cinq à trente personnes (ou de trente à cent-cinquante) … mais c’est l’étape suivante qui s’avère la plus délicate. On manque de grands investisseurs capables de prendre le relai des incubateurs.
On rencontre aussi un autre problème : la difficulté à signer des baux souples. Quand votre entreprise grandit, comment s’engager dans un bail 3/6/9, c’est-à-dire savoir, à l’avance, combien vous serez dans trois ans ? Le président de Capitaine Train vient de prendre à bail 1000m² alors qu’il n’a besoin que de 350m², parce qu’il anticipe sur la croissance de son entreprise dans les deux ans à venir… Ça veut dire, si on regarde le verre à moitié vide, qu’il va devoir assumer 600m² de locaux dont il n’a pas besoin pour l’instant !

Quelques années après avoir quitté HEC, qu’avez-vous appris qui n’était pas enseigné dans les livres de marketing ?
Que les projets mettent du temps à se monter, et qu’on mange souvent des pâtes lorsqu’on crée une entreprise et qu’on y consacre beaucoup de temps. Pour ma part, mon équilibre vient aussi du fait que je suis associé au mouvement Oui Share. Startup Assembly nécessite une connexion de tous les instants, une réactivité très forte. Aussi, de temps à autre, naît le besoin d’aller se ressourcer en se confrontant à d’autres problématiques, c’est ce que m’apporte Oui Share.

Vous n’avez pas de bureaux, et votre entreprise est une EURL (société à un seul associé). Est-ce un choix ou une nécessité ?
Je n’ai pas réellement besoin de bureaux, je suis depuis longtemps un adepte fervent du co-working. Je navigue d’un lieu à un autre, même si mon camp de base reste la Mutinerie (espace de co-working dans le 19ème arrondissement de Paris), car l’important c’est de rester connecté, et d’avoir un bon téléphone. Pour le reste, la croissance viendra de notre capacité à attirer de nouveaux partenaires car la manifestation est complètement gratuite, et complètement dépendante, aujourd’hui, de quelques partenaires qui la soutiennent. Par exemple, la nouveauté de cette année et la bonne nouvelle, c’est notre partenariat avec l’ENA, qui va amener de jeunes futurs énarques à rencontrer des startups. Le projet s’est concrétisé rapidement, Nathalie Loiseau et moi avons été mis en relation par une amie commune, je lui ai présenté le projet de Startup Assembly, elle y a accroché, et c’était parti. Trois semaines ont suffi.

Vous souhaiteriez conclure de nouveaux partenariats ?
Oui, évidemment. Et parallèlement, que les médias consacrent à Startup Assembly une couverture plus fidèle à ce qu’est l’évènement. Il est encore traité comme un sujet d’économie, alors qu’il est, selon moi, un sujet de société. L’emploi, c’est un sujet de société.

Il y a 6,5 millions de chômeurs dans notre pays, et pourtant depuis trois semaines on a l’impression que l’important c’est le festival de Cannes et ses mannequins… Qu’en pensez-vous ?
Rien. Ce qui se passe à Cannes ne me fait ni chaud, ni froid.

 

AUX JEUNES CITOYENS
« La jeunesse n’est pas une période de la vie, elle est un état d’esprit, un effet de la volonté, une intensité émotive, une victoire du courage sur la timidité, du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
L’on ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années. L’on devient vieux parce que l’on déserte son Idéal. Les années rident la peau ; renoncer à son Idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont des ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s’étonne et qui s’émerveille. Il demande, comme l’enfant insatiable : «Et après ?»
Il défie les événements et trouve la Joie au Jeu et à la Vie.
Vous êtes aussi jeunes que votre Foi dans la Vie. Vous êtes aussi vieux que votre doute. Aussi jeunes que votre confiance en vous-mêmes, aussi jeunes que votre espoir, mais aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeunes aussi longtemps que vous resterez réceptifs. Réceptifs à ce qui est beau, bon et grand. Réceptifs aux messages de la Nature, des femmes, des hommes et de l’Infini.
Si, un jour, votre cœur allait être mordu par le pessimisme, rongé par le cynisme…, eh bien, que Dieu ait pitié de votre âme de vieillard ! »

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