L’actualité du mois vue par Frédéric Durand, fondateur de Diabolocom

Le 30 août 2016 par Magazine En-Contact

FREDERIC_DURAND_DIABOLOCOM_113_B - copieEn bon triathlète, il fait du vélo, de la course à pied, du foot je ne sais pas mais pour sûr, il connait les technologies : fondateur d’un éditeur de logiciels et opérateur télécom en pleine croissance, il est… En marche. On a donc ce mois-ci demandé à Frédéric Durand de nous commenter la riche actualité footballistique, cycliste, politique et technologique des dernières semaines avec une consigne : pas de langue de bois. Ça tombe bien, il ne la pratique pas trop…

En-Contact : On a parlé ces dernières semaines de foot, d’attentats, de vélo, d’être ou de se mettre en marche ou pas (E .Macron), vous, qu’est-ce qui vous a marqué, qu’avez-vous retenu ?
Frédéric Durand : Les attentats. En décembre 1996, alors en classes préparatoires dans le quartier latin, un cours de mathématiques qui s’est terminé exceptionnellement 5 minutes plus tôt m’a permis de prendre le RER précédent à celui où explosa la bombe à la station Port Royal, dans la rame où je montais toujours puisqu’elle était située en face de ma sortie à la station Bourg la Reine. Cet évènement à l’époque ne m’a pas plus inquiété que cela, je m’étais simplement dit que j’avais eu de la chance. Le lendemain je repris d’ailleurs le RER sans inquiétude, comme chaque jour.
Maintenant que la France devient la cible d’attaques meurtrières de plus en plus fréquentes, je prends conscience que nous avons jusqu’à présent vécu en France dans un environnement relativement protégé. Le risque zéro en matière d’attentats n’existe pas, mais en favorisant la communication entre nos différents services de renseignement et en professionnalisant urgemment les dispositifs de sécurité dans nos villes, à l’instar de ce qu’Israël a mis en œuvre, quelques vies seront certainement sauvées.

EC : On a aussi beaucoup évoqué le discours à la diplomation d’HEC, d’un autre Emmanuel (Faber) qu’en avez-vous pensé ?
FD : Je distinguerai en premier lieu l’homme du groupe qu’il dirige, Danone.
J’entends d’abord un beau discours, je ressens dans ses mots de l’émotion et une réelle conviction pour une approche humaniste de l’entreprise où la responsabilité des élites est primordiale. Je développe une sympathie pour l’homme, mon regard sur les PDG du CAC 40 n’est pas loin d’évoluer.
Toutefois, je m’interroge sur une éventuelle opération de story-telling orchestrée par le leader mondial des produits laitiers frais. N’oublions pas que la vidéo a été, je crois, enregistrée par Danone et diffusée sur leur compte officiel Youtube, et que toute communication de la part d’un groupe coté en bourse est parfaitement réfléchie. Serait-ce donc pour faire oublier leurs opérations de marketing agressifs en Indonésie au détriment de la santé des nourrissons, ou encore pour redorer leur image après les manifestations dénonçant la politique de Danone en matière de climat devant leur siège pendant la COP 21? Souvenons-nous également que Monsieur Faber a été de 2002 à 2010 membre du conseil d’administration de Ryanair, où la quête du profit prime sur la protection des salariés.
Je retiens en définitive le récit d’un homme à qui son histoire personnelle a fait prendre un recul certain par rapport à la gloire, le pouvoir et l’argent. Je reste en revanche sceptique quant à sa réelle liberté de manœuvre face à la toute-puissance des marchés financiers. L’initiative mérite en tout cas d’être saluée.

EC : Vous êtes- vous rendu au salon Viva Technology, qu’en avez-vous pensé et si non pourquoi ?
FD : Je n’ai pas pris le temps d’y aller. J’ai eu le sentiment – à tort ou à raison – que c’était une opération de communication orchestrée par quelques grands groupes français, avec une vision de chaque secteur restreinte à son sponsor. Cela dit, cet évènement aura certainement généré des débouchés aux start-up qui y ont exposé et catalysé des vocations d’entrepreneur.

EC : L’allocation de son temps est-elle une  difficulté majeure, à notre époque ?
FD : Ces dernières années, les progrès phénoménaux des moyens de communication nous ont fait basculer de plain-pied dans l’ère de l’instantanéité et de la sur-sollicitation permanente. L’information est omniprésente et gratuite, seule son analyse recèle une valeur. L’important c’est de conserver une capacité à prendre du recul, à maîtriser notre relation avec le temps, pour préserver notre potentiel de créativité et ne pas passer à côté des moments phares de notre vie. Pour s’en convaincre, la lecture de L’Homme Pressé (de Paul Morand) suffira !

EC : Qu’avez-vous appris en créant votre entreprise et depuis, que vous ne saviez pas après avoir étudié et fait des études d’ingénieur ?
FD : La première chose que j’ai apprise est qu’il faut être capable de revoir en temps réel ses plans de développement. Quand vous démarrez de zéro, vous n’avez plus la notoriété d’un grand groupe derrière vous et il faut de fait beaucoup plus de temps qu’escompté pour convaincre vos premiers clients. D’autant qu’en 2005 il n’y avait pas en France cet engouement massif pour les start-up. La réussite d’une entreprise dépend également beaucoup de votre réseau, c’est-à-dire de votre capacité à recruter les profils clefs pour votre développement, à obtenir la bonne introduction chez un prospect,… La deuxième leçon fut donc de savoir sortir de son bureau, rencontrer du monde et faire en sorte d’être soi-même une opportunité pour les autres.

EC : Chaque jour, une nouvelle start up se monte en France, lève des sous, et ambitionne de « disrupter » son secteur, qu’est-ce que cela vous inspire ?
FD : Un vent de fraîcheur souffle en France depuis 2-3 ans ! Toutefois cet engouement massif pour l’entrepreneuriat ne doit pas nous faire perdre de vue qu’il s’agit encore d’un secteur fragile de l’économie française.
Nombre d’entreprises sont encore souvent sous perfusion de fonds d’investissement, dans l’attente d’une rentabilité future ; lorsque le succès est au rendez-vous, un rachat par un acteur étranger intervient fréquemment comme ça a été le cas pour un Captain Train ou La Fourchette. Est-ce parce que les créations concernent principalement des activités de services en BtoC qui dupliquent des modèles anglo-saxons à succès, et dont le potentiel de croissance est de fait limité ? L’innovation technologique reste encore malheureusement la chasse gardée d’acteurs américains – Google et Facebook en tête – qui ont notamment le contrôle d’Internet et qui demain auront probablement la main mise sur l’intelligence artificielle et les biotechnologies, secteurs promis à un bel avenir. Le succès des USA – et notamment de la Silicon Valley qui est devenue la 6ème puissance économique mondiale – repose sur un écosystème totalement intégré regroupant un système éducatif de haut niveau, des structures de financement expérimentées et adaptées à chaque étape de la vie d’une société, un accès privilégié aux commandes publiques – la NASA a permis à SpaceX de décoller – et la culture du « think big » portée par un marché domestique conséquent.
On peut rêver que nous saurons reproduire le même succès durable en France et transformer nos start-up en ETI d’envergure mondiale, sur les traces de nos champions tricolores de l’outsourcing !

EC : En gravissant à vélo le Mont Ventoux, on pense à quoi ?
FD : A vélo, lorsque je l’ai gravi cet automne, j’ai été au départ ébloui par la nature qui avait revêtu ses habits d’automne sous un grand soleil. Mon esprit s’évadait et mes pensées alternaient au gré des virages. Au sommet ? Un magnifique panorama sur la Provence. Dans les descentes, ça a été une autre affaire ! Je luttais contre le froid qui saisissait mes mains – la température était particulièrement basse pour ce mois d’octobre -, j’essayais d’anticiper la prochaine rafale de vent qui pouvait me faire faire une embardée tout en scrutant la route à l’affût du moindre gravier. Lors de la dernière montée qui s’est terminée de nuit et dans le brouillard, mon attention était mobilisée sur le maigre faisceau lumineux de mon éclairage de sécurité.
Ereinté, j’étais satisfait d’être allé au terme des trois ascensions dans la même journée à partir de Bedoin, Malaucène et Sault, et d’avoir ainsi rejoint le club des cinglés du Mont Ventoux. Mais je pensais aussi déjà au prochain challenge : les six ascensions en un jour pour obtenir le statut de bicinglé du Mont-Ventoux !

EC : Dans votre nouvelle campagne de pub (voir ci-dessous) on voit une jeune femme sur un toit, avec un ordinateur, qu’aviez-vous envie de dire sur votre métier en choisissant cette image et la série d’autres ?
FD : Ces 5 dernières années, le secteur de la relation client a évolué. C’était un marché de commodité – où pour simplifier seul importait le nombre de contacts traités par heure. C’est désormais un marché de valeur où la satisfaction client prime. A tel point que l’expérience client est devenu le nouveau concept marketing.
Avec ces images, nous souhaitons suggérer que Diabolocom facilite la communication sur tous les canaux, grâce à tous les appareils pour rapprocher les marques et leurs clients, à des moments clés de leur relation. Ces photos véhiculent également un autre message: Diabolocom est une société de services, résolument engagée pour le succès de nos clients et de plus en plus internationale.

Propos recueillis par Manuel Jacquinet.

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