Fidèle à Chativesle (Heureux comme Yuksek à Reims, en son studio)

Le 7 octobre 2020 par Magazine En-Contact

Yuksek, Raymond Kopa de la musique électro ? Le second rendit un certain Stade célèbre. Le premier un studio, son studio : Chativesle. Pierre-Alexandre Busson (le vrai nom de Yuksek) témoigne qu’on peut encore, dans la musique moderne, être attaché à ce lieu intime de création et qu’existe une vie talentueuse, si près et si loin à la fois de la capitale.

Natif de Reims, le fameux producteur et musicien de la scène pop et électronique française reste fidèle à son antre rémoise, largement occupée par des synthés et VRAIS instruments. Il apprécie Chativesle d’où il porte haut la réputation et de la ville et des nombreux artistes qu’il mixe ou produit.

A quoi êtes-vous attaché dans votre studio ? Aux synthé et instruments que vous y avez, à la proximité de votre domicile, au fait que vous y êtes tranquille, loin de Paris ?
Yuksek
 : A tout ceci en même temps. Je joue et compose de la musique depuis longtemps et je fais partie d’une génération qui continue d’utiliser des instruments, dont des synthés et d’autres vrais instruments. J’ai assez vite créé et ressenti le besoin de disposer de mon propre studio, qui est à Reims. J’y suis éloigné de Paris, tout en étant proche. Je crois que, grâce à ceci, c’est un peu le meilleur des deux mondes. J’achète pas mal de vieux matériels pour mixer mais il existe aussi quantité de plug-in qui permettent de reproduire les effets, des limiteurs qui dépassent parfois les potentiels des matériels qu’on trouve dans les studios classiques. Je suis ouvert à ces deux mondes et pratiques. Vivre et travailler à Reims me permet enfin d’être loin de l’œil du cyclone, de disposer d’une vie à l’écart que j’apprécie. Ne pas savoir ce que les autres font me convient très bien.

Y a-t-il des studios de légende en France dont vous avez entendu parler, où vous aimeriez enregistrer : Gang, le Château d’Hérouville, Ferber ?
J’en ai connu certains comme Ferber où je suis allé enregistrer ou mixer parfois. Certains des groupes connus de la scène française ont leur propre home studio, parfois très remarquable. Je n’ai pas eu l’occasion de me rendre dans les autres que vous évoquez. Mais je suis intéressé, comme tous les amateurs, de savoir où les disques se font et s’enregistrent. Il est dommage que ces informations aient disparu, qu’on pouvait consulter avant sur les vinyles et qu’on ne trouve plus sur les plateformes musicales, telles Deezer ou Spotify. C’est instructif. Discogs fait paraitre ces informations et c’est très utile et riche d’ailleurs, pour retrouver des informations.

Les musiciens de studio, les requins de studio, qui ont essaimé dans les années 70-90 et qui jouaient sur tous les grands albums de rock, de variété, ont disparu. Sont-ils remplacés par une nouvelle génération d’instrumentistes, lesquels ?
Je ne sais pas, je n’ai pas besoin de faire appel à eux car après quelques années en tant que compositeur et producteur, on dispose souvent de son carnet d’adresses qui permet de trouver ou d’appeler les musiciens dont on a besoin.

Quantité d’albums légendaires sortis dans les années 70-2000 ont été facilités, provoqués par des rencontres, des prises de son ou fabrications sonores faites dans des lieux improbables de studios, au cours de sessions où se sont créés des arrangements. Avez-vous le sentiment que la création en solitaire est moins riche à cet effet ? Avez-vous déjà des souvenirs de ce type, pour les albums que vous avez produits, arrangés ?
D’autres artistes, comme par exemple Bertrand Burgalat me proposent parfois de faire des choses ensemble et parfois dans leur studio ou ailleurs : Bertrand est venu ici et nous avons joué et enregistré des choses ensemble. Certains des groupes connus de la scène française ont leur propre home studio, parfois. Comme les groupes passent moins de temps dans ces grands studios où ils pouvaient rester des semaines, ça limite forcément ce type de rencontre ou d’engagements à l’improviste ou de dernier moment. Peut-être des groupes de la stature de Franz Ferdinand ont-ils encore la possibilité et l’habitude de pouvoir demeurer des semaines en studio mais pour la majorité, ce n’est plus le cas. Ça n’empêche pas pour autant les rencontres, les désirs de rencontres ou de collaboration comme celle que j’évoquais plus haut.

 A quoi correspondent et où sont situés Partyfine Studios, Navarin Studio où ont été apparemment produits ou enregistrés par exemple Sainte-Victoire de Clara Luciani ?
En fait, soit à Reims, puisque c’est l’endroit où est situé mon studio ou ailleurs, dans les endroits où j’ai mixé ces albums ou enregistré. Mais ils l’ont été dans tant d’endroits. Pour le mien, je l’ai appelé ainsi parce que j’aime bien ce nom. Je vais le quitter prochainement, pour un autre que je vais construire. Mais toujours à Reims. La ville est centrale et proche de Paris et de nombreux artistes ou personnes s’y établissent ou envisagent de le faire.

Par Manuel Jacquinet

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