Angélique Gérard est-elle la « diabolique Berge », et un maillon essentiel du « système Free » ?

Le 26 mai 2016 par Magazine En-Contact

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C’est la question que pose avec quantité de détails troublants le magazine Politis dans son numéro du 16 mai 2016, et dont nous publions ici quelques extraits. On y apprend que la machine Free/Iliad, désormais incontournable dans un pays qui a bien besoin d’idoles numérico-digitales « révolutionnaires » fonctionnerait avec du talent, de l’innovation mais également des pratiques en ressources humaines pas tout à fait conformes au droit du travail. Selon un ancien DRH d’un des centres d’appels du groupe, tous dirigés par Angélique Gérard (ex-Berge), Giorgio Mariani, ces centres d’appels auraient ainsi, notamment à Marseille, mis en place sous le nom de code Marco Polo un système d’exclusion et de licenciements… industriels.

Peut-être un bon sujet de réflexion lors de l’inauguration du prochain « plus grand incubateur mondial », la Halle Freyssinet, dont l’ouverture annoncée pour début 2017 à grands renforts de communiqués et de visites présidentielles montre bien qu’on peut dans notre pays faire passer le message voulu sans trop se faire poser de questions.
Comme à leur habitude, les équipes de Xavier Niel ont mis en place un « cordon sanitaire » visant à prévenir la trop large diffusion de ces informations et articles, avec des menaces d’action en justice contre tous ceux qui en reprendront la substance. Votre serviteur a eu lui-même l’occasion, dans le passé, d’être convoqué au commissariat du huitième arrondissement de Paris pour avoir osé, dans un numéro du présent magazine, relayer le témoignage d’un ancien salarié des plateaux de Free. Pas facile, et pas sans danger de parler du « système Free » en France, car comme le démontre aussi l’enquête, aidé par Jean-Louis Missika, à la Mairie de Paris, et par sa fidèle attachée de presse, Xavier Niel, est bien conscient de la position incontournable que lui confèrent ses nombreuses participations dans l’écosystème digital français. Quand on pallie les manques du système éducatif français (en créant l’école 42), qu’on crée un très grand incubateur (la Halle Freyssinet), qu’on redonne du pouvoir d’achat aux Français (en flinguant les « pigeons »)… on est presque comme la CGT en France en 2016… un interlocuteur obligé.
L’enquête de Politis vient donc à point nommé, en pleine période de réflexion sur le droit du travail en France : à chacun de se faire son point de vue. A l’institut Choiseul, qui a classé Angélique Gérard dans le haut de son « palmarès des 100 leaders de l’économie française » lit-on Politis ?

Manuel Jacquinet

Extraits de l’article « Enquête sur le système Free » d’Erwan Manac’h et Sweeny Nadia, paru dans le numéro 1404 de Politis

thumbnail-34015« Xavier Niel n’hésite pas à jouer de ses contacts et de son pouvoir pour disqualifier ceux qu’il mésestime ou qu’il a pris en grippe. “Et il n’a pas que le numéro de sa mère dans son portable, si vous voyez ce que je veux dire”, assure un ancien collaborateur qui l’a côtoyé de près et veut garder l’anonymat. “Il a le bras long, notamment auprès des politiques.” »

(…)

« La reine des centres d’appels, c’est Angélique Gérard, une self-made woman plus connue dans la société sous le nom d’Angélique Berge. Arrivée dans l’entreprise en 1999, à l’âge de 24 ans, elle gravit les échelons et participe à la construction de l’empire Free. Respectée pour ce travail, elle fascine ses collaborateurs par sa forte personnalité et son image d’indestructible. Elle en sera d’ailleurs récompensée à plusieurs reprises, notamment en succédant à Emmanuel Macron à la tête du classement Choiseul de 2015 : le palmarès des 100 leaders de l’économie française de moins de 40 ans. Ses employés la décrivent comme une femme à l’ego surdimensionné, intelligente, mais dans une quête permanente et éperdue de reconnaissance. En interne, elle collectionne les sobriquets plus ou moins flatteurs : de “Princess Berge” à “la Reine Soleil” en passant par “Diabolique Berge”. Et Xavier Niel de déclarer au Figaro qu’elle entretient “une relation unique avec ses équipes”… C’est peu de le dire. “Elle a le droit “de vie ou de mort” sur ses salariés”, affirme un ancien cadre.
Chez Angélique Gérard, il y a le conte et la réalité. Qualifiée de “superwoman” par Le Figaro, elle n’est pas loin de se présenter comme victime : “Pas facile, dans ce milieu techno et masculin, où la règle est de ne rien laisser paraître de sa sensibilité ! ” déclare-t-elle. “Quand on est une femme, on doit constamment faire ses preuves et (…) être dans la super-performance.”
C’est Paris Match (“Mes meilleures vacances : Angélique Gérard. Le bonheur, c’est ce qu’on donne”) qui, en août 2015, raconte comment Mme Gérard s’est occupée d’un enfant handicapé dans un hôpital. Le handicap, comme la question de l’égalité hommes-femmes, serait pour elle, selon d’anciens collaborateurs, un réel combat. Ca ne l’empêche pas, une fois de retour au travail, de valider la discrimination salariale d’une mère de famille dont les deux enfants sont porteurs d’un handicap reconnu à 80% par la MDPH. Et cette discrimination a démarré… du fait de la grossesse de la salariée. »

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