Le smartphone, ce nouvel audioguide ?

Le 11 juillet 2018 par Magazine En-Contact

Qui n’a jamais, lors d’une visite au musée, subi un audioguide au fonctionnement erratique, ou bien regretté le manque d’informations proposées à propos d’une œuvre ? En-Contact profite des vacances d’été pour s’intéresser aux innovations permettant de ramener les curieux vers les musées tout en améliorant « l’expérience visiteur », notamment les applications pour smartphone, en se posant une question simple : au-delà de leur rôle de médiateur culturel, la fidélisation des publics et le renouvellement du positionnement marketing sont les objectifs recherchés, et ce en tenant compte des trois temps associés à la visite au musée : hors site pré-visite, sur place et hors-site post-visite. 

Avant la visite

Pour de nombreux musées, l’application pour smartphone est encore aujourd’hui perçue comme une vitrine supplémentaire (comme l’est le site web), permettant de préparer sa visite et d’acheter son billet. Ce sont en effet les fonctions les plus évidentes et indispensables, qui permettent de s’assurer que le parcours du visiteur se fera sans encombre, mais pas forcément de souligner la spécificité du lieu que l’on s’apprête à visiter. C’est notamment pour cela que de plus en plus d’organismes cherchent à inscrire la démarche d’achat du billet dans un contexte plus ou moins large, afin de donner un sens à cet achat. Ainsi, à Marseille, l’application du Musée d’Histoire de Marseille permet de flasher des QR Codes disposés à plusieurs endroits de la ville, afin de pouvoir la découvrir telle qu’elle existait à l’époque. En arrivant ensuite au musée, chacun disposera ainsi d’une vision plus globale des éléments proposés.

Le mur de Crinas situé devant le Musée d’Histoire de Marseille, à retrouver dans l’application en 3D et réalité augmentée, proposée sur smartphone et tablette.

Pendant la visite

Pendant la visite, l’application permet d’accompagner le visiteur et se substitue à l’audioguide « classique ». Il s’agit ainsi d’adopter une solution plus technologique, correspondant davantage aux usages des visiteurs tout en utilisant certaines caractéristiques des smartphones telles que la géolocalisation. Utiliser un smartphone n’impliquerait donc pas forcément de déambuler dans les allées en restant les yeux collés à un écran : des bornes beacons repèrent devant quelle œuvre se trouve le visiteur. Au San Francisco Museum of Modern Art (photo en une), cet audioguide nouvelle génération a été agrémenté de nouvelles voix, plus originales, comme celles des comédiens de la Silicon Valley Martin Starr et Kumail Nanjiani ou des joueurs de l’équipe de baseball des San Francisco Giants. Chaque visiteur peut donc choisir, presque selon son profil (amateur de sport ou de séries télévisées), qui sera son guide du jour. Au Centre international de l’art pariétal Montignac-Lascaux, cette personnalisation du parcours est également permise par la présence de plusieurs profils types, comme « enfant », « adulte » ou « passionné d’histoire » afin que chacun reçoive les informations qui lui correspondent. Par ailleurs, au Centre, le smartphone est fourni, ce qui permet à la direction du musée de mettre en place un dispositif permettant de les éteindre au moment où les visiteurs pénètrent dans le cœur de la grotte en fac-similé : priorité au recueillement s’instaure, les explications et l’interactivité s’y substituant ensuite.

Par Justine Ferry


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