« Tata Güines lui a offert un coup à boire, ils ont parlé et ri et Cesaria a bien voulu enregistrer »

Le 28 janvier 2021 par Magazine En-Contact

En plein déménagement de son studio à Paris, le fondateur de Lusafrica, José Da Silva, nous raconte pourquoi le métier d’aiguilleur à la SNCF mène à tout. A moins que ce ne soit la passion de la musique métissée du Cap Vert. 

Né en 1959 au Cap Vert, José Da Silva a beaucoup fait pour notre et votre bonheur : il a été aiguilleur de trains à la SNCF -des trains qui roulent dans la bonne direction, ça importe- il a failli être comptable après des études au lycée Chaptal – « j’étais le seul black du lycée », savoir compter, c’est clé mais surtout, et c’est pour ça qu’on est allés le rencontrer rue Lamarck, dans le 18ème, il est un soir tombé amoureux de Cesaria Evora, la chanteuse qui a permis à tant d’entre nous de situer le Cap Vert sur une carte, celle qui a commis Mar Zul et tant d’autres merveilles.
Bassiste, José comprend vite qu’il ne sera pas un grand musicien ; un peu rebelle, il quitte la SNCF pour devenir producteur de Césaria qu’il va découvrir, un soir (alors qu’il est revenu dans le pays qui l’a vu naitre) et faire connaitre, avec, plus tard également, l’aide de Gilbert Castro (du label Mélodie). Lusafrica, le label et la maison de production qu’il a montée est désormais dirigée par sa fille, Elodie, piquée par le virus.

Tata Güines
Tata Güines – © DR

Comme beaucoup de gens de talent et un peu fous -aux yeux de certains- José peut répondre à un e-mail que vous lui avez envoyé à 7h un matin, vous donner rendez-vous le lendemain, à Paris, alors qu’il déménage le studio où il a passé des heures à enregistrer avec son fidèle et talentueux ingénieur, Stéphane Caissot. Et qu’il ne vous connaissait pas la veille.
La vidéo qui suit  été tournée sans matériel digne de ce nom, dans le jardin public qui jouxte la rue Lamarck. Une histoire qu’il nous a racontée ensuite est partiellement dans la vidéo : José emmène un jour Césaria, devenue célèbre, enregistrer à la Havane. Mais, parfois, si les gens ne lui plaisent pas ou qu’elle est de mauvais poil, la diva ne veut pas chanter et enregistrer. Ce jour-là, alors que tout ceci coûte beaucoup d’argent, c’est ce qui arrive. Tata Guines, percussionniste, propose à la chanteuse de s’assoir et boire un café, partager une cigarette. “Et Tata, quand il parle, il a un tic, tous les deux mots, il fait tchuk tchuk, tchuk tchik, tac-tac  comme s’il tapait sur une cymbale ou un tambourin. C’est incroyable. Moi, je commençais à m’inquiéter. » Et alors Cesaria, qui avait bien ri avec Tata se lève et vient vers moi : Ben alors on le fait cet enregistrement ?

Pour lire et découvrir d’autres histoires de rencontres musicales -ou d’affaires qui changent tout, vous pouvez découvrir BloumbergTv, nos podcasts et venir cette année au TangerCX Forum. L’Afrique, c’est là que ça se passe.

Par Manuel Jacquinet

Studios de légende, secrets et histoires de nos Abbey Road français

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