Simplifield ? Simply injoignable !

Le 15 janvier 2020 par Magazine En-Contact

Quand les levées de fonds et incantations sur l’expérience client sentent un peu trop le storytelling.

Une start-up française dirigée par un CEO « sympa, beau et habile à trouver des millions de dollars », qui s’occupe de résoudre un sujet clé, celui de l’expérience client en magasins, ce qu’on appelle la Retail Execution, ça devrait nous réjouir…

Ce qu’elle annonce et qu’on peut vérifier

Surtout lorsqu’elle est française et qu’elle indique avoir déjà 80 clients, parmi les plus prestigieux : L’Oréal, Agnès b., Sony, Filorga, etc. Et qu’elle parvient, avec un sens du timing parfait, à lever 11 millions de dollars et à l’annoncer pendant la NRF, la grand-messe du retail, à New York.
On souhaite ardemment le tout meilleur à Simplifield, la société en question, et à son co-fondateur Benjamin Zenou, qui aurait conçu une plateforme qui « permet de piloter constamment l’expérience client en magasins ».
Une société qu’il était impossible de joindre hier sur le téléphone français, à son siège social. Sur le site web de laquelle on ne trouve même pas une adresse mail. Qui place, sur le même site web, un outil de chat qui aboutit nulle part (Alexandra, la jeune femme qui est présentée comme l’interlocutrice, doit être à NYC). Qui nous avait indiqué, plus tôt en 2019, qu’elle ne communiquait pas son chiffre d’affaires.

Ce que ça dit

Romain Vidal, le partner de Cap Horn Invest qui relaye sur Linkedin cette levée de fonds à laquelle Cap Horn Invest a participé, Five Elms, le fonds américain qui apporte, avec Runa Capital, ces 11 millions de dollars, ont-ils oublié qu’une entreprise vit avec des prospects qui la contactent et qu’il faut transformer en clients ? Mais, l’expérience du client en B to B, ça doit être dépassé.
To put lipstick on a pig, disent les anglo-saxons pour signifier qu’on essaye de mettre du rouge à lèvres sur le groin d’un cochon. But a pig is a pig, disait également un président américain. Dit autrement : si on pouvait entamer l’année 2020 avec un peu moins de bullshit du côté des jeunes beaux start-uppers et de ceux qui les accompagnent, ça serait déjà pas mal !

En 2020, le conseil de l’analyste un peu grognon mais lucide 😉

Cette année, moi, j’investis dans la permanence téléphonique.
« Jacquouille, on dit plus ça désormais : on dit Answering Services, ça fait mieux. Et si en plus tu oses raconter que grâce à l’IA dedans, tu fais de la compréhension automatique de messages, c’est carrément top ! »

Permanence téléphonique : métier dans lequel des télésecrétaires prennent et répondent aux appels qui arrivent sur votre standard. Ça coûte 2 euros l’appel pris et transféré avec prise de message, en moyenne. Si, sur les 11 millions de dollars, j’investis dans la réception des appels et demandes qui nous parviennent, si ça se trouve, on va en signer des affaires.
« Jacquouille, ça s’appelle du Growth Hacking, ça. Laisse ça aux Customer Success Managers et occupe-toi de ton taff, tu nous emmerdes ! »

La Retail Execution a pour objectif de piloter et superviser les activités et tout ce qui peut toucher à l’expérience en magasins : agencement des produits et des linéaires, merchandising, PLV, travail, discours et comportements parfois des équipes de vente. A fluidifier les remontées d’informations sur ces sujets, le plus rapidement possible entre le siège et les équipes sur site.
C’est un sujet clé, puisque les entreprises consacrent des millions à « designer » l’expérience shopping que les clients devraient vivre, que quantité d’items y concourent et qu’il faut donc soigner l’exécution… et les réactions !
Elle est complémentaire du mystery shopping qui consiste à tester via des visites mystère ce qui est vécu.

Un billet d’humeur de Manuel Jacquinet

Photo de une : Booder dans le film Opération 118 318, Sévices client – © DR

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