Mouvement national de débrayages dans les centres d’appels : les salariés d’Armatis solidaires – comme ceux de Webhelp et d’Acticall

Le 21 juin 2011 par Magazine En-Contact

Impossible de savoir de l’extérieur que le 79, avenue Edouard Vaillant, à Boulogne, héberge un centre d’appels.

Aucune mention du nom de l’entreprise (Armatis) au niveau de la rue, ni même à l’entrée de la tour, qui pourrait très bien être un immeuble résidentiel, mais qui héberge bien le « plateau ». Ce 20 juin, bravant un temps définitivement pas de saison, une quarantaine de personnes est agglutinée devant l’entrée, quelques bannières syndicales sont présentes. « Il y a 114 salariés dans le centre, mais plusieurs équipes selon les roulements. La moitié de l’équipe actuellement en poste doit être ici » déclare Valérie Di Paola, déléguée syndicale CGT du site.

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« On a choisi de mettre l’accent sur ce site parce que les salariés ont engagé un mouvement il y a déjà plusieurs semaines pour faire valoir leurs revendications salariales » selon Xavier Burot (secrétaire fédéral CGT en charge des centres d’appels).

[audio:https://en-contact.comhttpdocs/wp-content/uploads/Xavier_Buro.mp3|titles=Xavier Buro]

La situation est-elle pire qu’ailleurs ? « Je suis ici depuis dix ans, et personne n’a jamais été augmenté, on reste au niveau du SMIC ». Vraiment personne ? C’est là qu’est tout le problème : « Certains superviseurs l’ont été, et on n’en a rien su. C’est cela qui nous a mis en colère ». D’autre part, il y a le problème, souvent constaté par la rédaction dans des centres d’appels étant passés entre plusieurs mains, des différences de statuts entre les salariés « historiques » d’avant la fusion (ici ex-Convergys) et ceux qui ont été embauchés après cette fusion : sur ce site, les derniers n’ont pas droit au titres-déjeuner. « Alors quand la direction nous dit que de l’argent, elle n’en a pas, c’est faux. Il suffit de voir ce qu’elle a donné aux actionnaires ! » Valérie court chercher un « document » préparé par le syndicat, selon lequel « plus ou moins » 223 000 euros ont été versés aux actionnaires en 2009, et 45 000 en 2010.
Midi : les salariés regagnent leurs postes. Le débrayage n’était prévu pour durer qu’une heure, et concernait donc une moitié de l’équipe en place.
Peut-être pas la grève du siècle, mais la presse était là, et pas seulement votre magazine spécialisé : le Parisien, l’AFP ont longuement interviewé les représentants syndicaux. Mais surtout, cette action n’était qu’une parmi beaucoup d’autres, appelées à être menées sur tous les plateaux de France le même jour. Xavier Burot nous explique la stratégie : « On ne peut pas renvoyer tous les appels vers la Tunisie lorsqu’il y a une telle grève nationale, c’est impossible. Tout comme il était impossible de tout renvoyer vers la France quand il y a eu la révolution en Tunisie ». Le mouvement aura-t-il été suivi ? Selon Catherine Simon (Force Ouvrière), la directrice des ressources humaines de l’outsourceur Acticall aurait averti tous les grévistes potentiels que leur action serait enregistrée comme une « absence non justifiée », et donc passible de licenciement. Ce qui est illégal.

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On apprendra plus tard que le mouvement a été relativement bien suivi, notamment sur les sites de Webhelp à Etrelles (Ille-et-Villaine) … et tout particulièrement dans les deux centres d’Acticall à Billière (Haute Garonne) et Pau (Pyrénées Atlantiques).
Nos lecteurs trouveront dans le numéro 63 du magazine En-Contact à paraître en Août une grande enquête sur les rémunérations dans les centres d’appels, outsourcés et internalisés.

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Commentaires

11 réponses à “Mouvement national de débrayages dans les centres d’appels : les salariés d’Armatis solidaires – comme ceux de Webhelp et d’Acticall”

  1. Ceux qui sont morts de trouille, ce sont ceux qui ont le courage de faire grève quand les patrons les menacent de licenciement 🙁

  2. Ah, on ne peut pas envoyer tous les appels vers la Tunisie ?
    Ils trouveront toujours une solution pour que le client ne s’en rende pas compte

  3. Mouvement apparemment un peu suivi, pas beaucoup, mais un peu, sur plusieurs sites, dans plusieurs régions, dans plusieurs boîtes… c’est déjà ça !

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