Le seigneur des plateaux – Episode 2 : Debout aux assises

Le 26 octobre 2010 par Magazine En-Contact

Les organisateurs de la rencontre au sommet la plus attendue de la profession nous avaient laissés avec une invitation sur deux demandées, pour le seul « point presse » ajouté à la dernière minute au programme officiel de cette matinée des Assises de la Relation Client. Avec pour seule adresse « Bercy », et l’assurance qu’aucune pièce d’identité ni même mail de confirmation – qui n’a jamais été envoyé – ne serait nécessaire pour pénétrer dans le bunker de la République. Nous étions (plus ou moins) invités, allions nous rentrer ?

Jeudi 21 octobre, 10h55. Malgré la déception de ne pas avoir été convié aux débats à proprement parler, la décision est prise d’assister au « point presse » de 11H30. L’adresse du lieu de rendez-vous, les formalités et autres détails pratiques n’ayant été communiquées par aucun mail de confirmation de la part de Polynome, nous nous souvenons que certains détails étaient affichés sur le fameux site de la manifestation qu’ils hébergeaient : ils n’y sont plus – car les inscriptions sont logiquement closes. Fort heureusement, leur SVI entièrement automatisé était encore en mesure de nous donner l’information, après trois choix sur le clavier.

Jeudi 21 octobre, 11h40. La conférence de presse est déjà commencée. Manuel Jacquinet, rédacteur en chef d’En-Contact, avait réussi à pénétrer dans les lieux à l’heure et sans problème particulier. Pour le journaliste, l’affaire n’est pas si simple. La silhouette d’Angélique Berge, patronne du service client de Free aperçue entre une porte cochère et sa Mercedes, lui donne une idée de l’entrée. Se fiant aux informations fournies par l’organisateur, il se présente à l’accueil sans pièce d’identité ni carte de presse ni formulaire quelconque. Et il n’est pas sur la liste. Réclamations polies. L’hôtesse appelle l’  « organisateur » (même si elle ne sait pas qu’il s’agit de la société privée Polynome). « Figurez-vous qu’il y a ici devant moi un journaliste qui arrive en retard, sans carte de presse et sans papiers d’identité, qui n’est pas sur la liste et qui prétend avoir été invité pour la conférence de presse des Assises de la Relation Client !… D’accord je vous le passe». Au bout du fil, la même personne qui avait confirmé par téléphone l’inscription de ce même journaliste, la veille : « Vous pouvez lu dire que c’est bon »assure t-il au journaliste. « Je pense que ce serait mieux que vous lui disiez vous-même, non ? ».
Le journaliste traverse toute la cour du ministère des finances, accompagné par une personne du service de presse « volant », « non affecté à un cabinet en particulier », et arrive devant la salle où se tient la conférence de presse. Une salle guère plus grande qu’un bureau standard, 15 mètres carrés au plus, avec un drap bleu posé à la hâte sur le mur pour faire illusion devant la caméra. Une dizaine de journalistes, ainsi que quelques professionnels ayant participé aux débats de la matinée sont à l’intérieur, presque autant sur le pas de la porte et en dehors de la salle. La Croix, Libération, RTL, mais aussi des publications marocaines sont présentes.
Le quarteron des figures de proue de l’industrie, composé d’ Eric Dadian (AFRC) , Fabrice André (Label), Laurent Wauquiez (Secrétariat d’Etat) et de Laurent Uberti (SP2C) se prête de bonne grâce aux questions.
Manuel Jacquinet va ternir quelque peu l’ambiance d’autosatisfaction partagée qui régnait jusqu’alors pour poser les questions qui fâchent.

Les responsables de service clients ou de centres d’appels toujours présents se prêtent eux au jeu des interviews dans les couloirs.
Fabrice André, Laurent Uberti, Eric Dadian et Laurent Wauquiez accepteront eux aussi des interviews inopinées une fois la conférence à proprement parler terminée.

Jeudi 21 Octobre, 12h37
Les Assises de la Relation Client s’achèvent. Un dossier de presse ? Vous n’y pensez pas. Pas même un communiqué? Que nenni. Les journalistes se contenteront de leurs notes, les Assises n’ont pas produit de résolution officielle.
La question des conditions d’organisation a été évoquée avec les principaux intéressés.
Les changements de dates successifs ? Mais il fallait penser aux grèves !
L’enchevêtrement des responsabilités entre le cabinet, la DGEFP et Polynome ? Mais il suffisait de contacter le cabinet, c’est très simple. Comme nous l’avions constaté dans notre précédent billet.

Notre prochain article tentera d’élaborer un bilan, en présentant les positions exprimées par les principaux acteurs de ces assises.

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Commentaires

12 réponses à “Le seigneur des plateaux – Episode 2 : Debout aux assises”

  1. Le discours est rôdé, les rôles clairement définis. Chacun fait semblant de s’offusquer et de jouer collectif (pour protéger un ministre qui n’en est pas un) pour aboutir à ce que tout le monde continue à jouer tranquillement dans son coin.

  2. En réalité, 10000 emplois étaient promis entre ces assises (Octobre) et la fin de l’année !
    six mois plus tard, on n’en a meme pas le 5e !
    Bravo à tous ces décideurs cravatés.

  3. IL EST EFFECTIVEMENT SCNADALEUX QUE L ETAT SE METTE AU DESSUS DES LOIS ET FASSE PAYER LES PLUS VULNERABLES. M WAUQUIEZ VOUS ETES MEPRISABLE.

  4. Démonstration est faite que 6 ans après rien n’a changé. Normal, tout le monde est d’accord pour ne pas bouger d’un pouce.

  5. Bel exercice de corporatisme de la part de Laurent Uberti : le métier n’est pas mûr pour la Loi, bref, au secours, l’Etat s’intéresse à nous, surtout qu’il nous laisse tranquille et continue à distribuer les subventions sans rien réguler. Navrant.

  6. Donc, l’Etat ne respecte pas la Loi et le revendique. Bel exemple, et sur le dos des citoyens les plus démunis en plus.

  7. Pas étonnant que le ministère se fiche si ostensiblement de ces assises : vous n’avez pas vu le panneau “on ferme” dans les couloirs ? Deux semaines plus tard le ministre n’était plus là, il s en cague des centres d appels maintenant.

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