L’affaire Wynd : ces fournisseurs et développeurs qui attendent d’être payés par Wynd et Ismael Ould

Le 11 février 2020 par Magazine En-Contact

Mis à jour le 11février 2020

Il est, selon le Tribunal de Paris*, diffamant d’écrire que « Wynd est le prochain Théranos ».
Mais on a le droit d’écrire que quantité de fournisseurs de la société ne sont pas réglés (payés) pour des prestations qu’ils ont effectuées.
Et que Marcel Dacalor est l’un des nombreux clients de Wynd qui se déclarent insatisfaits des services ou produits de l’entreprise dirigée par Ismael Ould.

Par la rédaction d’En-Contact, toujours décidée, quand bien même elle serait la seule, à décrypter les subtilités du Next 40.

*L’auteur de l’article, Manuel Jacquinet, a été condamné en première instance pour diffamation pour son article titré « Wynd, c’est le prochain Théranos ». Il fera appel de cette condamnation.

****

Ils ont développé et codé pour Thematic Group, aménagé son luxueux showroom, traduit le site web de l’entreprise, installé les cloisons des bureaux… et pourtant leur facture est restée impayée. Comment et pourquoi une start-up adulée qui a levé plus de 100 millions d’euros a-t-elle autant de difficultés à régler ses partenaires ?
Notre magazine, attaqué en diffamation, poursuit la publication de quelques éléments factuels sur l’entreprise entrée au Next 40.

Ne pas payer les fournisseurs, un système établi ?

L.S. : Architecte d’intérieur et concepteur du showroom. Impayé : 4 200 euros – 60 % des sommes dues.
Wood2b : Entreprise de menuiserie qui a fabriqué les meubles du shoowroom de Wynd, quai André Citroën, mettant en scène le magasin omnicanal – plus de 40 % du montant des travaux restent dus, environ 40 000 euros. Rendu de décision suite au procès à la mi-novembre.
Isospace : Fabricant et installateur de cloisons pour les bureaux de l’entreprise : 143 519,04 euros. Décision de justice rendue au profit d’Isospace (voir celle-ci, ici).
Agile4me : SSII spécialisée (une des nombreuses) qui a délégué des codeurs et développeurs et des coach agile pour la réalisation des applications vendues et promises par Wynd à ses clients. 228 960 euros. Nantissement du fonds de commerce obtenu par l’entreprise.

La liste des prestataires qui sont en procès avec l’entreprise Thematic Group est longue comme le bras : l’enquête que nous avons menée avant la publication de notre article nous a permis d’en identifier plus d’une quinzaine, dans tous les pans d’activité relatifs au fonctionnement de la start-up. Le développement de quantité d’applications ou d’OMS, qui sont pourtant le cœur du savoir-faire déclaré de Wynd, repose et reposait sur des prestataires et SSII de tous les pays, sollicités pour développer, si possible dans les délais, les projets de commerce omnicanal vendus aux clients.
« J’ai quitté l’entreprise le jour où j’ai découvert qu’une jeune femme que nous faisions travailler, indépendante, avait du mal à payer son loyer parce que nous ne l’avions pas payée. Ismael est un tyran, qui a un souci pour régler la moindre facture même celle liée au papier toilette », indique, sous couvert d’anonymat (une condition qu’ont exigée quantité de nos sources) une ex-cadre de l’entreprise.

De quoi Wynd est-il le nom ?

En début de semaine, une entreprise elle aussi dirigée par un entrepreneur « visionnaire » a vu sa valorisation fondre en quelques semaine, contraignant son actionnaire de référence à en prendre le contrôle et à injecter 5 milliards de dollars. Elle s’appelle WeWork. Elle a bénéficié de milliers d’articles depuis sa création et a vu sa valorisation atteindre la somme de 42 milliards en mars de cette année. « Wynd est le prochain Théranos », écrivions-nous dans l’article du 19 septembre qui a lancé l’Affaire Wynd. Nous ne faisions que reprendre les paroles d’un des témoins interrogés pour les besoins de notre enquête.
Nous sommes donc étonnés que, malgré le grand nombre de services de fact-checking au sein des très nombreux médias français (il y a 35047 cartes de presse en France en 2017), les décodeurs, les équipes d’investigation (Les décodeurs au Monde, Checknews à Libération, etc.), nous demeurions le seul journal ou média à relater les faits, à enquêter sur l’aventure Wynd ; à avoir jamais questionné apparemment Ismael Ould sur les réalisations de son entreprise. Ses levées de fonds furent pourtant bien relayées, partout.
La start-up nation et ses levées de fonds pharaoniques, ses amitiés consanguines et la propension de quelques-uns de ses représentants éloquents à pratiquer le story telling sont-ils moins importants que le énième livre de souvenirs d’un ex-homme politique, par exemple ?

En-Contact N°111 – août/sept. 2019

Le journalisme demeure parfois un combat : nous serons donc au tribunal le 20 novembre 2019 pour nous expliquer. Merci à la petite équipe soudée de Malpaso (l’éditeur du magazine En-Contact) qui subit souvent les effets collatéraux de notre indépendance, de notre volonté de raconter les belles histoires et les plus délicates. Mal nommer un objet, c’est ajouter au malheur de ce monde*, écrivait Albert Camus.

Par Manuel Jacquinet

Voir le projet de showroom Wynd, ici.

*Albert Camus, dans Poésie 44 (Sur une philosophie de l’expression).

La création de compte est nécessaire pour les abonnés des offres Scapin et Warren Buffett

Créer un compte

*
*
*
*
*


Commentaires

3 réponses à “L’affaire Wynd : ces fournisseurs et développeurs qui attendent d’être payés par Wynd et Ismael Ould”

  1. si tout le monde journalistique se refuse à propager ce genre d’information, services de fact-checking mentionnés à l’appui, et si le procès pour diffamation a donné raison à la partie adverse, alors peut-être que le problème ne vient pas d’un éventuel complot national anti-en-contact, mais plus d’une validité des informations retransmises sur le site à ce sujet…
    soit dit en passant, comme mentionné dans la plainte, aucune réelle information n’est donnée, seulement des témoignages… et, comme dit Hitchens, « Ce qui peut être affirmé sans preuve peut être rejeté sans preuve »

  2. Je vais vous apprendre quelque chose que vous ignorez et que Ismael Ould aimerait probablement garder secret : Il y a quelques années, Ismael Ould travaillez dans le monde de la nuit parisienne en parallèle de ses études. C’est une personne avide d’argent et un escroc qui a arnaqué plusieurs de ses partenaires et de nombreuses associations étudiantes. En creusant un peu vous trouverez des témoignages. Triste de voir que rien n’a changé mais heureuse de constater que le vent va peut-être (enfin) tourner. Plus qu’un manipulateur, c’est une personne dangereuse. Ne lâchez pas, il mérite d’être démasqué.

Laisser un commentaire