La RSE dans les DSI, ça rapporte

Le 26 février 2015 par Magazine En-Contact

tesla-sAlors qu’on aurait pu craindre d’avoir quelque difficulté à trouver la Rue Vulpian, si loin des grands hôtels et autres centres de conférences où les grands équipementiers, revendeurs ou éditeurs ont l’habitude d’organiser leurs événements, un indice nous a immédiatement mis sur la voie : une grande Tesla blanche branchée sur une borne Autolib’. Fait encore plus rare, ladite auto fait partie d’une flotte d’entreprise, dont elle porte le logo – Connexing, l’organisateur de la matinée-débat qui nous intéresse. Quel choix de moyen de transport plus logique en somme pour ce distributeur d’équipements télécom b2b qui met en avant une démarche très particulière, alliant écologie – une grande partie des appareils vendus sont recyclés – et RSE. La Responsabilité Sociale et Environnementale de l’entreprise est précisément le sujet de cette matinée qui réunissait Connexing, ses clients (dont beaucoup de comptes publics : hôpitaux, Banque de France, et même l’Assemblée Nationale) et ses partenaires (les concurrents Mitel et Polycom, Cisco, SMART et Plantronics), autour d’une table ronde sur les « nouveaux enjeux IT et RSE ».

Un enjeu clef pour les grands comptes publics

A vrai dire, le premier enjeu, c’est bien de savoir s’il y en a, des enjeux, outre celui, éminemment marketing, du RSE. En citant deux chiffres, Yves le Gohebel, PDG de Connexing, a fait immédiatement comprendre à quel point le sujet pouvait être concret : Connexing, aujourd’hui, c’est un chiffre d’affaires assuré à 35% par des marchés publics, et donc par des appels d’offres dont 20% de la note est constituée par la performance en matière de responsabilité sociale et environnementale. En faisant de cet aspect la clef de son développement, Connexing semble avoir vu juste, puisqu’en moins de six ans, la société a conquis 3 500 clients et vendu 100 000 téléphones, ce qui représente 5% d’un marché très atomisé. L’objectif 2015, selon Yves le Gohebel, est de doubler cette part de marché.

La performance RSE constitue aujourd’hui 20% de la note globale dans un appel d’offres publics

RSE à la française… ou à la sauce américaine ?

Le débat est donc très concret, et la légitimité de Connexing à l’organiser assurée. Reste à savoir ce qu’on entend par RSE. L’échange entre deux des invités, à savoir Philippe Tessier, Directeur marketing de Plantronics, et Claude Solarz, vice-président du groupe Paprec (leader dans le recyclage des déchets, avec… 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires après seulement 20 ans d’existence) en montre toutes les variables… culturelles. Car dès que l’aspect humain de la RSE entre en jeu, une multinationale américaine et une entreprise française n’auront pas la même conception d’une pratique vertueuse. Quand Philippe Tessier nous apprend que le PDG de Plantronics envoie une carte de vœux pour Noël à chacun des 3 000 salariés du fabricant de micro-casques dans le monde, nominativement, Claude Solarz est fier de citer sa charte de la laïcité, adoptée par 100% des ses collaborateurs, qui remet, pour reprendre une expression du terroir, « l’église au milieu du village », c’est-à-dire loin de l’entreprise. L’église, au contraire, dans les usines de Plantronics au Mexique, on l’a mise en quelque sorte au centre de l’usine, puisque les ouvriers peuvent désormais se marier sur leur lieu de travail. Un gain de temps et d’argent pour ces collaborateurs, puisque Plantronics finance en partie ces cérémonies. Inimaginable pour Claude Solarz, qui estime que la vie privée de ses salariés ne regarde pas Paprec.
Si la RSE fait une entrée remarquée chez les DSI, cela risque d’être plus compliqué à l’OMC…

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