Non classé L’outsourceur américain IQT va au plus offrant et laisse ses 1 200 employés canadiens sur le carreau

Le 24 août 2011 par Magazine En-Contact

Il n’y a pas qu’à Maurice que certains patrons de centres d’appels ferment boutique du jour au lendemain sans payer ni leurs créanciers ni leurs employés ; c’est désormais aussi le cas en … Mauricie. L’outsourceur Etasunien IQT a ainsi déserté son site de Trois-Rivières, capitale de cette région du Québec, ainsi que de ses deux autres sites canadiens à Laval et Oshawa. Avec comme conséquence immédiate la perte de 140, 450 et 620 emplois respectivement. Il est certain que la défection d’un client important (en fait le seul), un des grands FAI nationaux, permettait difficilement à l’entreprise de continuer ses activités, mais cette histoire continue de faire jaser pour d’autres raisons. Les salariés du centre d’appels, qui n’avaient reçu aucune sorte de préavis, ont en effet appris que leur employeur n’était pas disposé, malgré l’obligation légale, à leur verser ni leurs deux dernières semaines de salaire, ni leur indemnité de départ. Il ne leur aurait même pas envoyé les attestations nécessaires pour toucher leur assurance-chômage. Mais quand ces mêmes 1 210 employés canadiens ont appris que l’outsourceur américain avait décidé de les remplacer par 900 Etasuniens basés à Nashville, Tennessee, contre une subvention municipale de 1,6 million de dollars, c’en était trop. Plusieurs centaines d’employés des trois sites canadiens fermés sont descendus dans la rue pour manifester leur colère. Les politiques s’en sont mêlés, la ministre du travail du Québec, Lise Thériault, qualifiant « d’inacceptable » et de « sauvage » le traitement réservé aux employés, son homologue ontarien, Charles Sousa, rappelant fièrement que « personne ne devrait se coucher en se demandant si son emploi sera encore là le lendemain matin ». Las, la direction de la firme Américaine ne se présentait même pas au palais de justice de Montréal pour répondre de ses actes. Ce sont 30 millions de dollars en salaires et indemnités qui sont demandés par les seuls salariés du site d’Oshawa. Et le bailleur propriétaire des locaux de la compagnie à Trois-Rivières a lui aussi intenté des poursuites contre IQT afin de recevoir les paiements des trois mois de loyer qu’elle lui doit. Or selon ses employés, IQT attendrait elle-même 1 million de dollars de son ancien client.
Bien embarrassé par ces événements qui font à eux seuls resurgir un véritable sentiment anti-américain dans le pays à la feuille d’érable, et indirectement responsable de ce désastre, le maire de Nashville s’est dit « surpris et inquiet » par cette affaire et « consterné » par le traitement des employés canadiens. Il a fini par annoncer la rupture des discussions avec IQT concernant son implantation dans sa ville, précisant qu’aucune aide publique ne leur aura été versée.
Chaque jour apportant son lot de révélations, la Mauricie semble avoir découvert son affaire Infinity.

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