Grâce à cette femme … il y aura peut être 30000 nouveaux téléconseillers disponible en France

Le 11 janvier 2012 par Magazine En-Contact

Méfiez vous des brunes à lunettes … qui ne font pas de bruit ; ceci n’est pas le pitch d’une comédie écrite par Lio et bientôt tournée à Hollywood ; c’est simplement le constat et le sentiment qui restent après une rencontre avec une femme qui, après un long parcours de juriste dans de grandes maisons, a rejoint, la petite société qu’était Eodom. L’une des entreprises en France qui s’est aventurée, voici quatre ans, sur le créneau du travail à domicile (homeshoring). Depuis ou parallèlement, des concurrents tels que Easycare, MeilleurContact, ont également éclos mais en choisissant une option plus classique et donc moins risquée : celle du télétravail alors même qu’Eodom optait pour une organisation sur un modèle utilisant et recourant aux  indépendants (EI, EURL, SARL)

Le modèle, résolument innovant d’un point de vue social, a suscité beaucoup de doutes ou de remarques sceptiques dont la dernière, étonnante émanant de la bouche du Président du SP2C, Laurent Uberti, qui déclarait, il y a quelques jours, lors de la conférence donnée par le syndicat et le cabinet Bearing Point : « attendez de voir si l’administration ne re-qualifie pas la totalité des contrats signés avec des auto entrepreneurs » quand on lui demandait s’il croyait au modèle du homeshoring.

Sans bruit, Dany Louise Richet travaille sur cette question, avec la confiance et l’expérience de la juriste qui en a vu d’autres et a appris de ce parcours qu’en droit, il faut dire le droit, le lire, le connaitre plutôt que d’écouter tout un chacun. L’âme d’une risque tout ?

Quel a été votre parcours ?
J’ai un DESS en Droit des d’affaires et fiscalité complété d’un cursus à l’étranger Espagne et Etats -Unis.

…pour refaire du droit ?
Pas seulement, pour parfaire aussi et développer mon niveau de langues. J’ai fait du droit parce que je trouve que c’est une matière incontournable dans notre société, que ça mène à des choses très concrètes et dont on voit tout de suite l’utilité : l’envie d’avoir un  bon niveau de langues procède de cette même envie. J’ai voulu me donner les moyens de pouvoir  travailler dans un poste avec une dimension internationale. Grâce ces bagages, j’ai notamment pu travailler dans deux grandes entreprises françaises où les problématiques juridiques variées et complexes ainsi que l’accès direct aux dirigeants m’ont beaucoup appris. Mon expérience chez JCDecaux a pour moi été la plus marquante. C’est une entreprise encore dirigée par le fondateur et sa famille, où l’on très réactif et soucieux d’avoir une longueur d’avance sur ses concurrents. Le rythme à tenir est de ce fait très soutenu mais c’est très stimulant

Pourquoi avoir rejoint Eodom ?
J’ai rencontré Didier Ferrier  quand  j’étais en poste chez JCDecaux. Il m’a parlé de son concept innovant de gestion de la relation client, via un réseau d’agents indépendants, modèle qui existe aux Etats-Unis depuis de nombreuses années. J’ai été tout de suite convaincue  que ce modèle avait sa place en France car il apporte de la valeur au client final. Didier était à ce moment là à la recherche d’une juriste confirmée pour prendre en charge la relation avec les agents fournisseurs. On ne gère effectivement pas des indépendants comme on gère des salariés… Eodom a sur ce point développé un véritable savoir faire et Didier Ferrier souhaitait s’assurer que le cadre qu’il avait mis en place, garant de la pérennité de son modèle, allait bien être appliqué par ses équipes et qu’il s’adapterait bien aux évolutions futures conformément à la réglementation.

Quel est votre rôle au sein d’Eodom ?
Comme tout juriste je dois prévenir le risque juridique dans l’entreprise. J’élabore et je contrôle les documents juridiques et les engagements de l’entreprise vis-à-vis des ses partenaires et clients. A ce titre, je veille à ce que ce qui est mis en place  dans la relation avec nos agents fournisseurs soit bien conforme à la réglementation en vigueur. Ce n’est pas une simple mise en place RH comme le télétravail. Ainsi, je supervise l’équipe de sélection qui a en charge le référencement et le suivi administratif des agents.La réglementation juridique est dans ce domaine très précise pour éviter tout amalgame avec le modèle salarié. Nous nous devons d’être extrêmement rigoureux car ces relations sont parfaitement légales mais nécessitent de prendre un minimum de précautions. Ainsi les agents nous fournissent préalablement à toute entrée en mission les documents administratifs qu’on exige de tout prestataire (Kbis, attestation fiscale et sociale, certificat d’assurance…). Ils ne travaillent pas dans nos locaux, disposent de leur propre équipement (téléphone, ordinateurs), perçoivent des appointements dépendant de la prestation effectivement réalisée pour laquelle ils nous adressent une facture et s’engagent sur un contrat de prestation de services etc.

Avez-vous eu l’occasion de valider ce dispositif ?
Oui, à deux reprises et avec succès. Une première fois avec les avocats de nos investisseurs institutionnels. La deuxième fois  cet été  avec l’Urssaf et l’Inspection du travail en charge de la lutte contre le travail dissimulé à qui nous avons précisé le cadre des relations avec nos clients et nos agents puis développé la réalité opérationnelle de notre activité. Il en est ressorti que la nature des relations que nous avons développées avec nos prestataires n’est pas assimilable à une relation de contrat de travail.

Cette position de  l’administration quant au bien fondé de votre modèle et de la licéité des relations juridiques que vous entretenez avec vos prestataires est une bonne nouvelle ?
Bien sûr ; c’est une très bonne nouvelle car cette position de l’administration  conforte notre modèle  et va nous permettre de conquérir de nouveaux clients qui avaient besoin d’être « rassurés » sur ce point.

De quoi s’agit-il ? Quel est le préalable avant tout entrée en production d’un agent?
Nous comptons plus  de 300  agents indépendants dans notre réseau pour assurer des prestations de ventes ou de service client par téléphone ou mail. Avant d’initier la collaboration avec chacun d’eux, nous devons vérifier qu’ils sont bien déclarés, à jour de leurs cotisations fiscales et sociales, qu’ils disposent d’un certificat d’assurance etc. Parallèlement à ces vérifications, nous nous assurons qu’ils disposent des compétences relationnelles et de la motivation nécessaire  et qu’ils sont équipés correctement (ligne ADSL, téléphone et casque).Nos relations sont régies par un contrat de prestation de services dans lequel tout est précisé (type de prestation, prix et règlement, durée, conditions de résiliation…).

En quoi la position de l’Urssaf et de l’inspection du travail constitue-t’elle un fait marquant ?
Nous sommes l’une des sociétés parisiennes qui collabore avec le plus grand nombre d’auto entrepreneurs en France, il me semble tout à fait  normal que les représentants de l’Etat  entendent veiller au respect de la réglementation et ainsi vérifier en ce qui nous concerne que nos agents ne soient pas des salariés déguisés.

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