Spotlight n°5 – Chictypes en redressement judiciaire, tout comme Save.co, So jeans… les mauvaises affaires de 360 Capital Partners.

Le 29 juillet 2016 par Magazine En-Contact

Depuis la sortie et publication de notre billet d’humeur sur certaines start-up qui n’ont pas le succès escompté, et les fonds qui les financent, des esprits ouverts au débat ont sollicité Google pour que notre article disparaisse des actualités. (autrement dit, ils ont sollicité Google pour que disparaisse cet article ) On assume notre point de vue qui nous a valu des retours de flamme mais aussi des messages d’encouragement sur l’intérêt de poser ce débat et pour tous les courageux qui commentent l’article en mettant des adresses mail erronées, un seul mot d’ordre : chacun fait fait fait… ce qui lui plaît, plaît, plaît.

Exclusivité En-Contact

(Quand l’argent facile ne fait pas le bonheur, ni la compétence, ni ne développe la capacité d’écoute…)

Pas encore annoncé officiellement mais effectif*, le redressement judiciaire de la start-up Chictypes vient clore une longue série d’autres mises en redressement judiciaires pour 3 start-up largement médiatisées, richement dotées en capital notamment par 360 Capital Partners. Mais le sont-elles en compétences, rigueur et résistance au mal, résilience dirait Boris Cyrulnik ?
Que disent ces redressements judiciaires des organes de contrôle que devraient mettre en place leurs investisseurs, ou du « transfert de pragmatisme » que ceux -ci devraient opérer pour favoriser la croissance de leurs bébés ?

On peut se poser la question tant la capacité de ces entreprises à brûler du cash a été réelle, voire stratosphérique parfois et ferait sourire le moindre patron de TPE ou PME dont l’obsession quotidienne est le niveau de sa trésorerie, obligé qu’il est de prendre des mesures de sauvegarde dès lors que son compte professionnel est proche de zéro ou déjà en négatif.

Save.co avait levé 15millions d’euros. Le métier de l’entreprise est de réparer des smartphones, une activité assez simple à suivre a priori où vous pouvez savoir chaque soir si votre boutique a facturé et réparé suffisamment de smartphones pour amortir des charges fixes. Si vous multipliez trop vite les boutiques, sans que les premières soient parvenues à l’équilibre, le mur de manque de trésorerie  est vite là. Où était le directeur financier ?

So jeans avait levé 7 millions d’euros, ouvert 8 pays et devait révolutionner la vente de jeans en ligne. Patatras, mise en redressement judiciaire et de nombreux fournisseurs non réglés qui ont dû se souvenir avec douleur de l’arrogance qu’affichaient les 2 jeunes créateurs de l’entreprise, lorsqu’ils consultaient d’éventuels fournisseurs.

-Dernier en date, Chictypes a levé 4 millions d’euros il y a à peine un an, après une précédente levée de fonds. Pour avoir rencontré ses deux fondateurs il y a neuf mois, après un article où nous avions testé en aveugle leur service, j’étais arrivé à une conclusion simple dont je leur fis part: « vous faites un beau métier de service, qui correspond à un vrai besoin; soignez votre expérience client, attachez-vous les services de professionnels en vente par téléphone et passez moins de temps à communiquer et acheter du mot clé, peut-être plus à faire de l’acquisition de vrais clients, récurrents. »

Je n’ai pas dû à l’époque employer les bons mots (et au nom de quoi un éditeur de magazines professionnels serait-il qualifié, se sont peut-être dit les deux fondateurs), ou peut-être aussi que les grandes écoles et les passages par les cabinets de conseil (au sein desquels Etienne Morin et Antoine Régis ont été salariés) ne développent pas suffisamment la capacité d’écoute ou de remise en cause.

Facile à dire, moins facile à faire, on ne jettera pas la pierre à ces deux derniers  aventuriers, lesquels sont en train de « tanner » leur cuir d’entrepreneurs : on apprend… En se plantant. Et une mise en redressement judiciaire ne signifie pas la mort mais c’est un sérieux avertissement.

Dans ces 3 mésaventures pourtant, une chose me tracasse, comme dirait Columbo: que font, qu’ont fait les fonds d’investissement, en l’occurrence 360 Capital Partners, présent au capital de ces trois sociétés, pour alerter ces jeunes pousses  ou déclencher les mesures d’alerte, au moment adéquat ?

C’est la question qu’on a désiré poser, cette après-midi, à leur bureau parisien, après avoir « passé » les innombrables barrages qui sont, eux, bien rôdés, apparemment plus que les procédures d’alerte. « L’associé en charge de la participation, dont je ne peux pas vous dire le nom, va prendre un avion , il vous rappellera »

On a également voulu poser la question à Pascal Cagni, ex salarié d’Apple, également investisseur dans l’entreprise. Mais sur le site web de son fonds, on ne trouve pas de téléphone pour les cas d’urgence. On doit adresser un mail et je suppose qu’on considère ensuite, en haut lieu, l’intérêt d’y répondre.

Je fais confiance à tous ces « grands » investisseurs, sur la route ou dans l’avion qui doit les mener à Ibiza ou Saint Tropez ou le Cap Ferret. Ils vont bien nous trouver une réponse sous forme de communiqué de presse du genre:

« La mortalité forte des entreprises est consubstantielle des entreprises en forte croissance…Bla bla bla».

En général, me déclarait un de mes anciens patrons, quand on ne fait pas les résultats, on a un autre talent : savoir ouvrir le tiroir dans lequel se trouve la boite à excuses.

Un billet d’humeur de Manuel Jacquinet, publié le 29 juillet 2016.

Un billet d’humeur de Manuel Jacquinet
© Photo Édouard Jacquinet

*La direction de l’entreprise, contactée, n’a pas retourné nos appels 

Retrouvez les enquêtes exclusives du magazine En-Contact qui ont fait sa réputation (Spotlight)

Le 01/08/16

De nombreux commentaires nous parviennent, suite à ce billet d’humeur ; nous publions ceux dont les destinataires sont connus ou s’identifient sur notre outil de modération, ou ceux des abonnés. Mail, nom de l’interlocuteur et téléphone ou ceux des abonnés au magazine.

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Commentaires

25 réponses à “Spotlight n°5 – Chictypes en redressement judiciaire, tout comme Save.co, So jeans… les mauvaises affaires de 360 Capital Partners.”

  1. Très bon article, c’est clair que certaines boîtes feraient mieux de réfléchir,
    chez nous une petit boîte est entrain de monter, mais ça fait 6 ans qu’elle est sur le métier, et elle commence juste à former ses réparateurs pour pouvoir ouvrir des bureaux de réparation spécialisé https://e-mmop.net
    Le dirigeant a bien compris, il n’a demandé de l’argent à personne, et surtout il a même refusé de l’argent de la région (oui c’est peut être con ?)
    Je travaille beaucoup avec ce dirigeant sur d’autres choses et il est bien parti !

  2. « Au-delà de ces exemple ce sont 90% des start-ups qui ont le même problème. Faire de la comm, ne pas compter les dépenses, s’occuper principalement des investisseurs, ne penser qu’aux levées de fonds et à une éventuelle revente: voilà ce que font tous ces « pigeons » qui ne sont pas les premiers fautifs:  »
    Travaillant dans le milieu des start-ups, superbe cliché qui est faux. Après oui il y en a quelques-unes qui ont cette mentalité, on ne va pas se le cacher, mais c’est occulter la majorité qui n’ont pas cette philosophie et pense avant tout à gérer les rentrées de cash.

    « 93% des startup font faillite, c’est le destin normal d’une startup que d’échouer. »
    Stat sortie du chapeau qui est totalement fausse. Après, je vous rejoins sur le fait qu’il ne faut pas pointer l’échec et que ça fasse partie du jeu. Mais dans le cas de Take eat easy dont les dirigeants ne préviennent pas de la situation leurs livreurs qui ont bossé un mois gratuit, on peut les taxer d’irresponsables et d’autres mots d’oiseaux.

  3. Le ton de cet article me fait penser à ces gens qui, lorsqu’un problème surgit et bien entendu sans avoir jamais construit quoique ce soit, disent : « je te l’avais dit ! ». Celui qui ne tente rien ne risque pas de se tromper…

  4. « Pour gagner gros, il faut parfois prendre de gros risques » – Bill Gates

    « Le plus grand risque est de n’en prendre aucun… Dans un monde qui change si rapidement, la seule stratégie qui vous mènera à l’échec est celle consistant à ne jamais prendre de risque. » – Mark Zuckerberg

    Peut-être un peu d’arrogance de la part des 2 fondateurs de Chictypes et pouvez-vous vraiment juger 2 entrepreneurs lors d’un seul rendez-vous ?
    Un manque de suivi, de coaching de la part des investisseurs mais je vous trouve très paternaliste et le refrain sur la télévente qui serait l' »Himalaya » de la stratégie commerciale et de la vente…

  5. Bonjour le niveau général des commentaires.

    Une startup n’est pas une entreprise traditionnelle. Faire cette comparaison, c’est n’avoir rien compris au business model startup, qui par structure est en faillite.

    Si on n’est pas en faillite quasi permanente, c’est qu’on fait une entreprise traditionnelle, pas une start up.

    93% des startup font faillite, c’est le destin normal d’une startup que d’échouer. Car vouloir faire une champion du monde en partant de zéro, signifie que l’on remet tout en jeu en permanence, avec tous les risques que cela comporte.

    Point barre.

  6. Certes, beaucoup ont levé des fonds sans convertir leur concept en succès financiers.

    Il est certain qu’en ne tentant rien, on n’est sur de ne pas échouer…

    Les entrepreneurs en question ont ils tirés un profit de ces levées de fond ? Se sont ils enrichis personnellement ? Ont ils créé leur activité, embauché des collaborateurs, développé des services dans le seul but de lever des fonds et d’escroquer des investisseurs ?

    Si des gens ont créé ces boites, si certains ont investi, c’est qu’ils y ont cru et qu’ils ont pris le risque de se lancer.

    Le fond du sujet est bien là. On reproche toujours aux investisseurs de se gaver et de s’octroyer des rémunérations indécentes. Mais lorsqu’ils prennent des risques pour accompagner des sociétés dans une économie incertaine, la culture populaire relayée par votre billet s’empresse de dire que ce sont des abrutis… Ils ont investis plusieurs millions d’Euros dans l’économie française en perdant tout sur ces investissement (mais en gagnant sur d’autres) et le premier reproche qu’on leur fait c’est d’être des nazes.

    Personnellement, je suis heureux de voir que des gens essayent de créer de nouveaux modèles, s’exposent par rapport à une carrière tracée qu’ils auraient pu avoir sur la base de leurs diplomes et que des investisseurs les suivent.

    La chute est dure. Pour les entrepreneurs et leurs collaborateurs avant tout mais également pour les investisseurs.

    Peut être qu’un jour la France saura valoriser l’échec et pas anéantir toute initiative fût elle risquée.

  7. d’où l’intérêt de l’accompagnement tôt d’entrepreneurs par des financiers pour etayer les BP et infuser la culture cash.

  8. je pensais que le Krach des années 2000 et l’explosion de la bulle Internet avait servie de leçon…il faut croire que non … on sur finance des projets dès lors que l’on mets un .com en avant …

    Je suis chef d’entreprise, ma boîte lancée il y a 6 ans sans aucun prêt est aujourd’hui rentable, avec beaucoup d’effort et de sacrifices au départ… et je pense que la différence majeur est là. Si j’avais levée rapidement X millier d’euro (je ne parle même pas de millions !), je serai tomber sans doute dans des dépenses excessives, je serai vite (a mon sens) sortie de la réalité des affaires, devenue inattentif, négligeant sur certain point … j’aurai sans doute trop (vite) recruté, payé un grosse agence de com ou de conseil bien cher (pour pas grand chose) bref , tout cela pour dire qu’il vaux mieux commencer doucement, être très réaliste, garder les yeux ouvert et surtout rester sur terre ! la terre des affaires, des clients volatiles ! …

  9. Email reçu ce matin, merci pr l exclu.

    Chers fournisseurs,

    Le 28 Juillet 2016, ChicTypes est entrée en Redressement Judiciaire. Nous sommes donc sous la protection du Tribunal de Commerce de Bobigny. Nous sommes accompagnés dans cette procédure par Maître Patrice Brignier, administrateur judiciaire, désigné par le Tribunal de Commerce lors du jugement (en copie de ce mail).

    Les conséquences de cette décision tribunal sont difficiles :
    – nous annulons toutes nos commandes pour SS17
    – nous ne sommes pas en mesure de réceptionner vos marchandises pour AW16 : nous vous prions donc de cesser dés à présent toute livraison
    – pour les créances en cours, merci de vous mettre en relation directement avec notre administrateur judiciaire

    Comment en sommes-nous arrivés là ? Nous devions nous rapprocher d’un gros acteur européen dans notre secteur afin de nous renforcer, nos investisseurs n’étant plus en mesure de financer notre développement. Malheureusement, malgré l’accompagnement par une banque d’affaires et des échanges nourris et engagés avec cet acteur, celui-ci a repoussé de plusieurs mois notre potentielle opération.

    Cette nouvelle très récente, associée à un timing de financement critique, nous a précipité dans un état de cessation de paiement que nous avons du déclarer il y a quelques jours au tribunal de commerce.

    Pendant cette période délicate, ChicTypes poursuit son activité : nous continuerons de livrer vos clients et de mettre en avant vos marques. Notre objectif est maintenant de trouver un repreneur afin de permettre à ChicTypes et à un maximum de nos collaborateurs de continuer à proposer nos services à nos clients.

    Nous vous remercions pour votre soutien et votre confiance depuis le début de notre aventure. Nous sommes désolés de cette situation qui peut entraîner des conséquences aussi difficiles pour vous.

    Veuillez croire en toute notre détermination pour gérer au mieux en prenant en compte l’intérêt de tous.

    Bien à vous

    Etienne Morin & Antoine Régis

  10. Bonjour,

    Certes les boîtes du web peuvent paraître arrogantes avec leurs millions lèves, mais votre article est détestable : vous vous réjouissez du malheur des autres, sous prétexte que les fondateurs n’aient pas applique à la lettre vos conseils alors que vous aviez du les croiser 2h et qu’en 4 ans de boîtes ils ont dû développer un filtre pour se protéger des avis intempestifs (même si parfois de bon sens comme ça semble être votre cas) qu’ils n’ont pas manqué de recevoir 5 fois par jour depuis le début de leurs aventures.

    Par ailleurs, une procédure judiciaire c’est beaucoup de souffrance, pour les salariés, pour les fournisseurs, pour les fondateurs, pour tous. Il n’est pas permis de s’en réjouir, vraiment pas.

    Quant à ressortir l’argument des écoles de commerce et grands cabinets, cela ne vous honore pas non plus… Les nouveaux entrepreneurs du web ne sont plus tous des autodidactes, et alors ? En faire un argument pour enfoncer encore les fondateurs est d’une petitesse qui ne vous élève pas.

    Jai assiste à une liquidation il y a quelques temps où le juge faisait littéralement une leçon de morale à ces petits cons d’école de commerce. STOP. Généralités. STOP

    Un bon article aurait dû soulever des hypothèses sur les raisons de la RJ et citer ses sources. Alors ?

    Et RJ ne signifie pas LJ (liquidation), donc ne pas jouer aux vautours sur une personne dans le comas, c’est un peu prématuré.

    Au contraire, si c’est une vraie RJ, et non une LJ avec poursuite d’activités, qu’on appelle RJ abusivement, alors c’est le moment de réunir toutes les forces de survie, et non de se laisser pourrir par ce genre d’articles. C’est la guerre, il faut se battre pour arrêter le feu qui dévaste tout. On ne gagne rien à regarder ce qui a déjà brûlé quand le feu est toujours actif. Stoppons le, et après on comptera ses morts et on réorganisera son Armée en conséquence, et en toute humilité !

    Quant au commentaire sur les fonds, … Lamentable. Bah oui, en août, toute la France par en vacances, et alors ? Les fonds ont leur part de responsabilités dans tout cas – je parie que les 4M était en fait un bridge + un trou de treso, et qu’au moment de l’opération, il n’en restait déjà plus que 2, voir 1 + 1 sur objectif – mais leur métier est d’investir sur l’avenir pour monter des pepites, pas de sauver les comateux des ténèbres. S’ils ne suivent pas, c’est qu’ils ne le peuvent pas, rapport à leur politique d’investissement (s’ils ont un risque de ne pas revoir ce nouvel argent, ils font un rate off, basta). Et puis m…. On n’en sait rien !
    Vous ne donnez aucun contexte sur cette procédure, alors si ça se trouve, c’est un plantage de fournisseur, un problème salarial, bref….

    Hâte de lire la suite de cet article.

    Bon courage aux fondateurs !

  11. Que d’arrogance!
    Je ne vous connais pas et je me demande bien ce que vous avez accompli en tant qu’entrepreneur pour pouvoir porter de tels jugements sur des personnes qui s’engagent et qui prennent des risques alors que, comme vous le soulignez, leurs diplômes leur aurait permis de rester tranquilles dans le salariat.
    Je les ai vus…je leur ai dit que…ils ne m’ont pas écouté..ils se sont plantés…tant pis pour eux! Whaou. Ne vous est il pas venu à l’esprit que les choses ne sont jamais écrites à l’avance, que le marché est difficile, changeant et que ce genre de difficultés peut arriver à beaucoup d’entrepreneurs.
    Facile de donner des conseils et de compter les points à la fin, beaucoup plus dur de s’y coller, mais tellement gratifiant
    Cdt
    Laurent Palanque

  12. A vouloir parfois aller trop vite on se brûle les ailes …
    Rome ne s’est pas construit en 1 jour … Pour certains ces « adages » devraient être copiés 100x
    Mais ceci est plutot positif pour moi, cela va me faire reflechir à 2x dans ma strategie d’evolution 🙂

  13. Hello,
    Je suis gerant d’une TPE qui vient d’avoir 10 ans. Aucun fournisseur laissé sur le careau. Aucun argent lèvé. Aucun CIR, ni autre aides de l’Etats.
    Quand je me lève le matin ma premier préoccupation c’est le cash. Je suis d’ailleurs entrain de revoir toute mon organisation comptable car je trouve que je n’ai pas assez de visibilité sur le cash-flow.
    Je suis aussi effaré de voir comment des jeunes gens (pour certains arrogant et megalo) font pour cramer autant facilement et sans contrôle les dizaines de millions de leur investisseurs si vite.

  14. Enfin quelqu’un qui met le doigt sur ce qui fâche : des investisseurs qui s’en foutent, des jeunes patrons qui prennent le melon au lieu de se remettre en question et des fournisseurs qui trinquent la gueule grande ouverte …

  15. C’est vachement tendance de prendre de haut les gens, de se croire au dessus du lot et surtout de surfer avec de l’argent qui ne nous appartient pas, qui appartient en réalité à des investisseurs qui eux, jouent leur argent, à la gagne ou à la perte, c’est leur métier.

    Quant aux créateurs de startups, oréolés de leur couronne de fric, ils dépensent sans compter, un peu, parfois… non, souvent avec un business modèle hypothétique qui tient dans l’épaisseur d’une feuille PowerPoint… pardon Prezi, c’est plus hype.

    Vous auriez pu ajouter Take Eat Easy, cette start-up qui a eu les yeux plus gros que le vente. Il manquait des financiers pour manger quelques financiers bien gras et sucrés.

    Bref, ce sont des enfants.

  16. Excellent article effectivement : C’est un peu la faute de ces sociétés de capital risque … le reel ne les interesse pas, les business plans « realistes » non plus .. il faut en mettre plein la vue, faire du « show » pour être financé : Et donc les dirigeants de ces starts-ups font des beaux discours « vous allez voir ce que vous allez voir » avec des business-plans fantasmagoriques qui font dégainer les chéquiers des banquiers, des investisseurs et des fonds de soutien souvent publics (merci la BPI)… Avec le fric on fait du « cash-burning » comme à la grande époque de la bulle internet, les dirigeants se gavent, font des conférences pour lever encore du fric … et à la fin bien sur la boite coule, bien évidemment … et ça se termine par un tweet souvent laconique.

    Les petits artisans, commercants, petits entrepreneurs qui assistent à ce phénomène doivent être ecoeurés eux qui ont tant de mal a obtenir quelques dizaines de milliers d’euros pour faire vivre leurs boites, mais ça fait si longtemps que ce principe injuste se confirme.

    Enfin rappelons qu’une grosse partie de l’argent « cramé » a été investi en franchise partielle d’impôt (à travers l’ISF-PME, les FCPI …) donc nous tous – contribuables – nous payerons pour ce manque a gagner de l’etat ! Une fois de plus …

  17. Je trouve que cet article diffuse du « venin qui se veut malin ». Prenez des fonds les uns après les autres et vous verrez que c’est une longue suite d’échecs pour quelques brillantes victoires. Aucune analyse de fonds des raisons des difficultés évoquées. Dans ce billet d’humeur, on sent une humeur qui prend le dessus : besoin de vacances ? Je vous les souhaite reposantes. Ps : je ne connais aucune personne des entités citées.

  18. Un grand bravo pour ce franc parler qui devrait, je l’espère, aider à remettre les choses à leur place.

    On met en avant l’hyper-croissance, on met en avant les levées de fonds, on met en avant ceux qui savent raconter des histoires, mais la presse dans son ensemble ne cherche pas à poser les bonnes questions « business » qui fâchent.

    L’important, pour durer et construire une vraie belle société, est tout de même d’avoir un modèle pertinent et de contrôler sa boutique, surtout quand on lève des sous et qu’on veut accélérer.

    C’est juste du bon sens.

    Et, quand vous le préciser dans l’article, on peut en effet se demander comment certains lèvent des millions et se retrouvent en RJ moins de 12 mois plus tard.

    Save, une équipe très jeune et visiblement très mal conseillée, n’avait mis aucun contrôle en place. Cela ne pardonne pas quand il s’agit de retail. Et les avoir alors poussé à la forte croissance sans avoir mis des outil de contrôle est une absurdité mais aussi une irresponsabilité incroyable quant aux VCs et autres investisseurs au capital (il y’a aussi un « accélérateur »)..

    Un vrai entrepreneur cherche avant tout dans l’efficacité économique, pas sa mise en avant personnelle dans les magazines. Un article du WSJ d’il y a quelques années montrait d’ailleurs la corrélation inverse entre la taille des photos du management dans les rapports annuels et l’efficacité de l’entreprise….

    L’entrepreneuriat n’est pas un jeu pour ceux qui sont en manque de gloire, de notoriété et de frisson, mais doit être avant tout un vrai projet de vie responsable.

    Avec plaisir pour en rediscuter…

  19. C’est facile de critiquer les entrepreneurs qui se sont bougés, et ont réussi à partir de zéro à monter des sociétés avec une forte activité à l’international. En tout cas, moi je leur dis Bravo

    Tirer à boulets rouges, c’est facile et très français, d’ailleurs, relever les points positifs (et il y en a beaucoup quand on creuse), faire un bilan objectif, un vrai travail de journaliste, c’est beaucoup plus difficile que d’écrire un réquisitoire à charges, en bon procureur stalinien.

    Et pour terminer, je dirai que critiquer quand on est derrière son écran de « journaliste », c’est facile.

    Monter une startup et la pousser à fond en partant de rien, c’est une autre affaire.

  20. Qui êtes vous pour juger de la compétence des managers, des fondateurs et de leurs VC ?
    À part votre petit cours sur les coûts fixes, avez-vous un tant soit peu suffisamment de connaissances en gestion pour comprendre que la gestion D une boite est difficile, que celle D une boite en hypercroissance est éminemment casse-gueule et cela D autant plus quand vous ne répliquez pas un biz model balisé mais que vous L inventez ?!
    Un peu D humilité et un peu de respect pour toutes ces équipes qui ont sans doute reussi plein de choses mais pas tout.

    Ps : Ma boite est moi aussi en RJ depuis 10 j.

  21. Oui, mais d’un autre côté, le gars qui lève des millions pour vendre des jeans, il ne PEUT pas invoquer l’argument de la trésorerie auprès de son conseil d’administration. Il y a un plan, on le suit et étant chef d’entreprise, il m’en coûte parfois de suivre le plan mais moins en moyenne que d’en dévier. Si on dévie, on tourne en rond et on n’aboutit jamais – surtout dans une startup où le contrôle des financiers est, quoi que vous en disiez, le plus souvent serré. Il suffit de regarder ce qui se passe quand on adapte en permanence sa politique aux circonstance: on obtient François Hollande et ce n’est pas brillant non plus.

    Ceci dit, j’ai effectivement acquis cette conviction: quand une entreprise dépose, de multiples fautes graves ont été commises et pendant longtemps. C’est vrai pour les startups comme pour les entreprises plus traditionnelles. Une entreprise c’est en fait plus solide qu’on ne le croit.

  22. Bravo ! Au-delà de ces exemple ce sont 90% des start-ups qui ont le même problème. Faire de la comm, ne pas compter les dépenses, s’occuper principalement des investisseurs, ne penser qu’aux levées de fonds et à une éventuelle revente: voilà ce que font tous ces « pigeons » qui ne sont pas les premiers fautifs: les écoles où on leur farcit la tête de tout ceci sont elles aussi très responsables et coupables !

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