«de Créteil à la villa Montmorency, le casse du siècle»

Le 12 janvier 2012 par Magazine En-Contact

En exclusivité, en-contact vous dévoile les meilleures pages du prochain livre de Pierre Péan qui retrace l’itinéraire de Xavier Niel… le casse du siècle


Quatrième de couverture

36 ans après Albert Spaggiari, un homme passionné lui aussi – d’après ce qu’on dit par les égouts et les catacombes – vient de réaliser le casse du siècle ; selon nos estimations, 720 millions d’euros1.

Un exploit d’autant plus méritoire et remarquable que pour s’emparer  du magot, l’homme n’a pas eu besoin, pour une fois, d’Alain Minc ou de Jacques Attali, de Jacques Seguéla, Anne Méaux… et de tous les publicitaires, conseils et consultants, agences de notation ou commissaires aux comptes véreux (il y en a) dont il faut souvent s’attacher les services pour les grands « forfaits ». Ses complices2 déclarés ou involontaires à lui s’appellent notamment Rani3, Angélique4 (les déclarés) et les 36815 porteurs de la carte de presse (les complices apparemment involontaires). Il a fait tout ça, en direct live, sans « go fast » pour ramener une came interdite. Il s’appelle Xavier Niel, et comme nous l’annonçait son slogan,
« il a tout compris »… et putain on s’est pas méfié.

Comment l’Homme a-t-il réalisé le casse du siècle, c’est le sous titre de l’ouvrage ? Pierre Péan met la dernière main au récit, ça s’appelle « de Créteil à la Villa Montmorency ». En-Contact vous dévoile en exclusivité quelques unes des meilleures feuilles de l’ouvrage à paraître aux éditions de la Ville l’Eveque en février.

Extraits chapitre 4 :

(…) Leçon 1 : ne touchez pas à la drogue, trouvez juste et simplement celle qui est légale : le téléphone et l’internet mobile.

Leçon 2 : voyez grand et fractionnez la ponction ; réécoutez Bob Dylan, dans Sweet heart like you : « steal a little and they throw you in jail, steal a lot and they make you a king » ;

19,99 euros par mois, sur 12 mois avec 3 millions de drogués potentiels prêts à tout pour avoir la came moins chère, c’est finger in the nose que vous le niquez, le Spaggiari de Nice avec ses 50 millions de francs de butin, petit joueur, va. Ils vont même attendre en bas de l’immeuble, devant les boutiques (la came est légale, vous avez droit aux boutiques, vous suivez ou quoi ?) ils vont vous téléphoner de partout, la nuit, le jour, il y en aura pas pour tout le monde, tous les complices involontaires le répètent partout depuis des mois et pour moins cher que Séguéla… ou Maurice L. (3 lettres après le L et ça finit par Y pour les cruciverbistes).

Lecon 3 : prévoyez un bon stock de chemises blanches, l’accessoire et la couleur  INDISPENSABLES depuis BHL, pour promouvoir des trucs nouveaux : le nouveau roman, les nouveaux philosophes, la nouvelle économie, le nouvel OMO… et bien passer à l’antenne.

Leçon 4 : passez à l’antenne à midi, le matin, le soir … sans passer par la case Maurice L…  et Jacques Se…A, (Pour raconter des trucs que tout le monde sait depuis longtemps, ces deux-là, ils mettent « digital » partout et à l’arrivée ça coûte une blinde). Vous faites juste des conférences de presse, sur invitation et dans le 8ème : le journaliste de base, il a l’impression de faire partie des happy few et les stations Madeleine ou Miromesnil, c’est sur la 14 ou la 9, il y pas de pannes comme sur la 13, et de tout façon, les meufs blondes avec la carte de presse qui posent les questions qu’on leur a dit de poser, elles viennent en Smart depuis Passy ).

Leçon 5 : Prévoyez de temps à autre, quand même, de sortir le chéquier : pour acheter les sites de media 2.0 qui voudraient bien rester indépendants, avec des vrais articles dedans, mais qui n’y arrivent pas, ou les quotidiens sérieux, qu’on appelle « du soir » en France, qui n’y parviennent pas non plus ; faites gaffe, là, le chéquos il fait 35 patates – toujours avoir les médias avec soi ;

Leçon 6 : Ne vous faites pas chier à recruter dans les centres d’appels, pour faire de l’assistance, répondre aux gens. Faire de l’assistance, répondre aux gens, il n’y a plus que les polytechniciens d’Orange qui croient cela important. Les gens ils s’en foutent d’attendre : vous leur avez promis la liberté, pour pas cher, pour moins cher, avec Starck dessus… lls n’ont qu’à envoyer des mails ou essayer de se connecter …

_Eh justement Xavier, Rani, à Montpellier, il dit qu’il n’arrive pas bien à prévoir le trafic qu’il va y va avoir, et que peut-être, ça va être une tuerie et que ça serait bien de sécuriser ?

_Maxime*, je gère, on leur racontera qu’on pensait pas que les gens ils étaient tellement maltraités en face qu’ils seraient si nombreux à vouloir devenir nos clients ; Il y a deux choses qui sont justes nécessaires, le RIO,  le RIB – le leur – pour les prélever et le RIO pour qu’on puisse les porter. Rani, à Montpelier il faut juste qu’il vérifie qu’on a encore des câbles pour la conférence de presse.

Leçon 7 : Si vous vous inquiétez pour savoir comment vous allez servir vos clients (cela peut être compliqué de promettre et de ne pas tenir), revoir ou acheter, La vérité si je mens 2, l’un des films culte rue de la Ville l’Evêque et notamment la séquence ou Gad revient des Etats unis. Gilbert Melki explique qu’aux States leur nouvelle folie c’est les « Dates »  (voir la vidéo), « une date, ça veut dire que tu crois que tu vas niquer mais en fait tu niques pas »

Leçon 8 : spécifique à la nouvelle économie et à ceux qui veulent la comprendre : le prélèvement automatique c’est le saint Graal, c’est important pour vous (Pour être payé, putain, vous suivez ou quoi ?) et le RIO c’est important pour eux, les drogués, euh, les clients, ils ont plein de contacts, les mecs et des milliers d’amis (Mais bordel, Facebook, vous connaissez ou quoi ? Ils sont prêts à tout aujourd’hui – changer de femme, de boulot tous les jours, de président tous les cinq ans, d’adresse e-mail… le seul truc important c’est le numéro de mobile, alors maintenant qu’ils peuvent le garder…).

Leçon 9 : tôt ou tard, passer chez Michel Drucker. En chemise blanche.

Et le temps que les endormis d’en face, les SFR, Orange, ils réagissent, avec leurs million de polytechniciens et de HEC, on sera loin…

Extraits de l’ouvrage : « de Créteil à la villa Montmorency, le casse du siècle »
Ni armes, ni violence et sans haine.
Un livre de Pierre Péan, éditions rue de la Ville l’Evêque – sortie le 21 février 2012 – 15,99 €

1. 19,99 x 12 x 3 000 000 – 2. Complice : Qui favorise l’accomplissement d’une chose – 3. Rani Assaf – 4. Angélique Berge – 5 . Maxime Lombardini – 6 . Relevé d’Identité opérateur

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Commentaires

Une réponse à “«de Créteil à la villa Montmorency, le casse du siècle»”

  1. merci PP pour ce livre extra sur l’arrière boutique de FREE et de la nouvelle économie ,j’ai adoré le chapitre 7 ou l’on voit comment tous les journalistes de France sont devenus des complices de ce grand succès.Et purée ,quel soulagement d’entendre enfin la vérité sur Minc ,Attali et consorts.Meme Image 7 et la célèbre Anne Méaux apparait dans l’histoire;un VRAI thriller??

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